Jeudi 24 avril 2008

Apres deux heures de voiture de Chiang Rai, nous arrivons a Chiang Khong et nous presentons au bureau de l'immigration thailandaise. Nous rencontrons un couple de nantais qui fait le tour du monde avec ses deux petites filles, Salome et Marilou. Nous sommes impressionnes par leur aventure humaine. Nous engagons la conversation mais ils partent vers le nord du Laos et nos chemins se separent.
Pour entrer au Laos, il faut traverser le Mekong sur une barque jusqu'a Huay Xai, petit port fluvial sur l'autre berge. Trois guichets du bureau de l'immigration se trouvent a l'etage d'une maison sans charme. Les routards se relayent pour se voir delivrer le fameux sesame, soit un tampon en guise de visa . Il faut y laisser quelques coupures a l'effigie de l'Oncle Sam. Il voyage bien le vieux ! Une fois celui-ci obtenu, il faut presenter son passeport a un militaire en uniforme ecrase de chaleur qui essaye de se faire tout petit sous son parasol rouge delave. Il est assis au milieu d'une rue en pente, derriere une table de formica. Pas un bonjour, pas meme un regard et nous entrons au Laos en avancant d'un pas, nous aussi ecrases par le poids de nos sacs dos.

Nous decidons de rejoindre Luang Prabang en descendant le Mekong, soit 250 kilometres. Deux solutions s'offrent a nous. Une plutot digne d'un choix que pourrait faire un bon pere de famille : le slow boat aussi appele heua saa qui met deux jours (2 fois 8 heures) pour faire le trajet, avec une nuit a Pakbeng. Ce sont de longs bateaux en bois colores, pas tres larges, avec des fenetres ouvertes et deux cabines, une a l'avant pour le pilote, une  l'arriere pour sa femme. Des chaises en bois ou des fauteuils recuperes dans de vieux autobus acceuillent les passagers. L'autre solution plus sport et fortement deconseillee par les guides et les forums de voyage qui evoquent des accidents et des chapelles ardentes : le speed boat ou encore heua wai. Il s'agit d'une barque en bois de 4 metres a ras de l'eau qui pourrait ressembler a une grosse planche de surf avec des bords, jaune avec des tatouages de dragons, comme pour conjurer le sort ou draguer les esprits. A l'arriere un moteur enorme de voiture Toyota 16 Valve avec une longue tige en fer flanquee d'une helice. Malgre le danger potentiel nous optons pour cette option. Il faut dire que le trajet se fait en 6 heures seulement !
De l'embarcadere nous prenons place sur le speed boat. Nous sommes assis quasiment sur le fond, seule une petite banquette en sky nous sert de siege. Le dossier est une planche de bois. Nous genoux touchent quasiment nos tetes, puisque nous sommes 8 a bord avec tous les bagages entreposes sous une bache bleue a l'avant. Le pilote distribue vieux gilets de sauvetage et casques. Ambiance clandestin sur un fleuve surveille. Le moteur demarre. Il fait un boucan d'enfer. Et c'est parti ! La frele embarcation glisse sur l'eau ou plutot fonce sur l'eau. Le Mekong n'est pas un long fleuve tranquille. Entre les rapides, les tourbillons, les virages negocies entre les rochers a fond les manettes et les  les rondins de bois a eviter, nous sommes morts de trouille la premiere heure. Nous pensons a Pironi et Casigarri. Au bout de la deuxieme heure, nous ne pensons plus qu'a nos fesses : elles nous font un mal de chien! Au bout de deux heures et demi, nous sommes a Pakbeng! Le bateau accoste au poton d' un restaurant flottant. Nous y passons une demi-heure et grignotons ce qui reste des 4 bananes achetees avant de partir : pas grand chose; elles ont autant souffert du voyage que nous. Au moment de repartir, on nous annonce que nous devons changer de bateau. Pas de probleme. Enfin si : il n'y a pas suffisament de casques sur celui-ci. Nous finissons le trajet les cheveux au vent et la boule au ventre. Le Mekong coule au milieu des montagnes. Des villages sur pilotis s'accrochent a celles-ci, faisant augurer des crues du fleuve. Des flammes dechirent la foret d'arbres primaires et majestueux dans un crepitement inquietant. Une epaisse fumee s'echappe. La terre brule pour accueillir les futures cultures. Des hommes pechent ou cultivent leurs champs verts a flanc de berge. Des buffles viennent se baigner a la recherche d'un peu de fraicheur. La vie s'ecoule paisiblement. Nous arrivons finalement a quelques kilometres de Luang Prabang. Le bateau nous debarque. Des touk-touks nous attendent quelques dizaines de metres plus haut. Nous gravissons la haute berge; le poids des sacs, la fatigue, le manque de calories et nos muscles ankyloses rendent l'exercice perilleux.
Sur le chemin qui nous mene a la ville, nous nous faisons copieusement arroses par des gamins chafouins. C'est pas le moment de nous chercher. Nous nous ennervons degainant au passage quelques gestes obscenes. Un touriste qui partage notre touk touk et qui a lu son guide plus que nous, nous explique que nous sommes au debut du Songkan (fete de l'eau). Celui-ci dure 3 jours et marque le debut du Nouvel An lao. Nous ne sommes pas au bout de nos peines.

