Mercredi 10 septembre 2008
Par Les bobos voyageurs
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Lundi 1 septembre 2008
Nous attérissons enfin à Las Vegas, paradis du jeu et du mariage express avec Marilyn et Elvis Presley pour témoins. La chaleur est étouffante dans le désert en ce début de soirée. Nous prenons une navette qui déssert tous les hôtels. Nous descendons à The Hotel by Mandalay Bay. La chambre est au 61 ème étage. Ce qui surprend d'emblée ce sont les lumières de la ville. C'est d'un bling! Nous prenons une douche rapidement. Nous sommes pressés d'arriver à l'hôtel Mirage. Nous avons en effet réservé le spectacle Love du Cirque du Soleil. Nous sommes un peu en avance et en profitons pour flirter avec le vice. Les tables de black jack se perdent au milieu des rangées de machines à sous qui envahissent cette immense salle de jeu. Le spectacle sur fond de musique des Beatles est grandiose. Il est tard quand nous rejoignons l'hôtel. Cela fait plus de 24 heures que nous sommes levés. Il est temps de débrancher nos Duracell.

Le lendemain matin nous partons à la conquête de Vegas. il fait tellement chaud dehors que la méthode consiste à passer d'hôtel en casinos climatisés. Au bout de quelques heures nous ne savons plus quelle heure il est, ni s'il fait jour ou nuit. Les hôtels sont incroyables. Il y a la reproduction de la ville et des canaux de Venise au Venitian, l'Arc de Triomphe et la Tour Eiffel au Paris, l'Empire State Building et la statue de la liberté au New York.
Nous passons nos journées à déambuler dans les hôtels entre tables de jeux, restaurant et boutiques de luxe. Le soir venu nous jouons au casino. Au black jack. Notre casino préféré est celui du Venitian. Les croupiers demandent à chaque fois à miss B sa carte d'identité, persuadés qu'elle a moins de 21 ans. Cela est flatteur mais pénible à force. Pendant qu'elle s'évertue à leur prouver son âge, je constate que ce casino paye à ses serveuses en jupes trop courtes des prothèses mammaires géantes afin de rendre le service plus attractif. Cela est réussi si l'on fait un sondage auprès d'un panel exclusivement masculin. La chance n'est pas avec nous. Nous ne parviendrons pas à financer par le jeu notre tour du monde.
Nous dînons un soir au Mix qui est le restaurant de Ducasse...avec des tarifs plutôt light pour ce type de restaurant et pour les US. Il est situé en haut de la tour de notre hôtel. Vue assurée. Le cadre est blanc, simple, moderne et très élégant. Nous nous partageons un foie gras, poursuivons par deux homards et finissons par un clafoutis au cerise et un soufflé au fruit de la passion. Le tout est divin. Quel plaisir de retrouver la finesse de la gastronomie française et quelle surprise de la retrouver au milieu du désert dans l'ouest américain! Vegas vit jour et nuit et nous en profitons donc pour jouer une dernière fois. Vegas, on adore ou on déteste. Nous adorons !!!

Après trois jours passés à Vegas, nous volons vers San Francisco (SF). Le changement est radical tant au niveau du climat que de l'ambiance. Celle qui flotte à san Francisco est très européenne, calme et moins déjantée.
Nous arpentons la ville à pied. Les rues montent et descendent le long des 43 collines. Les tramways glissent bruyamment le long des rues escarpées. Chinatown nous projette dans un autre monde. Nous poursuivons par le quartier de North Beach qui est le Little Italy de SF. Le temps est au soleil, l'air est léger. Nous faisons une pause manucure. Puis nous déjeunons une excellente pizza à l'Osteria del Forno. Nous marchons jusqu'à Lombard Street : cette rue n'est qu'une succession de virages serrés bordées de jolies maisons victoriennes colorées. Tout comme les hortensias qui y fleurissent à leurs pieds. Nous descendons vers le Fisherman's Wharf. De là la vue sur Alcatraz est imprenable. De 1933 à 1963, ce gros rocher a été la prison la plus célèbre des Etats-Unis. Par contre, le Golden Gate est enrubané dans une brume tenace. Nous empruntons ensuite la promenade pour regagner notre hôtel. Au hasard d'une rue nous croisons un homme avec une pancarte jaune fluo sur laquelle est inscrite "Jesus Loves You". Nous finissons cette folle journée par une virée shopping chez Urban Outfitters et un dîner hamburger dans un véritable diner. Le juke box est de la partie. Le lendemain, nous prenons un petit déjeuner dans une boulangerie française avant de partir visiter le San Francisco Museum of Modern Art (SFMOMA). L'attraction du moment est une exposition de la peintre mexicaine Frieda Kahlo. Nous apprécions son travail et découvrons une artiste atypique, résolument moderne et choquante : drogues et moeurs variés lui confèrent une réputation sulfureuse. Nous décidons de rejoindre à pieds un petit quartier à la mode: Hayes Valley. Sur le chemin nous croisons des militants de Barack Obama arguant les passants de rejoindre leur combat en cette période d'élection américaine, voire de faire des dons en achetant des t-shirts, des autocollants ou des badges à l'éfigie de leur candidat. Quelques blocs plus loin, la population de SF  change drastiquement. Des homeless, des jeunes perdus ou drogués, des femmes noires font la manche assis sur des cartons, miséreux. Les passants se font plus populaires et pauvres. Leur regard est pesant voire menaçant. Puis quelques rues plus loin, une ambiance de village se dégage à nouveau. Les cafés branchés attirent une clientèle jeune. Nous déjeunons. Il est déjà l'heure de repartir, de passer à l'hôtel chercher nos sacs à dos et de sauter dans le métro direction l'aéroport.

Le soir même nous sommes à Los Angeles (LA). Nous commençons à sentir que notre retour à Paris est proche. Chaque jour que nous passons aux US en période de grande vacances d'été est bien au dessus de notre budget journalier du tour du monde. Le seul moyen de le respecter est de rentrer plus tôt. Nous décidons donc de nous offrir quelques jours confort. Il est difficile de faire autrement sauf à se retrouver dans un motel pourri à la périphérie de LA. Nous descendons à la Maison 140 en plein coeur de Beverly Hills. Guillaume et Emilie qui passent leur vacances à LA viennent nous chercher en voiture pour aller dîner dans un restaurant italien très glamour tendance. Nous finissons la soirée au bar du Farmer's Daughter. Le lendemain nous décidons de louer une voiture afin d'aller en banlieue dans un mall géant. L'agence Budget loue surtout des voitures de luxe : Bentley, Mercedes et Porsche. Nous réservons leur modèle de base. Nous prenons bizarrement livraison d'une berline Lexus haut de gamme. Nous apprendrons plus tard que nous avons eu le bonheur d'être surclassés!

Le lendemain nous avons rendez-vous pour déjeuner avec Laure et son mari Geoffroy chez Ivy, le restaurant des stars à LA. Nous décidons d'y aller à pied. Nous traversons le quartier de Beverly Hills avec ses avenues bordées de palmiers, les boutiques de luxes sur Rodeo drive et les énormes villas devant lesquelles sont garées des voitures de prestige. tout est nickel. Un hélicoptère de la police veille des airs à la tranquilité des habitants. Il fait chaud et marcher à LA est une folie tant les distances sont énormes. Nous arrivons chez Ivy. Des paparazzis sont postés devant. Mais pas de star en vue. Nous passons un déjeuner très plaisant autour de plats de pâtes. Nous passsons voir la tendance chez Kitson, le Colette made in LA. Nous raccompagnons Laure et son mari à leur voiture qu'ils ont laissée au voiturier. Une foule de paparazzis se bouscule violemment et quelques heurts éclatent avec des gardes du corps. Kate Olsen, une starlette de soap, monte dans sa voiture qui démarre en trombe. Nous décidons de rejoindre Guillaume et Emilie dans le quartier de la Brea. Nous marchons et arrivons enfin à la boutique où il nous avait donné rendez-vous. Nous les avons manqué. Par contre nous tombons nez à nez avec la stralette Lindsay Lohan, son amie Samantha Ronson et leur chien. Nous sautons dans un cab et rejoignons notre hôtel.