Nous arrivons enfin a Luang Prabang. Cette ville de 26000 habitants, entouree de montagnes, se trouve au confluant de la Nam Khan et du Mekong. Il s'agit d'une ancienne ville coloniale, que l'architecture ne peut trahir, et d'un haut lieu de spiritualite, ancienne capitale royale, avec ses 32 temples. La ville est inscrite au patrimoine Mondial de l'UNESCO. Cet endroit a un charme fou! Calme tout en etant anime, raffine sans etre pretentieux, on y trouve plein de choses qui commencent a nous manquer : de la bonne baguette, de delicieux restaurants francais, des journaux et des livres francais!  Apres un diner rapide dans un joli cafe, nous rentrons nous coucher.
Le premier jour, nous partons a la decouverte de la ville. Nous pensions louer une mob mais depuis peu c'est mission impossible. Il est maintenant interdit aux etrangers d'en louer. Raison officiellle : trop d'accidents. Nous penchons pour une autre explication : Lobbying des touk-touks ! Quoiqu'il en soit c'est a pied que nous arpentons le marche et les ruelles. Nous grimpons en fin de journee sur la colline pour voir le That Chomsi, un temple. De l'autre cote, nous visitons une grotte sanctuaire avec une statue de Buddha et nous tombons ensuite nez a nez avec une empreinte de ce dernier...plus grosse que celle du Yeti ! Mais les bobos au Laos n'ont pas peur. Sur le bord du Nam Khan des enfants jouent dans l'eau a se laisser emporter par le courant. D'autres usent la meme technique avec des filets de peche. Une partie de foot s'improvise sur la berge. Nous traversons le petit pont en bambou pour se meler a leurs jeux. Nous faisons un concours de ricochet avec un garconnet qui porte la tristesse sur son visage. Meilleur choix des galets ou meilleur entrainement, il nous bat a plate couture. En haut d'un escalier creuse dans la terre par le passage des habitants, nous accedons a un village. Les enfants nous envoient de l'eau avec leur pistolet tandis qu'un singe domestique repete ses figures de gymnastique. Un moine nous accueille dans son temple. Nous parlons un peu. Il est deja l'heure du massage quotidien.
Le lendemain, apres avoir change d'hotel pour la deuxieme fois en deux jours, nous optons pour l'option velo. La chaleur est etouffante des 10 heures du matin. Nous descendons a l'embarcadere des ferrys dans l'espoir de trouver une bonne ame pour nous faire traverser le fleuve. Un homme oisif accepte. Il charge nos deux velos sur sa longue pirogue plate. Nous donne un siege en bois qu'il a du confectionner lui-meme. L'eau manque de rentrer mais la traversee ne durera pas longtemps. Il nous debarque au milieu d'un champs. Un raidillon en terre nous emmene, velo sur le dos, a un autre escalier. Apres moultes efforts nous sommes au coeur d'un village qui semble s'etre arrete au moyen age. Nous empruntons une route de terre sineuse prenant soin d'eviter les chiens, les poules, les canards et les enfants. Ces derniers nous assaillent en criant "Sabaidiiiiiiiiiiiiiiii" (bonjour). Ayant oublie notre reserve de bics, nous craquons et leur distribuons des chewing-gums.
Nous empruntons des chemins escarpes pour acceder a deux temples perdus dans une vegetation luxuriante, digne d'une jungle! La chaleur est a peine supportable. Heureusement, deux enfants nous emmenent vers une grotte de 55 metres de prfondeur : enfin un peu de fraicheur! Nous descendons des marches abruptes a la lueur de nos torches. Nos petits guides nous indiques tous les tresors de l'endroit:bouddhas en bois, en pierre, sans tete, sans bras, vieux, moins vieux et impressionnants stalactites. Nous retournons ensuite vers "l'embarcadere":notre batelier ne nous a pas attendu...un pecheur affaire a reparer son filet, nous propose de nous raccompagner sur l'autre rive. It is massage time!
Notre troisieme jour commence tres tot : nous sommes dans la rue a 6h10 pour donner l'aumone aux moines, comme le fait tous les jours une grande partie de la population. La brume matinale est tres epaisse. A notre demande, l'hotel a prepare un panier de riz gluant. Nous disposons une natte sur le sol. En signe de respect, nous nous dechaussons, nous nouons une echarpe traditionnelle a la maniere d'un maire et nous nous agenouillons. L'ambiance est sur-realiste. Apres quelques minutes, nous voyons arriver les premiers moines. Ils avancent par groupe de dix environ. Ils nous regardent a peine, soulevent le couvercle de leur boite a offrandes, deja bien remplie, qu'ils portent en bandouliere. Nous leur distribuons du riz encore chaud... le bout de nos doigts s'en souviendront. Il ne faut pas ralentir le rythme, nous preparons donc des boulettes a l'avance entre le passage de deux groupes. Ainsi en une demi-heure nous voyons defiler plus de 200 moines. Le rituel est incroyable. Une fois le distribution terminee, tout le monde se leve et vaque a ses occupations le plus naturellement du monde. Nous nous installons a la terrasse d'un cafe a peine ouvert. Apres avoir pris notre petit-dejeuner, nous changeons d'hotel pour la troisieme fois en trois jours. Nous sautons ensuite dans un tuk-tuk camion direction les chutes d'eau de Kuang Si. La route serpente a travers les rizieres. Au bout d'une heure nous arrivons. Nous avons hate de tester les piscines naturelles. Tellement hate que nous empruntons l'acces goudronne, laissant sur notre droite un sentier de randonnee. Nous arrivons au pied des chutes. Il y a un concours de beaute sur l'air de pic-nic. Sur la droite, un petit pont en bois traverse les chutes puis un sentier monte vers ce que nous esperons etre les fameuses piscines naturelles. Au bout de dix minutes de bonne grimpette, le sentier s'arrete net. Nous rebroussons chemin. Il doit s'agir du chemin qui part vers la gauche. Nous l'empruntons. C'est reparti pour 20 minutes dans la foret. Il fait tres tres chaud, la pente est tres tres raide, nous perdons des litres d'eau.
Encore rate. Nous sommes au dessus des chutes dans un trou d'eau croupie qui est un vivier a moustiques. Nous redescendons et demandons a un guide local. Il fallait prendre le petit chemin de terre. Les piscines sont devant nous dorenavant. L'eau est cristalline. Nous devons cependant nous contenter de les regarder car nous avons fixe une heure de retour avec notre chauffeur de tuk-tuk. Il est presque 15 heures quand nous nous attablons devant un poulet au curry. La fin d'apres-midi sera consacree a la detente.
Le lendemain matin, nous changeons a nouveau d'hotel. Nous sautons dans un tuk-tuk direction l'aeroport. Il s'agit d'un grand jour puisque les parents de Nayla arrivent de Bombay via Bangkok. Les fetes de la nouvelle annee continuant de battre leur plein, nous nous sommes equipes de deux parapluies afin d'eviter les bombes a eau, seaux d'eau et autres pistolets a eau. Les autochtones sont tres joueurs que ce soit entre eux ou avec les touristes. Nous prenons possession de nos chambres et allons dejeuner. Malgre la fatigue des parents bobos, nous prenons un bateau pour retourner sur l'ile d'en face. Apres un massage, nous dinons dans un restaurant francais "l'elephant". Le moelleux au chocolat fait mouche.
Le lendemain, nous reprenons le meme batelier que la veille. Il parle bien francais. Des restes du lycee nous explique t'il. Il est souriant et nous sommes conquis. Nous remontons le mekong a contre courant a bord de son bateau. Le temps s'ecoule lentement, le soleil commence a se faire present. Il nous faudra deux heures pour arriver aux grottes de Pak Ou. Un escalier monte le long de la falaise jusqu'a une premiere grotte. Celle-ci contient une collection de 4000 statues de bouddha de toutes les tailles. Un chemin avec des centaines de marches monte vers une deuxieme grotte, Des enfants, sales et en guenilles, vendent des moineaux dans de petites cages en bambou. La coutume veut qu'une fois arrives en haut du chemin, nous fassions un voeux; pour qu'il se realise, il faut ouvrir la cage et laisser le petit oiseau s'envoler. Nous distribuons des bics aux enfants. C'est l'emeute. Cinq, puis dix puis vingt bambins pleins d'impatience tendent leurs mains pour attraper un bic. Les plus grands portent les plus petits. Il n'y en aura pas assez pour tout le monde. La montee est rendue penible par la chaleur. une femme loue des torches a l'entree de la seconde grotte. Il fait frais et sombre. Une statue de bouddha trone au fond. Nous redescendons. La vue sur le Mekong est magnifique. Nous reprenons le bateau et nous aretons dans un village traditionnel. Des hommes distillent l'alcool de riz dans des alambiques. Leurs etals recelent de bouteilles d'alcool ou serpents et autres scorpions sont prisonniers. Le vendeur nous vante les merites aphrodisiaques de la potion en utilisant des gestes comprehensibles par un mineur mais peu urbains voire classes X. En nous enfoncant dans le village, nous decouvrons un joli temple avec, dans la cour, une petite maison rose bonbon. Le bateau nous attend sur la berge. Il ne nous faudra, dans ce sens, qu'une heure pour rejoindre Luang Prabang. Apres le dejeuner et un massage, il est deja l'heure de rejoindre l'aeroport.