Le lendemain, nous louons une voiture pour aller visiter le MOCA conçu par Arata Isozaki et qui abrite les rois de l'art contemporains depuis les années 40,et surtout Andy Warhol. Nous petit déjeunons chez Clémentine, un petit café bio niché en périphérie de Beverly Hills. Nous nous apercevons à quel point une voiture est nécessaire à LA. Nous mettons plus de 45 minutes sans embouteillage pour rejoindre le MOCA. Malheureusement c'est son jour de fermeture. Nous allons donc jeter un oeil au Walt Disney Concert Hall. Ce batiment en acier ressemble comme deux gouttes d'eau au musée Guggenheim de Bilbao. Et pour cause puisque son architecte est  le même : Frank Gehry. Nous décidons d'aller nous promener à Santa Monica.  La plage est belle en cette fin de journée. Un life guard surveille les derniers surfeurs. Des amoureux paressent sous une couverture. Nous faisons une séance photos pleine d'amour et d'humour. La nuit tombe doucement. Une fête foraine bat son plein à côté de la jetée. Un homme  peine à se lever. Il s'appuie sur
le mur des toilettes publics,  comme sa guitare. Il est écrit "Thank you" sur son sac. L'image est poignante et rappelle avec acuité que nos socités sont bien à deux vitesses. Nous flanons encore sur cette promenade et surprenons deux vieux avec des écouteurs sur les oreilles. Ils arrivent quand même à se parler et à se comprendre. Des jeunes passent en vélo ou en jogging. Nous dinons chez Anisette, une brasserie modeuse.

Le lendemain, nous volons vers Miami, notre dernière étape. Nous descendons dans un hôtel dans le quartier Art-Déco. Nous dînons tardivement au News Café. Ce café n'a rien de spécial à part que Gianni Versace y a pris son café avant d'être assassiné devant sa villa. Le temps est mossade puisque la région est secouée depuis plusieurs jours par le cyclone Fay. Nous nous promenons sur la plage et dans le quartier Art Déco. Nous déjeunons chez Fratelli la bufala, tenue par des pizzaioli emigranti qui importent trois fois par semaine leur mozarella directement d'Italie. Nous reprenons notre promenade puis dînons chez Miss Yip dont le propriétaire est venu s'installer à Miami après être passé par les cuisines du Mercer à NY. Nous avions passé une soirée chramante au Mercer en avril 2007. Il en est de même ce soir malgré une pluie battante. Le mauvais temps nous oblige à renoncer à aller dans les Keys. Le lendemain nous louons une voiture et passons la journée dans l'immense mall de Sawgrass. Le soir nous dînons chez des amis face à la mer. Notre dernier jour commence avec un pain au chocolat chez Paul. Le Miami Herald du 23 août 2008 titre "Fay won't go away". Nous aimerions faire comme lui.

Nous transitons via Londres. Il pleut.
Nous arrivons à Paris. Il pleut aussi.
Un des bagages est resté à Miami.
Notre tour du monde est vraiment fini.
Merci de nous avoir suivi.

Par Les bobos voyageurs
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Dimanche 27 juillet 2008

Nous rejoignons Mexico City en partance de Lima. Les six heures d'avion sont vite avalées. Nous rêvons en vol de plage et surtout de soleil. Il va falloir attendre : il est temporairement aux abonnés absents. Plus exactement il est discret en matinée et laisse place à des ondées le soir. Mexico City est une mégalopole qui se vante de concurrencer Sao Paulo par sa taille. L'avenue Insurgentes fait plus de 40 km. La rue de Vaugirad qui est la plus longue de Paris peut rougir doucement. Ce qui fait le charme de Mexico ce sont notamment ses taxis Coccinelle verts à 3 places. Nous trouvons vite nos repères en nous installant dans un B&B du quartier de Condesa, le quartier bobo de Mexico City. La profusion de terrasses de restaurants et le défilé de Hummer et autres 4x4 suffit à nous en convaincre.
La maison de style Art-deco dans laquelle nous logeons est tout simplement magnifique. La salle de bain qui date de 1935 est en Azulejos bleus; un vitrail surplombe la baignoire.  Nous nous attablons le soir au bistrot Mosaico de la calle Michoacan. Le pain est croquant, le poulet aux morilles généreux, le vin plaisant, la mousse au chocolat et la tarte au citron divines.
Nous allons vous épargner notre programme jour par jour et minute par minute. Nous parcourons la ville en utilisant les taxis dont la plaque minéralogique commence par A ou L (les autres étant paraît-il des faux taxis dangereux) puis à pieds : Zona Rosa, Reforma, Roma, Centro Historico et Condesa. Rien ne nous échappe. Surtout pas la pause thé de 17 heures dans le douillet petit salon du Caravanseraï Maison francaise de Thé ou dans le lounge déco art moderne de l'hôtel Condesa DF, oeuvre de l'architecte India Mahdavi.
Cinq jours plus tard, nous nous décidons à quitter Mexico City et volons directement vers Cancun. Nous commençons à sentir la fatigue de nos mois de voyage et de nos étapes glaciales en Bolivie.

Arrivés à Cancun, nous sautons dans un bus direction Playa Del Carmen. Il est tard lorsque nous arrivons dans la mecque du tourisme mexicain. Les rues du centre-ville sont bondées d'américains tatoués en short et de filles en maillot de bain. Nous descendons à l'hôtel Deseo angle douzième rue et cinquième avenue! C'est pas du tout New York! Le Deseo est un hôtel branché. Il appartient au même propriétaire que le Basico, boutique hôtel dont les chambres sont d'une simplicité extrême et sans âme. Notre chambre est d'une décoration basique, blanche virginale. Nous sortons dîner des crevettes grillées. Playa Del Carmen vit jour et nuit et il est difficile de se frayer un passage dans la foule. De retour à l'hôtel nous découvrons que la fête bat son plein au bar en plein air de l'hôtel. Un DJ commence à envoyer grave comme diraient les djeun's. Nous sommes épuisés mais il est impossible de dormir. A 4 heures du matin, le DJ balance un remix de Message in the bottle de Sting : "Rescue me before I fall into despair, oh, Ill send an s.o.s to the world, Ill send a s.o.s to the world". Nous avons beau adorer sting et kiffer le son, nous voulons dormir et nous lançons nous aussi un s.o.s pour que la musique s'arrête. A bout de forces, nous nous endormons avant que la petite party ne prenne fin. Il fait chaud le lendemain lorsque nous descendons pour le petit déjeuner. Le principe du self service où il n'y a rien de palpitant et bon à grignoter ne nous parle pas vraiment, surtout pour le prix. Nous nous attablons à la terrasse d'un Starbucks avec un muffin chocolat, un smoothie, un thé large et un americano small. Il fait très chaud. Nous nous mettons à la recherche d'un autre hôtel. Nous parvenons finalement à en trouver un plus éloigné du centre névralgique de la ville. Il est situé angle 38è et 5è. Il vient surtout d'ouvrir et nous sommes les seuls clients: 50% de discount sur le prix de la chambre. C'est notre jour de chance. L'après-midi nous allons à la plage. Nous avons obtenu des tickets pour un club privé. C'est un peu Saint Trop' : des jeunes éphèbes font rôtir leur corps au son d'un DJ survolté et des jeunes filles font des concours de bikini ou de string en sirotant des vodka-pommes. Pas très régime tout ça! 
Les jours suivants seront tranquilles : starbucks matinal, plage, baignades dans une eau chaude et turquoise, déjeuner bio, shopping chez American Apparel, petit moelleux au chocolat qui tue de chez les Petites Merveilles. Et le soir, nous nous dépêchons de rentrer et d'allumer la Tv pour voir les exploits de Michaël Phelps aux Jeux Olympiques de Pékin. Le temps passe doucement. Nous restons 10 jours à Playa Del Carmen. Seulement, nous commençons à en avoir un peu assez de vivre dans notre sac-à-dos. La lassitude se fait un peu sentir et les amis et parents commencent à nous manquer sérieusement. Nous décidons de remettre un peu de mouvement dans notre périple. Nous louons une voiture dont le luxe n'a d'égal que notre budget du moment. Elle peine à démarrer, puis quand elle est lancée, elle peine à freiner.