Nous partons le soir meme pour Vientiane, la capitale du Laos. Les turbulences secouent notre ATR 42 a helices. Un taxi anglais nous attend a notre arrivee. Un homme elegant en descend et s'occupe de nos bagages. L'hotel a un charme tres colonial.
Le jour se leve. Nous decouvrons la ville a pieds. Elle ne nous emeut pas. Notre progression est difficile, la temperature avoisinnant les 36 degres des dix heures du matin. Nous partons trouver un peu de fraicheur dans un mall. Nous nous faisons copieusement arroser. L'apres-midi se deroulera au bord de la piscine. Le soir, tous les restaurants sont fermes pour cause de nouvelle annee. Quelle drole d'idee une nouvelle annee qui ne tombe pas un 31 decembre et surtout par cette chaleur. Nous atterissons en fin de compte dans une bakery scandinave et nous nous regalons d'immenses pizzas. Nous finissons la soiree par une partie de bowling. La salle est digne de  celle du jardin d'acclimatation et les locaux sont de redoutables joueurs.

Le reveil est difficile. Le vol pour Pakse est a six heures du matin. A notre arrivee un mini bus nous conduit a un embarcadere, situe a une heure de l'aeroport. Des embarcations en bois dechargent sur une plage de sable brun leurs flots de pietons et de mobylettes. Nous embarquons pour vingt minutes de navigation sur une grande planche de bois entre deux coques; des chaises en osier nous permettent de nous asseoir . L'hotel en bois fait face a une immense plage. Des buffles descendent de la plage pour s'ebrouer dans l'eau. Un motoculteur nous attend et emprunte un chemin de nattes pour gagner la reception. Bienvenue a l'eco-lodge la Folie N. Nous prenons un petit dejeuner. Puis nous nous saisissons de quatre VTT que nous embarquons sur le navire de fortune. Nous gagnons la bourgade de Champassak sur l'autre rive. Une route goudronnee de 8 km doit nous mener au Wat Phou, temple de la periode Khmer (comme les temples d'Angkor) perdu dans la montagne. Les habitants fetent dignement la nouvelle annee. Ils se reunissent au son de mauvaises sonos, boivent de la biere, dansent et jettent de l'eau. Au bout de quelques coups de pedales, nous sommes trempes. La route est bordee de maisons, de temples et de champs. Des femmes recoltent le riz. Leurs tenues colorees se detachent des champs verts. Au bout d'une heure de velo, toujours pas de temple en vue. Il est finalement beaucoup plus loin que prevu, ce qui nous oblige a emprunter au gardien sa mobylette pour aller chercher la maman de Nayla qui a cale a 500 metres de la, lasse de nos promesses. Le temple se repartit sur trois niveaux. Au niveau inferieur des colonnes accueillent le visiteur. Au niveau intermediaire, deux palais en ruine nous permettent d'apprecier toute la finesse de l'architecture khmere. Des marches en pierre conduisent au niveau superieur entre foret et falaise. Un temple abrite une statue de bouddha devant laquelle des pelerins se recueillent et deposent des batonnets d'encens. Le retour se fera en tuk-tuk, les velos sur la galerie. L'apres-midi sera consacree a la sieste et a la piscine.

Le lendemain matin apres le motoculteur et la barque, nous montons dans un minibus direction Don Khong et les 4000 iles. Nous suivons toujours le cours du Mekong, ce fleuve traverse cinq pays. Au bout de deux heures de route, nous mettons pied a terre sur une plage de terre ou sont accostes une vingtaine de bateaux en bois. L'endroit est touristique a en juger le nombre de cars et d'echoppes en bois. Nous embarquons et empruntons un canal. Au bout d'une demi-heure nous arrivons a Don Det qui fait face a Don Khon. Une rue en terre traverse un village sans ame. Des restes du passe colonial francais de l'ile sont encore visibles : des maisons en ruines, un pont et une ligne de chemin de fer. Cette derniere etait utilisee pour transporter les marchandises en provenance du cambodge qui etaient dechargees en amont des chutes afin de les recharger ensuite sur d'autres navires. Elles pouvaient ainsi poursuivre leur trajet sur le Mekong vers la Chine. En allant decouvrir les fameuses chutes, l'idee germe de ne passer qu'une journee a visiter les iles. Un avion semble partir le lendemain matin de Pakse. Nous ecourtons un peu la visite et remontons dans la barque. Une multitude de canaux serpentent entre les iles. Des enfants relevent avec agilite leurs lignes de peche en attrapant la bouteille en plastique flottant a la surface. Il faudra plus de trois heures a contre courant et en suivant le chenal materialise par des bornes de beton rouges et blanches pour arriver a Don Khong. Puis deux autres heures de bus pour rejoindre Pakse. Sur la route des buffles profitent de mares de boue pour se rafraichir. On dirait des jacuzi nature et decouverte. L'hotel est glauque et le diner fade. A cinq heures du matin, un tuk tuk nous attend direction l'aeroport. Nous parvenons a changer nos billets et a embarquer direction Siem reap au Cambodge.

par Les bobos voyageurs
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Dimanche 6 avril 2008

Apres plus d'une semaine passee a Chiang Mai, nous decidons de fuir la pollution et la chaleur. Nous partons vers Pai, petit village de 3000 habitants, situe a 4 heures de bus au nord ouest de Chiang Mai. Nous y restons 2 jours et nous balladons en mob a travers les montagnes et les rizieres. Le village est une retraite hippie. L'ambiance est tres zen.

Nous regagnons ensuite Chiang Mai, nous y passons une journee avant de partir vers Chiang Rai. Chiang Rai se situe a 4 heures de bus de Chiang Mai... ou a 40 minutes d'avion. Bon bobos que nous sommes, nous penchons vers la solution aerienne : une promo aura raison de nos derniers scrupules. Nous embarquons donc au premier rang d'un minuscule coucou de 10 places. Apres avoir consulte pendant trois plombes sa feuille de route, le pilote fait decoller son engin, puis au beau milieu de la montee nous entendons un horrible biiiiip et la, tous les ecrans de controle s'eteignent. Le pilote et le co-pilote sont etrangement zens, nous pas du tout! C'est promis, si nous en rechappons, nous deviendrons de vrais routards et prendrons le bus comme tout le monde! Nous atterrissons finalement apres avoir survole de magnifiques paysages.
Chiang Rai presente peu d'interet mais c'est une halte necessaire pour se rendre au Laos. Nous y passons une journee et decidons de partir plus tot que prevu vers notre prochaine destination.

 

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Samedi 5 avril 2008
Nay-006.jpgApres Yangon et une pause de quelques heures a Bangkok, nous rejoignons Chiang-Mai. Cette ville situee au nord de la Thailande est le paradis des voyageurs. A tous les coins de rue et pour quelques bahts, nous trouvons des centres de massages, des scoots (il y en a meme un Hello Kitty tout rose) a louer, des laveries, des echoppes de nouilles trop bonnes, des ecoles de cuisines, des cours de yoga et des guest houses accueillantes. Tout cela nous donne envie de poser nos sacs quelques jours...
Nous avons deja nos petites habitudes. Notre journee debute par un petit dej healthy au bar du Juicy 4 U, petit cafe bio colore tout en bois. Le patron, en fonction de l'etat de sante du client, determine la composition de son cocktail de fruits. Il sert aussi du jus de wheatgrass, plus connu chez Cojean sous le nom de jus d'herbe! C'est notre cafe bobo de Chiang Mai.
Une fois notre petit dejeuner avale, nous nous rendons a notre cours de Yoga chez Namo. Le prof russe est trop bo. Il a une voix suave. Rom l'appelle popeye parce que :
1- La semaine derniere, nous nous sommes poiles devant Les Bronzes et Les Bonzes font du ski qui passaient en boucle sur TV5.
2- Rom est persuade que le prof, a l'instar de Thierry Lhermite, se tape tout Chiang Mai. Il faut dire qu'un nombre incroyable de nanas defilent dans ce joli centre de yoga et que nous en avons deja vu une ce matin, lui proposer un petit diner...
Oui Elo, Rom est un peu jaloux ;-) Moins depuis que je sais que le prof a une copine made in USA.
Quoiqu'il en soit, nous adorons son cours.
Apres une bonne douche, nous dejeunons un plat de nouilles dans la rue. La chaleur a cette heure-ci est limite tenable et nous conduit souvent a la micro sieste.
L'apres-midi est consacre a la decouverte de la ville, qui compte egalement une multitude de temples et de marches. La journee se termine entre les mains expertes des masseuses thai.
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Vendredi 4 avril 2008