Nous prenons la route direction Tulum, soit 130 km, et nous installons dans un des nombreux cabanas du bord de plage. Ces cabanes de plage étaient encore rudimentaires il y a quelques années. L'eau et l'électricité étaient un privilège. Avec le développement touristique, elles offrent désormais un certain confort. La plage à perte de vue est belle. Nous l'arpentons de long en large. La nuit, nous espérons croiser une tortue venant pondre sur le sable. Il n'en sera rien car il est formellement recommandé de ne pas les déranger avec des lampes torches. L'espèce est en voie de disparition. Nous profitons naturellement de notre halte à Tulum pour aller visiter le site archéologique de Tulum dont les ruines sont datées de 1200 à 1521. Le principal problème est la présence d'une multitude de touristes torses nus et peu respecteux des zones protégées. Ils n'hésitent même pas à jeter par terre leurs piles usagées.
Après deux jours délicieux, nous reprenons la route.

Nous faisons halte à Coba. Là encore des cars déversent leur flot de touristes sortis de leurs réserves dorées que sont les hôtels entourés de hauts murs et surveillés jour et nuit. C'est drôle mais la présence de vigiles dans les hôtels, devant les banques, laisse place à un sentiment d'insécurité plutôt que de sécurité. 
Coba est l'une des plus grandes cités mayas perdue dans la jungle tropicale. Nous louons un vélo pour partir à la découverte de ces ruines. Le site est vaste. Lorsque l'on sort un peu du tumulte de la foule, on a l'impression de faire un voyage hors du temps sur ces sentiers ombragés. Il fait très chaud cependant et nos litres d'eau sont vite bus. Le clou de la visite est la grande pyramide haute de 42 mètres. Un escalier permet, en s'aidant d'une corde, de monter pour admirer la vue sur la forêt.

Nous reprenons la route direction Valladolid. A un feu, un policier nous arrête. La voiture mord sur le passage clouté. Nous lui expliquons que nous avons été induit en erreur par le conducteur de la voiture de derrière qui ne cessait de klaxonner. Quelques minutes de palabres et l'intervention de son chef nous sortent des griffes de ce policier plutôt zélé. Nous déjeunons et filons pour visiter Chichen Itza.


Chichen Itza est le site maya le plus célèbre et le mieux restauré de la péninsule du Yucatan. C'est Disneyland : parking gardé, portillons d'entrée de l'Unidad de Servicios, queue pour acheter les tickets, prix exhorbitants et du monde partout! Impossible de faire une photo du site sans avoir un touriste dessus. Nous sommes sollicités pour faire des photos souvenirs. Heureusement la pluie est de la partie et soudain tout le monde s'évanouit. La pyramide de Kukulcan (El castillo) est incroyable. L'édifice se dresse à 25 mètres de haut. Les quatre escaliers possèdent 91 marches chacuns. A l'arrière du temple, il est possible de voir la numérotation des marches inscrite à la craie. Nous parcourons le site. La pluie cesse enfin. Nous sommes trempés et enfilons quelques vêtements secs pour rejoindre Mérida pour la nuit.

Mérida est une jolie ville avec de profondes racines intellectuelles et culturelles. La ville semble sûre. Nous apprendrons plus tard dans les journaux que les règlements de comptes y sont fréquents et que neufs personnes ont été retrouvées décapitées. Après dîner nous traînons sur la plaza grande sur laquelle s'élève l'une des plus anciennes églises du Mexique, la Catedral de San Ildefonso. Le lendemain, nous partons acheter des hamacs puis regagnons Playa Del Carmen. Nous passons encore quelques jours à Playa del carmen. Nous en profitons pour prendre un matin un ferry à destination de Cozumel.

Cozumel est une île coralienne et est un spot de plongée réputé. Nous louons une mob, des masques et des palmes. Au détour de petites criques, nous posons nos affaires et partons en snorkling à la découverte des fonds marins. Les poissons multicolores sont légions. Nous voyons même pour la première fois de notre vie un serpent marin. Puis vers 17 heures nous reprenons le bateau pour rentrer.

Quelques jours plus tard, nous sommes en partance pour les USA.
Nous nous sommes arrangés avec un chauffeur de taxi pour qu'il vienne nous chercher à trois heures du matin. Nous empruntons l'autoroute direction Cancun. La police lourdement armée est déjà sur le pied de guerre à cette heure matinale. La nuit est inquiétante. Le chauffeur de taxi nous raconte que les nuits sont sensibles en terme de déliquance. Nos paupières sont lourdes de sommeil. Notre esprit est déjà ailleurs.

Notre vol fait Cancun-Houston-Los Angeles-Las Vegas... tout un programme !

 

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Samedi 26 juillet 2008

J'avais réussi à échapper à Sydney aux sollicitations de la jolie blonde de chez Benefit et à la démoniaque rousse de chez Aesop. L'une me proposait une épilation du sourcil dans son brow bar et l'autre de tester ses produits de soin pour homme. À Lima, à côté d'un supermarché ou nous assouvissons une furieuse envie de Kinder, nous sommes irrésistiblement attirés  par un hall blanc éclairé aux néons. Un peu de temps à tuer et surtout une pulsion féminine pour Miss B. Nous succombons au chant des sirènes manucure et pédicure. Une première pour moi.


Tina et Lourdes, mes esthéticiennes de choc, m'invitent à m'asseoir confortablement dans un fauteuil en cuir. L'une s'occupe des pieds, l'autre des mains. Je suis un peu réticent à l'idée que mes ongles soient coupés par autre chose que ma pince à ongles Peter.Persuade d'être un peu métrosexuel, je ne vois pas qui mieux que moi peut s'occuper de moi ! Mais une fois les pieds dans la bassine d'eau chaude et les mains dans les mains de Lourdes, je me relaxe. Les ongles prennent rapidement des formes arrondies et parfaites. La lime à ongle valse de gauche à droite. Une pierre ponce vient me chatouiller et adoucir la peau de ces pieds qui auront bientôt fait le tour du monde. Je m'offre un petit peeling et un massage hydratant pour terminer. Un petit extra qui me ravi. Je regarde le résultat. Elles ont fait un vrai miracle. Une vraie beauté fatale !

Je rejoins Miss B, plongée dans un Paris Match, pour qui le cérémonial paraît beaucoup plus familier.

 

 

Par Les bobos voyageurs
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Jeudi 24 juillet 2008

Puno est une étape pour couper en deux le trajet entre Copacabana en Bolivie et Cuzco au Pérou. A la sortie de la gare terrestre, un vieux chaffeur de taxi nous drague d'un large sourire pour que nous nous attachions ses services. Il est charmant et propose un prix honnête. Nous montons donc dans sa voiture pour rejoindre le centre. La ville est animée et les gens aimables. L'endroit est parfait pour ce que nous avons prévu d'y faire : dîner et dormir.

Le bus pour Cuzco part à 8h30 du matin. Il faut parcourir 398 km, soit environ cinq heures et demi de route. Nous payons la taxe de départ. Nous avons choisi un bus de la compagnie Cruz del Sur qui est censée posséder une flotte luxueuse de bus. Le cérémonial pour monter dans le bus le confirme. Une hotesse vous accueille pour vérifier ticket et passeport. Un cameraman filme, semble t-il pour une publicité locale. Ceci explique peut-être cela ! Toujours est-il que le début du trajet est pénible car il fait chaud côté soleil, que le bus empeste le vomi et que deux jeunes filles refusent l'ouverture du hublot du toit car elles ont un ruhme. L'enfer c'est vraiment les autres ! La route à travers les vallées est belle et nous fait oublier ces petits désagréments. Au fil des kilomètres nous voyons sur le bord de la route des champs et des hommes qui font tourner en rond leurs ânes sur des tas d'épis pour en extraire les graines. Il y a aussi ces femmes qui conduisent des mules croulant sous le poids de leur charge. La première impression est que le pays est encore très traditionnel.

Nous déchantons vite lorsque nous arrivons à Cuzco. A la gare routière un taxi nous propose la course à 10 soles par personne, puis à 8 pour 2, ce que nous acceptons. Nous avons réservé un hôtel pour la première nuit sur les conseils de voyageurs. Nous sentons l'effet des vacances d'été sur notre organisation de voyage et le fait que le Pérou et, surtout Cuzco, sont une attraction touristique majeure. Cuzco est en effet le point de départ pour le Machu Picchu, soit en train, soit en parcourant en trek le chemin de l'Inca qui se réserve plusieurs mois voire un an en avance!
Nous posons nos affaires à l'hôtel et reprenons un taxi direction la gare Huanchac. Pour 3 soles seulement alors qu'elle située à une centaine de mètres du lieu de notre arrivée. Arnaque aux touristes dirait Julien Courbet ! Bizuttage dirons nous poliment ! Nous devons acheter à la gare des billets auprès de Perurail pour aller au Machu Pichu. Nous avons tenté de le faire quelques jours plus tôt par internet sans succès. Compte tenu de la période et du nombre de groupes de touristes dans les rues de Cuzco nous estimons que les chances de se procurer un billet sont faibles. Surtout que nous souhaitons un départ pour le lendemain voire le jour d'après. La queue à la gare nous confirme que ce n'est pas gagné. Nous interrogeons une francaise qui vient de se procurer des billets sur les disponibilités. Elle nous retorque avec un air rabat-joie : "il faut s'y prendre un minimum à l'avance quand même!": Nous sommes exaspérés. Au bout de deux heures de queue, un écran appelle le ticket E351. Nous y sommes ! Le vendeur trouve péniblement les dernières places. Nous achetons donc un billet Vistadome (1ère classe) au prix de 142 dollars par personne allez-retour, départ 6h05 du matin et retour à 20h. Les billets Backpackers ne coutent pas tellement moins cher : 96 dollars pour le même trajet. Il faut payer en espèce et en dollars. Nous pestons contre le prix dû au monopole de Perurail mais nous ne sommes pas venus jusqu'ici pour ne pas faire le célèbre Machu Picchu. Nous sommes pourtant à deux clics de créer le site jeboycottelemachupicchu.com !! Le guichetier nous indique où nous procurer le billet d'entrée au site.
Nous prenons un taxi pour rejoindre la Plaza de Armas sur laquelle se dresse la cathédrale et l'église de la campania de Jesus. La place est bordée d'arcades. La ville, jadis coeur du puissant empire Inca, séduit par ses rues pavées et ses splendeurs coloniales et religieuses érigées sur des fondations incas. Des hordes de touristes s'y pressent. Nous interrogeons quelques hôtels et pensions sur leurs disponibilités pour les nuits à venir. Tous affichent complets. En cherchant un restaurant pour dîner nous tombons nez à nez avec Karine et Clément, couple de français que nous avions rencontrés à Airlie Beach en Australie. Nous sommes super heureux de les revoir: ils reviennent de leur trip au Machu Picchu. Nous convenons de dîner ensemble le lendemain. Nous dînons dans un restaurant bio pour 20 euros! Après la Bolivie et le dîner gastronomique à 8 euros, ça fait mal ! La vie est atrocement chère à Cuzco. Nous poursuivons après dîner notre recherche d´hôtel, sans succès. Seuls les hotels miteux proposent encore des chambres...à des prix prohibitifs. Nous sommes assez écoeurrés par cette première journée à Cuzco. Nous avons l'impression que nous ne sommes qu'un porte monnaie sur pattes !

Le lendemain, nous insistons pour la troisième fois auprès de notre hôtel pour savoir s'ils ont une chambre. Nous ne nous leurrons pas car leur réponse a été trois fois négative. Comme par enchantement ils ont finalement de la place pour les deux nuits suivantes. Un peu de douceur dans un monde de brutes. Nous reprenons des forces et decidons donc, sur les conseils de nos amis, d'aller visiter le site de Pisac. L'envie nous habite à nouveau. Il nous faut avant tout aller chercher le ticket d'entrée au Machu Picchu. Nous nous rendons à l'Instituto Nacional de Cultura pour acheter ledit ticket. Nous déboursons 122 soles, soit près de 30 euros par personne! Notre énervement revient sans crier garde. D'autant qu'il faut se procurer un autre billet, le Boleto Touristico ( le bien nommé !) pour se rendre sur le site de Pisac. Nous nous rendons donc dans les locaux de la Municipalité. Le prix nous fait tomber à la renverse : 130 soles (plus de 30 euros) pour plusieurs sites ou 70 soles pour un site. Nous renonçons à y aller. Cuzco est décidément la ville du roi argent ! Nous nous promenons alors gratuitement dans les jolies ruelles de la ville. Des enfants et des femmes descendus des villages voisins proposent aux touristes de poser avec un lama ou un agneau pour quelques soles. Nous poussons la porte de l'église San Blas. Il faut s'acquitter de 15 soles pour la visiter. Maudite ville où tout est payant. Nous sommes écrasés de fatigue et rejoignons notre hôtel pour une courte sieste. Nous rejoignons Karine et Clement pour le dîner. Il est chaleureux et agréable. La cuisine très bio du café Granja Heidi est excellente: nous reprenons un peu d'énergie.
Le réveil est cruel. Nous sautons dans un taxi à 5h30. C'est notre journée Machu Picchu: le train est d'une jolie couleur bleue. Il prend son élan en effectuant quatre zig-zags pour grimper la montagne et sortir de la vallée. Le trajet est magnifique, surtout après la gare d'Ollaytambo. La voie est accrochée à flanc de montagne sur la rive d'un torrent. Il s'enfonce dans la vallée dominée par des montagnes gigantesques.
Après quatre heures de train, nous arrivons au terminus à Aguas Caliente. La ville n'est qu'une succession de restaurants et d'échoppes d'artisanat. Nous achetons un ticket de bus à 14 dollars AR. Nous sommes supris par l'organisation sans faille. C'est finalement un peu Disneyland. En l'occurence, cela a du bon. Des bus partent toutes les cinq minutes. La route en lacets grimpe et laisse entrevoir au fur et a mesure un panorama incroyable sur les montagnes abruptes.
Après un contrôle, nous pénétrons sur le site. Des centaines de touristes, encadrés par leur guide portant au bout d'un bâton un drapeau jaune fluo, se précipitent vers l'intérieur des ruines. Nous préférons voir le site de plus loin. Nous grimpons donc sur des terrasses et empruntons un premier chemin à pic qui ne nous n'offre qu'une vue partielle. Une petite pause à l'ombre permet de remettre de la crème solaire et de l'anti-moustique, des charmantes petites bêtes zélées faisant des ravages en laissant de gros boutons douloureux! Nous optons ensuite pour le chemin qui mène vers l'Inka Bridge. La vue sur le site est incroyable. Nous en avons le souffle coupé et faisons abstraction de ces points colorés qui se pressent à travers les ruines et qui sont autant de touristes. Nous rejoignons ensuite le chemin de la porte du soleil, Intipunku, qui n'est autre que la fin du chemin de l'Inka. Notre montée durera une heure sous un grand soleil. Ce chemin permet d'avoir une vue sur les lacets de la route et sur l'ensemble du site. Nous sommes conquis et oublions tous les désagréments dus au prix. Il est bon de prendre de l'altitude !!! Nous nous posons mille questions sur cette civilisation et la façon dont le site a été construit. Nous sommes en admiration. Nous ne regrettons pas d'avoir vu ce site d'une telle intensité et beauté. La descente est plus douce. Nous tentons une incursion dans les ruines, vite avortée. Il y a trop de monde et moins d'intérêt. Nous rebroussons chemin.
Notre train du retour est à 15h25. Durant le trajet, et alors que tout le wagon s'assoupit tranquillement, une danse traditionnelle d'un homme masqué avec un agneau en peluche dans les bras vient pourrir l'ambiance. Puis, sur une musique forte, les membres de l'équipage font un défilé de mode avec des habits en Alpaga. Le train arrive à Cuzco a 20h30, avec une heure de retard. Nous dînons et nous endormons sans tarder. Le lendemain, nous prenons la ruelle qui mène à l'église San Blas, puis nous installons à une table du café Granja Heidi pour savourer le meilleur petit déjeuner depuis des mois. Tout est bio et bon ...yaourts, crèpes au chocolat, pain, miel. Karine et Clément nous rejoignent. Nous passons encore un excellent moment en leur compagnie.