nay.jpgNous arrivons a Yangon, capitale du Myanmar. La navette de l'hotel nous a oublie, nous prenons un taxi : une toyota hors d'age et limite hors d'usage. Ils sont tous comme ca, de toute maniere! Le chauffeur, souriant, nous indique les points d'interet de la ville. Nous arrivons dans notre bel hotel, au bord du Lac Kandawgyi. Notre chambre donne sur une longue passerelle en bois qui enjambe le lac. Apres une courte pause dans une salle internet pour lancer le telechargement de nos photos sur le blog, nous dejeunons dans un resto thai desert. Nous retournons ensuite a notre internet pour nous rendre compte que le telechargement a ete interrompu : la gentillesse des birmans frole l'ingerence. Le jeune responsable a pris l'initiative de reduire la taille des photos. Resultat : aucune photo n'a ete telechargee car une fois la taille reduite, une coupure d'electricite nous stoppe dans notre elan. C'est courant les coupures d'electricite ;-) Fatigues, nous filons a l'hotel pour une apres-midi dans les bras de Morphee. Nous dinons dans un resto chinois qui a dresse quelques tables en plastique sur le trottoir d'une avenue passante.

Le petit dej nous reconcilie avec la vie... provisoirement! A vouloir faire des economies, nous declinons l'offre du taxi hele par le concierge de l'hotel et qui refuse de negocier le prix de la course. Nous avons repere des taxis en face de l'hotel : nous en sommes certains, le prix sera meilleur! En fait pas du tout, non seulement le chauffeur ne visualise pas notre destination mais en plus le prix est le meme. C'est le moment que choisit un pigeon pour nous chier dessus (c'est le jour que Nayla a choisi pour mettre son pantalon blanc made in India : intuition feminine quand tu nous tiens!). Retour a la case hotel. Nous nous faisons une promesse : arreter de nous compliquer la vie pour 0.5$.
Nous partons vers le centre ville pour deposer du tissu a un tailleur qui doit confectionner de jolis chemisiers a partir d'un modele tres parisien. Il occupe le premier etage d'un peti batiment Les femmes cousent assises en tailleur ;-) au milieu de chutes de tissus et de vielles Singer noires. Des souvenirs de famille nous reviennent. Nous dejeunons des mauvaises brochettes dans un pseudo restaurant coreen.
Nous consacrons l'apres midi a la visite du monument emblematique de la ville : la Paya Shwedagon. Cette pagode en forme de cloche est surmonte d'un stupa dore qui culmine a 98 metres. C'est un peu leur Tour Eiffel a eux en beaucoup plus vieille puisque les archeologues estiment qu'elle remonte a la periode Mon, entre le VIe et le Xe siecle. De nombreux edifices entourent ce monument. Ce sanctuaire bouddhique est tres frequente par les moines, les nonnes et les pelerins. La lumiere et le silence invitent a la meditation. Un ballet de balais nettoyant l'esplanade offre un joli spectacle.
Une terrible envie de pizza nous conduit dans un joli jardin au bord du Lac Inya.

La matinee de notre troisieme jour est tranquille. Pour le dejeuner, nous nous arretons dans un noodle shop bof bof. Nous rejoignons ensuite le quartier du tailleur et deambulons dans les ruelles du scott market avant de visiter la Paya Sule. Il est cocasse de voir une pagode vieille de 2000 ans cernee de batiments administratifs et de commerces faire office de rond-point. C'est un peu leur Arc de Triomphe a eux. Nos flaneries nous menent au bord du fleuve. Des hommes jouent a se faire des passes avec un ballon en osier; leur danse pleine d'adresse nous fascine. Des bateau bus attendent d'etre pleins pour reconduire les travailleurs chez eux. Une nouvelle envie de pizza. A l'hotel, un billet doux a ete glisse sous notre porte : demain, notre avion est encore plus tot que ce que nous pensions : decollage a 6h30.


Nous arrivons a Bagan, zone archeologique de 42 km2. Il s'agit d'une plaine arride dans laquelle furent eriges plus de 4000 temples entre le XIe et le XIIIe siecle. Plus de 3000 sont encore debout aujourd'hui. Cet endroit magique se visite surtout en carriole a cheval ou a velo.
La carriole numero 178 nous emmene sur des chemins de terre a la decouverte des principaux temples. Nous sommes seuls. Nous visitons ces merveilles architecturales, parfois guides par le maitre des cles.  L'un d'eux, un jeune homme simplememt vetu d'un sarong, est fier de nous conduire a travers un dedalle de couloirs et d'escaliers sombres jusqu'a la terrasse principale. Il nous faut nous plier.  Le spectacle de la haut est a couper le souffle. Le jeune homme, pour nous impressionner, grimpe pieds nus au sommet du temple. Dans une autre pagode, nous prenons le temps d'admirer les peintures murales representant Buddha. Des enfants, voulant nous vendre quelques souvenirs "pas chers" nous suivent et commentent les statues de Buddha. Une petite fille nous dit qu'elle va nous montrer la statue du petit Buddha qui dort. Au detour d'un couloir et alors qu'elle apercoit un autoctone endormi, elle s'ecrie malicieuse : "petit buddha qui dort"! La statue est autrement plus belle. Nous remontons en cariole direction le fleuve Ayeyarwady. Nous embarquons sur un "long boat" pour nous impregner de la vie du fleuve et approcher ces villages de pecheurs dissemines sur quelques bancs de sable. La misere est palpable. Des enfants caches derriere des filets de peche nous crient des "hello", comme inconscients de la vie qui se joue ici.  Des barges passent a un rythme peu soutenu. Deux hommes postes a l'avant sondent a l'aide de tiges de bambous peintes en rouge et blanc la profondeur du fleuve. Quelques petites navettes en bois dans lesquelles s'entassent moines et velos font la liaison entre les deux berges. Le temps parait s'etre arrete a Bagan.

Le lendemain nous avons prevu d'aller au mont Popa a une cinquantaine de kilometres de Bagan. Nous nous sommes entendus avec un homme poste avec sa petite voiture pick up bleue devant le porche de l'hotel pour un depart a 9 heures. Quand nous sortons de l'hotel c'est comme si tout les habitants du village que nous avions croises la veille s'etaient donnes rendez-vous pour nous saluer et nous proposer leurs services. Nous sommes en famille. L'homme a la voiture est venu avec son neveu, un "good driver". Ce n'est pas en lui que nous n'avons pas confiance mais en sa voiture Playmobile. Une Mazda, modele inconnu. Les deux hommes prennent place sur des sieges en bois a l'avant de la voiture tandis que nous nous faisons face a l'arriere dans des conditions similaires. Nos jambes se touchent. Le voyage promet d'etre epique. La voiture petarade et file a 40km/h. Nous pensons que son moteur ne tiendra jamais, surtout lorsque nous finissons par aborder en premiere des lacets de montagne. A moins que ce ne soient les roues vu l'etat des routes. Petite frayeur en haut d'une cote. Ce n'est finalement qu'un changement de bidon d'essence dans lequel le conducteur replonge sans tarder un tuyau transparent. Des jeunes passant dans un taxi collectif plus rapide nous jettent de l'eau, pour rire. Au bout de deux heures, nous arrivons incredules au mont Popa qui domine la plaine de Myingyan du haut de ses 737 metres. Au sommet se niche une pagode. Nous grimpons marche par marche entre les vendeurs ambulants. Des singes s'amusent sur les marches. Parfois a faire peur aux touristes et pelerins en tentant de leur chipper une casquette ou une bouteille d'eau. Le temple n'est finalement pas ce que nous pouvons appeler une prouesse architecturale. La vue est certes belle. Pour quelques dollars et moyenant un don, une plaque avec le nom et la ville du donateur peut etre apposee devant un autel. Nous trouvons l'idee drole. Nous recroisons le groupe de jeunes qui nous avaient lance de l'eau. Ils nous demandent de prendre des photos avec eux. Nous les sermonons un peu et refusons. Deux allemands se joignent a l'explication et nous echangeons quelques informations sur le voyage. Nous nous quittons presque amis. Notre chauffeur nous attend. Au bout de quelques kilometres, il nous fait le coup de la panne. La vraie. Boite sequentielle a 6 rapports cassee. Il souleve le tapis plastique sous ses pieds. Deux tiges disjointes, cela ne semble pas de bonne augure. Sans manifester la moindre emotion, il ouvre le capot et reste evasif. Parcourt une dizaine de metres sur la route en se frottant la tete, tente de chercher de l'aide. Revient. Nous ne parvenons pas a nous comprendre. Il arrete une voiture et grifone sur un mot sur un vieux papier journal qu'il tend au chauffeur. Nous attendons sous un soleil de plomb. Nous decidons finalement de laisser l'homme a sa mecanique et arretons les rares voitures qui passent. Soudain, une Jeep verte surgit avec les deux allemands. Nos cris les arretent. Ils acceptent de nous reconduire a Bagan. Sauves. Nous laissons tomber comme une vieille chaussette notre chauffeur et un celui d'un mini van qui etait venu nous depanner. La jeep fend l'air. Un temps nous avions renonces au confort bobo, ca nous apprendra! L'apres-midi est plus sereine et c'est a velo que nous repartons sur les chemins de terre decouvrir d'autre temples. La lumiere est belle, nous sommes encore seuls. Nous escaladons un temple pour admirer le coucher de soleil sur la plaine. Le vol du lendemain est a 7 heures.