Dans l'après-midi nous prenons un vol pour Lima. Nous nous installons à Miraflores, banlieue de Lima, au coeur de San Antonio. Nous passons un agréable dîner chez Tanta, restaurant branché. A la table d'à côté, il y a 4 drôles de filles rencontrées dans un bus entre Copacabana et Puno et dont nous avions déjà entendu parler à San Pedro de Atacama au Chili. Le monde est vraiment petit.
Le lendemain, nous parcourons les rues de Miraflores. Nous nous arrêtons au Centro de la Imagen pour regarder une exposition photos très interessante. Il s'agit de photos de cinémas prises dans les annees 60 et de photos prises à l'heure actuelle aux mêmes endroits. On se rend compte que la majeure partie des cinémas a disparu. Quelques-uns sont devenus des églises, d'autres des sex-shop ! Après un déjeuner chez un italien super bon, nous faisons une pause beauté des mains. Nous filons ensuite vers le centre commercial installé en bord de falaise. Au détour d'un escalier, nous décidons de faire une partie de bowling au Cosmic Bowling. Des planètes fluos sont dessinées sur les murs. Il règne une relative obscurité, les boules sont fosforescentes. Un grand moment de sport. Puis nous retournons dîner chez Tanta.

Un avion nous téléporte le lendemain en six heures à Mexico.

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Vendredi 18 juillet 2008

Nous sommes à 4400 mètres. Le vent siffle dans nos oreilles à cette altitude. Il est glacial. Nous trouvons refuge le temps des formalités dans la cabane du poste frontière de Hito Cajon. Nous prenons un petit déjeuner devant une rangée de 4X4. Nous avons choisi une option très bobo. Alors que les expéditions normales se font sur 3 jours à 6 par véhicule, nous ferons la traversée du désert tous les deux sur deux jours. Nous en sommes enchantés. Nous sommes présentés à notre chauffeur, Edgar. Il a le visage buriné par le froid et le soleil. Il a 35 ans et en paraît beaucoup plus. Il se déplace avec Nelly, sa femme. Elle arbore un large sourire et des yeux malicieux qui trahissent sa bonté. Le vehicule est un vieux Land Cruiser au pare-brise fissuré avec un bidon bleu d’essence sur le toit. Edgar nous presse. Il faut partir car la journée sera longue : nous faisons deux étapes en une. L’avantage de notre périple est que nous prenons de l’avance sur tous les groupes et que nous serons seuls au monde pour découvrir les lagunes.



La première à s’offrir à notre regard est la Laguna Blanca. Ses eaux laiteuses et, en partie gelées, s’étendent au pied des montagnes. Nous avons le souffle coupé devant une telle beauté de la nature. Nous poursuivons par la Laguna Verde. Il s’agit d'un lac turquoise à 4400 mètres d’altitude. Sa couleur verte unique est due à une concentration en carbonate, plomb, souffre, arsenic et calcium. Le volcan Licancabur (5900 mètres) trône derrière et sa silhouette se reflète dans le lac. Le vent ne cesse de souffler. Sortir du 4X4 est une épreuve tant le froid est perçant. L’étape suivante nous conduit aux geysers de Sol de Mañana à 4850 mètres d’altitude. Une épaisse fumée s’échappe des cratères. Une odeur nauséabonde de souffre nous saute au nez. En nous rapprochant nous découvrons de la boue bouillonante au fond des cratères. Nous reprenons la route de terre et de cailloux sur plusieurs dizaines de kilomètres. Notre corps nous réclame de l’eau tant l’air est sec à cette altitude. Soudain, au detour d’un virage puis d’une vertigineuse descente, une lagune rouge vif apparaît dans la vallée au milieu de montagnes géantes. La Laguna Colorada couvre 60 km2 et doit sa couleur au plancton et aux algues qui prospèrent dans ses eaux riches en minéraux. Des lamas blancs paissent des herbes jaunies sur le bord du lac. Mais surtout des centaines de flamands roses lézardent dans les eaux rouges. L´harmonie des couleurs est magnifique. Nous vivons, seuls face à ce spectacle de la nature, un vrai moment de grâce. Un des plus beaux de notre tour du monde. Nous en avons les larmes aux yeux. Nous rêvons au bord de cette merveille. Nelly nous a préparé un déjeuner dans une maison sommaire du village du bord du lac. Nous avons besoin de reprendre des forces. En effet, une douleur lancinante à la tête nous accompagne depuis que nous sommes dans les hauteurs. Le mal des montagnes ne nous épargne pas. Nous ne sommes pas suffisamment malades pour nous décider à boire une infusion de coca pourtant recommandée dans ce cas. Nous reprenons une piste au milieu du désert. Ici, il n’y a pas de route, juste des traces de jeep. Nous faisons une halte à l’arbre de pierre dans le désert de Siloli. Nous roulons à vive allure sur une immense étendue désertique quand soudain le capot de la jeep vient percuter le pare-brise. Celui-ci se fissure un peu plus qu’il n’était déjà, mais ne craque pas. Nous avons de la chance. La tôle du capot est froisée ce qui oblige Edgar à sauter à pieds joints dessus avant de l’attacher avec une corde qui lachera elle aussi. Mais cet incident ne vient pas émailler la bonne humeur du chauffeur et de la cuisinière. Ils sont amoureux et se taquinent. Edgar fair exprès de foncer dans les cuvettes sur le bord de la route afin que Nelly ferme les yeux et pousse un cri de peur. Puis ils rigolent de bon coeur. Il est cependant plein d’attentions pour elle et n’hésite pas à s’arrêter pour qu’elle puisse arracher de la montagne des plantes médicinales. Le trajet suit son cours dans la bonne humeur. Nous parlons un peu. Des vigognes traversent la route au loin. Quatre lagunes nous régalent en fin de journée. Nous marchons seuls au bord de l’une d’elle au pied du volcan Ollague. Les flamands roses nous fascinent toujours autant à barboter dans ces eaux gelées. Il est temps de reprendre la route : elle est encore longue. La voiture après avoir franchi des cols, empruntée  des chemins de pierre et de sable, s’être frayée un passage dans la brousse, file enfin sur une lagune de sel. Nous arrivons à la nuit tombée dans le village de San Juan. Encore une heure de route, épuisante, à travers des sentiers à peine carrosables, et nous arrivons à l´hôtel de sel. Nous sommes éreintés par ces dix heures de voiture mais heureux. Le diner est rapide tant la fatigue, le froid et le mal de tête n’invitent pas à la paresse. D'autant que seule une petite cheminée est censée réchauffer cette grande pièce. Nous nous endormons sur un matelas posé sur un sommier de sel et éteignons les bougies. Nous dormons tout habillés avec un laine polaire, le sac de couchage sur nous deux, une étole en paschmina, deux couvertures et une couette... et notre bonnet !

Le lendemain, nous nous apercevons que l´hôtel est au bord du Salar de Uyuni, le plus grand désert de sel au monde. Il s’étend sur 12 106 km2 à 3653 mètres d’altitude. Un enfant de 11 ans, Gebin, fils du propriétaire de l´hôtel nous accompagne. Il a le visage buriné, les pomettes rouges. Il va chercher du poulet à Uyuni. Il s’installe entre nous, radieux et curieux de l’i-pod qui crache du Mika dans les baffles. Nous dévorons à vive allure le désert de sel. Une étendue blanche infinie et aveuglante au milieu d’un ciel bleu vif. Le dépaysement est total. Nous faisons halte à l'Ile Incahuasi, un rocher auquel est accrochée une multitude de cactus. La vue du sommet est époustouflante. Nous reprenons la route vers Uyuni que nous atteignons en début d’après-midi. Nous déposons Gebin et son sac à provisions arc en ciel. Uyuni est une cité au milieu du désert. Les femmes revêtent des habits traditionnels (multiples jupons, collants en laine, guêtres, chapeau melon) et portent sur leur dos, enfant ou provisions, empaquetés dans des tissages colorés. Leur visage veilli par "l'harto frio" (froid extreme), que les habitants aiment à mentionner dans cette région, est pourtant rayonnant.
Depuis notre arrivée à San Pedro de Atacama, le froid ne nous a pas quitté. Nous écrivons le blog avec nos gants, dînons avec nos blousons et nos bonnets et dormons habillés. Le chauffage et l'eau chaude sont quasi-inexistants. Nos corps ont du mal à s'habituer et la vie quotidienne devient plus dure.

Il nous faut six heures, en bus, pour parcourir les 208 km qui nous séparent de Potosi. La route traverse des paysages de western, longe des parois abruptes, franchit des cols vertigineux. Au fur et à mesure des arrêts dans les villages, le bus se remplit pour finir plein comme un oeuf. Une femme s'installe au sol avec son bébé, au milieu des autres passagers debouts et des sacs de marchandise. Pourtant, le silence règne. Nous sommes au coeur de la vie des montagnes boliviennes.
L'histoire de Potosi est entièrement  liée aux mines d'argent. Le ville fut fondée en 1545 dès la découverte du précieux minerai et, bientôt, l'argent extrait financa l'empire espagnol. Pendant les années d'opulence, la cité devint la plus grande et la plus riche des Amériques. Une croyance populaire affirme que la quantité d'argent extraite aurait permis aux espagnols de construire un pont d'argent jusqu'à leur terre d'origine sans que cela ne vienne amenuir les réserves. Lorsque le filon commença à s'épuiser, le déclin et la pauvreté s'abattirent sur la ville. Aujourd'hui, une mine demeure en activité et les mineurs travaillent toujours dans des conditions abominables qui n'ont guère changées depuis l'époque coloniale.
La visite de la mine représente d'ailleurs une des principales excursions proposées aux touristes. L'experience est, paraît-il, boulversante. Nous ne la tenterons pas. Nous optons plutôt pour la découverte de cette ville classée au patrimoine mondial de l'UNESCO à pieds, de ses somptueuses églises et de son architecture coloniale. Nous passons par le marché et les différentes places de la ville; ainsi nous sommes au coeur de la vie des boliviens. Les couleurs sont belles. Malheureusement la méfiance des habitants nous empêchent de les photographier en toute liberté. Leur regard noir et leurs gestes de désapprobation contrastent avec le sourire permanent et la générosité des chiliens. Nous ne savons pas encore à quoi attribuer cette attitude envers les étrangers, pourtant nombreux dans les villes que nous traversons.

Nous rejoignons ensuite Sucre en taxi collectif que nous partageons avec un couple d'australiens. Le chauffeur se signe et embrasse le chapelet qui pend à son rétroviseur. Il semble avoir pris de l'EPO. Une heure et demie et un contrôle policier (hommes en noir et armés jusqu'aux dents) plus tard, nous arrivons à destination. Sucre est considérée comme la plus belle ville de Bolivie. C'est le coeur symbolique de la nation, l'independance y ayant été déclarée. La ville est inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Nous passons deux jours à flâner dans les rues, visiter les églises et monter sur leur toit, admirer l'architecture coloniale, lézarder sur les bancs de la plaza 25 de mayo. Cette place, perpétuellement animée est le repère de tous les mangeurs de glaces. Tenter de photographier les scènes quotidiennes du mercado central est devenu notre passe-temps favori. Il règne dans ce marché une ambiance joviale et colorée, avec ses piles de paniers tressés, ses fruits et légumes, ses desserts gélatineux dont les différentes couches forment un arc-en-ciel, ses fromages et surtout ces femmes qui enfin nous sourient. La vie semble plus facile ici qu'à Potosi. Les gens ne nous ignorent plus. La pauvreté est pourtant bien présente dans cette ville fastueuse : les enfants nous proposent 10 fois par jour de nous cirer nos converses !

Le dimanche c'est jour de marché à Tarabuco, village essentiellement indien à 65 km de Sucre. Les rues autour de la place sont truffées de touristes, souvent avec leur guide; des femmes en habit traditionnel proposent de poser pour une photo contre quelques bolivianos. Nous nous éloignons de ce tohu-bohut et empruntons des rues adjacentes. Nous sommes vite au coeur de la vie de ce petit village. Des ânes croulent sous le poids de leurs fardeaux. Nous tentons de communiquer avec un vieil homme mais notre espagnol est plus que limité. Nous passons des heures au marché alimentaire à regarder tous les indiens de la région faire leurs provisions. Ils s'entassent ensuite dans des camions pour rejoindre leur village. Nous reprenons la route vers Sucre. Un condor déplie ses ailes gigantesques au dessus de nos têtes et survole la vallée.

Nous rejoignons La Paz en avion. L'aéroport de la Paz est le plus haut du monde, à 4050 mètres d'altitude sur l'Altiplano. L'avion doit atterir deux fois plus vite pour compenser la faible densité atmosphérique, l'atterrissage en est pour le moins curieux! Nous prenons un taxi pour rejoindre le centre ville qui se trouve au fond d'une cuvette entre les montagnes. Les quartiers aisés et celui des affaires se trouvent aux plus basses altitudes, plus clémentes en matière de climat. C'est la particularité de cette ville. La vue est grandiose. Les rues escarpées et pavées du centre sont bondées et bruyantes. Elles sont littéralement truffées de boutiques d'artisanat. Notre possada est proche de la place San Fransico où se dresse une basilique en pierre de taille du XVIe siècle. Nous sommes surpris par la représentation quasi réelle des saints et de Jésus qui font penser à des poupées. L'hôtel garni d'or est magnifique. Nous flânons ensuite sur la grande avenue 16 de Julio, le Prado. Les rues sont encombrées de minibus qui font office de taxis. Une pancarte sur leur pare-brise indique parfois leur destination et les arrêts intermédiaires. Mais ce sont surtout des hommes ou des femmes qui crient, porte ouverte, ces indications. Ces minibus s'arrêtent n'importe où sur le bord de la route, la police laissant généralement faire ou réprimandant sans conviction d'un coup de sifflet ce stationnement gênant. Nous visitons, en fin de journée, "le marché des sorcières". Il s'étend le long de quelques rues. On y trouve toutes sortes de plantes, de remèdes traditionnels et de portes-bonheur mais aussi des gri-gris très étranges comme des foetus de lamas ou de chèvres, des flamands roses et des crapeaux séchés. Des femmes assises sur des cartons devant des pas de porte prédisent, aux boliviens uniquement, l'avenir dans des feuilles de coca. Le soir nous sortons dîner. Les rues sont surpeuplées. On se croirait un 14 juillet sur les Champs Elysées. Impossible donc de trouver un taxi! Nous marchons.

Le réveil est matinal. Un bus nous emmène à Copacabana. Il rejoint l'altiplano et la localité de El Alto au dessus de la Paz. L'avenue principale est le théâtre de représentations de rue. En effet, des troupes traditionnelles et des fanfares se produisent pour l'anniversaire de la ville. Elles doivent durer toute la journée. Des sièges en plastiques et des bancs en bois installés sur le bord font office de tribunes. Des vendeurs trainent leurs chariots garnis de nourritures, glaces ou boissons. Une marque de bière sponsorise l'évènement à grand renfort de bannières publicitaires. Le trafic est sérieusement perturbé d'autant que les bus côtoient les fameux minubus taxis, rois du stop improvisé et les voitures particulières. Tous ces vehicules ne sont pas de la première jeunesse et les pannes sont fréquentes. Les crevaisons aussi compte tenu de l'état des routes, pourtant asphaltées. Quelques kilomètres après la sortie de la ville, le bus longe le lac Titicaca. Le lac Titicaca long de 230 kilomètres et large de 97 s'étend au coeur de l'Altiplano à la très honorable altitude de 3820 mètres. Ses fonds peuvent atteindre 457 mètres. Il est incontestablement l'attraction de la région. A San Pedro de Tiquina, il faut traverser le détroit entre San Pablo et San Pedro. Le bus monte sur une barge, tandis que les passagers, après avoir acquitté une taxe de passage, embarquent sur de vieilles vedettes en bois. Un contrôle d'immigration est opéré de l'autre cote de la rive. Le bus reprend sa route vers Copacabana. Les eaux du lac sont cristallines et la lumière éclatante s'y reflète. Après quatre heures de route nous arrivons à destination.

Copacabana est une petite ville nichée entre deux collines et surplombant le lac Titicaca. Elle possède surtout la seule plage de Bolivie. Mais rien à voir avec celle du même nom à Rio de Janeiro au Brésil ! Pas vraiment de sable et des eaux glacées ! Les seules attractions de cette plage ce sont ses 24 kiosques qui proposent des truites du lac à leur menu et les pédalos en forme de cygne ou de Donald Duck sur lesquels les locaux viennent s'amuser et se détendre en compagnie de la famille et des enfants le week-end. Il s'en dégage une atmosphère festive et bon enfant. Copacabana possède une belle cathédrale mauresque d'un blanc éclatant  qui domine la ville. Nous nous installons à la pension la Cupula, installée sur les pentes du cerro Calvario. Notre chambre, la numéro 11, est la suite. C'est à dire qu'elle occupe le dôme du bâtiment, a une salle de bain privée mais surtout qu'elle a une baie vitrée qui offre un magnifique panorama sur la ville. Le mobilier reste sommaire. Nous descendons vers la plage et négocions avec un pêcheur local, de l'Union des Marescos, le prix pour un trajet en bateau pour l'Isla del Sol (île du soleil). L'île est le berceau de plusieurs êtres vénérés tels que le soleil. C'est là que le dieu blanc et barbu Viracocha ainsi que les premiers Incas apparurent mystérieusement à la demande du soleil.
Le lendemain, nous embarquons sur un vieux bateau en compagnie d'une femme et de sa fille venues faire leurs courses. Le petit moteur peine à déplacer l'embarcation. Il nous faut deux heures de navigation sur le lac pour rejoindre le village de Cha'llapampa, à cheval sur un isthme étroit au nord de l'île. Avec sa petite plage au bord des eaux cristallines du lac et ses maisons traditionnelles, la Isla del Sol a des airs d'île grecque. Le seul moyen de se déplacer est la marche. Nous empruntons un petit sentier sinueux à la sortie du village et croisons des femmes qui portent sur leur dos de lourdes charges de bois. Des vaches et des ânes paissent tranquillement. Le temps semble s'être arrêté. Nous sommes dans un oasis de tranquilité. La vue sur le lac et les montagnes enneigées au lointain est magnifique. Nous ne voyons pas l'heure tourner et, avant même d'avoir pu rejoindre les ruines du Templo del Inca, nous devons rejoindre notre marin. Nous reprenons le bateau direction Copacabana. Un bateau traditionnel navigue sans bruit dans la baie. Ce lac est vraiment une merveille. En rentrant, nous marchons le long de la plage animée en ce jour de fête puis gagnons la place de la cathédrale sur laquelle se tiennent des festivités avec des défilés et des fanfares. Les habitants célèbrent la Vierge Carmen.

Le jour suivant, nous prenons le bus pour Puno au Pérou. Nous avons décidé de couper en deux notre étape vers Cuzco. Il faut donc passer la frontière à Yunguyo. Tout le monde descend du bus. La procédure est simple: un arrêt rapide au bureau de l'immigration bolivienne pour un tampon de sortie, une courte marche à pied sur une route jonchée de vendeurs divers et de bureaux de change jusqu'au bureau de l'immigration péruvienne, un tampon d'entrée, et nous voilà au Pérou. Nous gagnons une heure de décalage horaire. Le bus reprend la route vers Puno que nous atteignons, compte tenu des travaux sur la route et des arrêts prolongés pour laisser passer les engins de travaux, au bout de quatre heure de voyage.

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Mardi 8 juillet 2008

Cinq heures d'avion de l'île de Pâques sont nécessaires pour rejoindre Santiago du Chili. Nous nous installons sous les toits d'une petite maison au coeur de Provindencia (quartier tranquille de Santiago), la Villa Franca "petit hôtel". Nous allons dîner chez Liguria, une brasserie dont les murs sont couverts de photos et autres curiosités. On y mange sur des nappes à carreaux, on y boit de la cerveza, on parle fort et on rit au son de la musique latino. Nous sommes conquis par l'atmosphère. Santiago a des faux airs de Buenos Aires.
Le lendemain, nous empruntons le métro direction le musée d'art moderne. Il y a une rétrospective sur Oscar Nieymeyer, l'architecte fondateur de Brasilia. Nous déjeunons au soleil à la terrasse d'un café du Barrio Bellavista, quartier bobo et festif de Santiago. Nous empruntons, ensuite, les rues pavées jusqu'au pied du Cerro san Cristobal puis rejoignons le sommet de la montagne à l'aide d'un funiculaire datant du début du siècle. La silhouette de la Vierge immaculée domine la ville du haut de ses 14 mètres. Nous rentrons à l'hôtel en flânant le long des grandes avenues arborées. Nous retournons dîner dans notre restaurant favori.


Le lendemain nous laissons nos bagages à l´hôtel et partons légers direction Valparaiso. Nous sautons dans le métro puis dans le bus. L'autoroute traverse les vignes et une pensée pour la Bourgogne nous envahit. Nous arrivons deux heures après à Valparaiso, ville classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il y règne un charme bohème. Les collines (cerros) qui se dressent face à la mer accueillent des rues pavées qui grimpent et serpentent bordées de maisons de tôles peintes de toutes les couleurs. De vieux ascenceurs se hissent en grinçant vers le haut des collines. Les câbles électriques s'entrechoquent. Des brumes montent de la mer et envahissent peu à peu les rues. Puis le soleil se montre, discret. Nous nous installons dans une pension de famille "La casa latina" dans le très bobo Cerro Concepcion. Monmartre à l'autre bout du monde. Nous allons déjeuner dans un café du Cerro Allegre à l'ambiance littéraire et artistique baigné de la lumière tombante de cette fin de journée. Nous nous perdons ensuite pendant plus de deux heures dans les ruelles étroites, fascinés par ces vieilles maisons et ravis de la douceur de vivre qui règne. Un thé sur une des corniches nous permet de voir les milles lumières de la ville. Le froid nous pousse à rentrer. Nous conversons en mauvais espagnol avec les deux femmes en charge de la pension au coin d'une cheminée. Le dîner sera très romantique. Le lendemain, impatients de prendre en photo tous les recoins de la ville, nous paquetons en vitesse nos quelques affaires et sortons comme un seul homme. Le soleil est de la partie. Un marché de légumes se tient au pied d'une église. Des chats dorment sur le perron des maisons. Nous partons à l'assaut du Cerro Bellavista. D'escaliers en dédales de ruelles nous arrivons à la maison de Pablo Neruda. Elle est perchée. La vue sur la ville est incroyable. Nous avons un vrai coup de coeur. Nous rebroussons chemin, dévorons un sandwich au fromage sur un banc au milieu d'une place et achetons à des vendeurs ambulants un bonnet couleur locale. Il est déjà 15 heures et nous reprenons le bus direction Santiago.


Le matin suivant, nous nous levons de bonne heure et, à 8h30, nous essayons skis et chaussures dans un centre commercial du centre de Santiago. Nous grimpons en habit de ski dans un minibus. Deux heures de route nous séparent de Portillo, la station favorite des chiliens branchés et base d'entrainement, pendant l'hiver austral, pour les équipes de ski du continent européen. Après l'autoroute, la route grimpe en lacets serrés. Les poids lourds peinent à monter. Nous sommes sur un point de passage avec l'Argentine. Des croix rappellent le lourd tribu payé par les utilisateurs de cette route de montagne. Nous arrivons sous un grand soleil à Portillo, à 2500 metres d'altitude, au bord du lac de Laguna del Inca dans lequel les montagnes se réflechissent. La station de Portillo c'est un grand hôtel jaune qui ressemble à une meringue, une dizaine de cabanes chalets, un hangar à ratrak, 4 télésièges Poma, des téléskis et quelques pistes. Nous prenons notre forfait et dévalons les pistes. Nous sommes aux anges. Nous déjeunons au soleil dans un petit restaurant d'altitude. Puis nous reprenons de plus belle nos descentes effrénées. Nous avions été un peu frustrés par le manque de ski en Nouvelle Zélande! A 17 heures nous reprenons la route et à 20 heures nous sommes dans le métro de Santiago. C'est l´heure de pointe. Un américain qui loge dans notre hôtel nous accompagne. Il est habillé sport :  chaussures de surf aux pieds, surf à la main, bonnet et lunette de soleil sur la tête. Détonnant de prendre le métro en affaire de ski au milieu des employés qui rentrent du travail. Personne n'y prête vraiment attention. Le décalage est pourtant évident et drôle.


Le lendemain, nous prenons notre temps puis prenons l'avion pour le nord du Chili. Il nous faut deux heures pour rejoindre Calama, ville minière. Cette fois-ci nous sommes au milieu du désert. La nuit tombe. La navette pour San Pedro de Atacama se faisant désirer, nous partageons un taxi avec un couple de Brésiliens. C'est parti pour 106 kilomètres de route quasiment vierge de circulation. Le ciel est blindé d'étoiles. San Pedro de Atacama est un village à 2400 mètres d'altitude perdu dans la pré-cordillère des Andes. En 2002, il comptait 1950 âmes. L'afflux de touristes a provoqué une multiplication des hôtels et restaurants. Il compte aujourd´hui 4500 habitants. Des rues en terres courent le long de maisons en adobe. La vieille église blanche San Pedro, de style colonial, se dresse sur une charmante placette. Les nuits sont froides et nous ne sommes pas peu fiers d'avoir trouvé un hôtel sans réel charme mais avec un chauffage au gaz de 19 heures à 23 heures...un must ! Cela ne nous empêche pas de rajouter 3 couvertures pour la fin de la nuit.
Le matin suivant, nous organisons notre périple vers la Bolivie puis partons monter à cheval avec Claudio, le guide de Rancho Cactus, dans l'oasis.


Le jour suivant, nous sommes à 9 heures sur nos chevaux pour une expédition de 5 heures dans les canyons, les dunes et la vallée de la mort. Tito et Lassana nos montures ne sont pas ravies de quitter le box. Claudio ressemble à Florent Pagny. Il se cache sous un large chapeau mais son sourire trahit sa gentillesse. Il nous explique qu'il est guitariste. Nous nous enfonçons dans des canyons, nos chevaux glissent sur les eaux gelées des guets. Puis nous mettons pied à terre pour emprunter un raidillon pierreux. Nous nous retrouvons sur la corniche. De là nous avons une vue sur toute la chaîne de montagne, le désert et le volcan Licancabur (5916 mètres d'altitude). Nous nous remettons en selle pour parcourir la corniche. Nous remettons pied à terre pour redescendre à pic une majestueuse dune de sable qui plonge vers le canyon. Le soleil tape dans la vallée de la mort et nous rentrons tranquillement.

Le lendemain, nous sommes à 8 heures devant l'agence de voyage direction la frontière chilienne puis bolivienne. Le minibus escalade péniblement la montagne. Des carcasses de camions et des croix rappellent ici encore la dureté du métier de camioneur dans ces pays de montagne. Nous avons eu beau en voir dans tous les pays que nous avons traversés, nous ne parvenons pas à rester insensibles à ces croix qui sont autant de vies brisées. Nous sommes vite à plus de 4000 mètres. Nous sentons la pression de l'altitude sur nos corps. Il va falloir s'habituer car nous allons passer les deux prochains jours entre 3500 et 5000 mètres au coeur des Andes. Le froid est de la partie malgré un grand soleil. Nous arrivons à une maisonette qui fait office de poste frontière avec la Bolivie.

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Samedi 5 juillet 2008

Après cinq heures de vol depuis Tahiti et autant de sommeil, nous arrivons sur l'Ile de Pâques. Cette île, aussi appelée  Rapa Nui, compte parmi les terres les plus isolées de la planète; avec ses 24 km de long et ses 12 km de large, elle apparaît comme un confetti posé sur l'océan. Hanga Roa, seule agglomération de Rapa Nui, compte 3800 habitants, soit la totalité des habitants de l'île.  Les 115 km2 restant sont donc vierges de toute habitation.
Après un rapide petit déjeuner, nous livrons bataille au seul DAB de l'île pour obtenir de l'argent. Il n'accepte que les Mastercard et distribue avec parcimonie les billets. Nous louons un 4X4 et partons à la découverte de cet extraordinaire musée à ciel ouvert, dont nous avons tant entendu parler.

Nous atteignons rapidement le nord de l'île et la plage d'Anakena : une belle étendue de sable bordée de cocotiers. Cette plage revêt également une importance symbolique : selon la légende, c'est ici que l'ancêtre des Pascuans aurait débarqué. Le lieu rassemble également des  richesses archéologiques. Nous découvrons, émus et frigorifiés (depuis notre arrivée il tombe des cordes et la température est loin de celle de Tahiti), nos huit premiers moai. Les moai sont des status de pierre toutes différentes mais qui obéissent au même "design". Leur base se trouve à hauteur de hanches. En principe, les bras sont tendus, et les mains, avec de longs doigts, s'étendent sur le ventre. Les têtes sont allongées et rectangulaires; les sourcils, le nez, le menton et les lobes des oreilles sont proéminents, tandis que les lèvres sont minces. Les moai, à l'exception de quelques-uns, symbolisent des figures masculines. Leur taille, très variable, va de 2 à 21 m de haut. En moyenne, ils mesurent de 5.5 à 7 mètres.
La fatigue, la pluie et le vent nous invitent à la sieste. Nous retournons donc vers notre hôtel. Nous en ressortons en fin d'après-midi, la pluie n'a pas cessé. Apres un petit tour au musée, nous nous régalons de crevettes et de poisson dans un petit restaurant qui se révèle être une excellente surprise culinaire.

Le lendemain, nous repartons à la chasse au moai. Le soleil est enfin de la partie. L'île en est transformée. Nous visitons plusieurs sites archéologiques dont le fabuleux Ahu Tongariki qui regroupe 15 moai sur leur plate-forme et le Rano Raraku, volcan dont les flancs sont parsemés de moai à differents stades de leur fabrication. Nous nous rendons ensuite au sommet du volcan Rano Kau. Nous surplombons le cratère aux allures de chaudron de sorcière. Sur les rebords du cratère, à 400 metres d'altitude au bord d'un à-pic plongeant dans l'océan, la vue sur l'île est splendide.
Nous avons aimé la sérénité de cette île perdue où les chevaux côtoient les rares voitures, où le temps semble s'être arrêté et où pourtant la modernité est présente et le sera d'avantage dans les années à venir.

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Dimanche 29 juin 2008
Après une mini-nuit à Tahiti, nous nous envolons vers Maupiti, une des îles de la Société située en face de Bora Bora. L´aéroport, situé sur un motu, se résume à une jolie cabane en bois qui se prolonge par un ponton où sont amarrés des bateaux-taxis. Nous sommes attendus par nos hôtes, propriétaires du Kuriri. Après dix minutes de bateau sur un lagon de carte postale, un passage par l´île principale pour récupérer auprès d´un pêcheur un énorme thon, nous arrivons sur notre motu. Nous nous installons dans un petit bungalow et savourons notre petit déjeuner face à la barrière de corail. Nous passons la journée sur le lagon entre kayak, snorkeling et plage sans croiser âme qui vive. L´endroit est incroyablement sauvage et préservé. A l´heure du dîner nous partageons notre expérience avec nos hôtes qui eux aussi ont fait le tour du monde mais en bateau et pendant trois ans!
Le lendemain, nous prenons le bateau et passons la journée à silloner Maupiti en vélo. Nous apprécions la gentillesse de ses habitants et admirons leur volonté farouche de préserver leur île du tourisme de masse : par référendum, ils se sont prononcés contre la construction d´hôtels sur l´île, seules les pensions de famille sont acceptées. Après un déjeuner de poisson, nous regagnons la plage de la pointe. Elle est déserte. C´est magique.

Le lendemain nous quittons, à regret, Maupiti dont on dit qu´elle ressemble à Bora Bora il y a cinquante ans...

Après seulement quinze minutes de vol sur Tahiti Nui, changement total d´ambiance. En effet, Bora Bora ne ressemble en rien à Maupiti. Une multitude d´activités est proposée et nous en profitons allègrement : tour de l´île en jet-ski (incroyable!), croisière snorkeling- nage avec les raies et les requins - baignade dans les eaux translucides du lagon (sensationnel!), parasailing (époustouflant!). Un parachute au dessus de la tête et 300 mètres de corde plus bas un bateau qui nous tire. Nous apercevons, dans les eaux du plus beau lagon du monde, la silhouette des raies avec lesquelles nous nagions la veille.
Nous profitons aussi de l´amour des américains pour cette île en dînant dans un resto 100% USA (tant par ses propriétaires que par sa clientèle que par ses prix en $$$)... mais se régaler d´un bbq de poisson, les pieds dans le sable au Bloody Mary a quelque chose de mythique!
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Jeudi 19 juin 2008

Demain à 13 heures nous décollerons d'Auckland. Nous serons le 20 juin. 5 heures plus tard, nous atterrirons à Papeete. Il sera 20 heures. Nous serons le 19 juin.

Vous avez déjà vécu deux fois la même journée?

Pour nous, ce sera une première!

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