Nous nous posons au Mandalay International Airport. Ils sont tous "internationaux" meme si aucun avion etranger ne s'est jamais pose et que les seules liaisons possibles sont Yangon-Bagan-Heho-Mandalay. En boucle matin et soir.
Le receptioniste de l'hotel de Yangon qui y etait ne et y avait fait ses etudes de francais, nous avait prevenus : "Hot Mandalay, Hot". Pas au sens du lapin Playboy. A Mandalay il fait chaud, tres chaud, trop chaud. Notre premiere journee est consacree a la visite du Palais Royal, enfin plutot de sa pale reproduction puisque le palais d'origine a ete detruit lors de la guerre en 1945. Cet edifice se trouve a l'interieur de murailles de 8 metres de haut bordees de douves. Un sentiment de tristesse s'empare de nous a la vue de ce lieu dorenavant sans ame. Nous comprenons vite que marcher est penible, que trouver un cyclopousse ou un taxi releve de l'exploit apres une certaine heure et que le personnel de l'hotel, apres nous avoir pose 30 questions sur nos intentions, en trouve moyenant commission. Pour etre libres, une mobylette s'impose. Nous en demandons une a l'hotel mais tout est si complique que nous decidons de la trouver nous-meme. Nous avons une piste dans la rue du Nylon ice cream bar. 

Le lendemain matin nous helons un cyclopousse. Un vieux monsieur charmant nous fait monter dos a dos sur son engin. Nous avons peine a le laisser pedaler sous cette chaleur. Lui est content. Il semble cultive et en connait un rayon sur les pays etrangers alors qu'il nous avoue ne jamais etre sorti du Myanmar. Quelques birmans parviennent illegalement en Thailande. Guere plus loin. La mobylette louee, nous nous laissons avaler dans le flot de la circulation direction le monastere de Kyaunng Shwe in Bin. Il est installe au bord d'une petite riviere traversee par un vieux pont en bois. Nous sommes dans le quartier des moines. Nous surprenons deux d'entre eux en train de lire un journal de foot. Un autre indique son chemin a une vendeuse de balais. En passant devant le monastere Kyaung Mae Soe Yein Nu, plus en retrait de la riviere, un jeune moine nous interpelle de loin. Il semble desireux de communiquer avec nous. Nous passons la grille d'entree, enlevons nos chaussures et le rejoignons. Des vieux batiments donnent sur une cour. Nous sommes dans une ecole. Il nous invite a nous assoir sur des planches de bois surelevees, sous un abri. Une dizaine de moines se rapprochent. Leur premiere question porte sur la difference entre nos deux pays. Puis les questions s'enchainent. Nos echanges durent deux heures. Le moment est unique, mais nous devons les quitter. Nous revenons vers le palais et nous lancons a l'assaut des 230 metres de la colline de Mandalay. La mobylette peine, obligeant diabolo a descendre et satanas a tourner a bloc la poignee de gaz. Le sanctuaire ne retient notre attention que quelques dizaine de minutes. Au pied de la colline, nous faisons une halte a la Paya Kuthodaw entouree de 729 steles de marbres installees chacune dans un petit stupa. Elles sont la gravure des 15 livres du Tripitaka. On estime qu'a raison de 8 heures par jour, il faudrait 450 jours a une personne pour en lire la totalite. Ces domes blancs dans la lumiere donnent un sentimement de quietude. Nous croisons de jeunes nones de six voire sept an au detour d'un chemin, toute de rose vetues. Elles transportent les ordures menageres dans un panier d'osier. Nous rentrons a l'hotel. Le personnel a l'entree nous prend manifestement pour des fous, avec une pointe d'admiration.

Le lendemain nous decidons d'aller a 12km de Mandalay, a Amarapura. Le pricipal centre d'interet de cette bourgade est le pont U-Bein, passerelle en teck de 1,2km construite dans les annees 1830. La route est encombree et les indications rares. Un homme en scooter, a qui nous demandons notre chemin, nous indique de le suivre. Il semble aller au meme endroit que nous. Dans Amarapura, face a une station de train que nous souhaitons photographier, nous lui faisons un signe de la main pour le remercier. Il est distant de 50 metres. Il continue a faire des signes. Je gare la mobylette pendant que Nayla se prepare a photographier la scene. Des hommes chargent des sacs de charbon. L'homme fait demi-tour et file vers Nayla. Il est bien habille, petite chemise bleue qui pourrait faire penser a un fonctionnaire. Il se plante devant elle et lui dit calmement : "U-Bein bridge, this way". Nous pensons aussitot que ces ouvriers effectuent un travail force qu'il est interdit de photographier. Et puis les questions nous assaillent : qui est-il? nous suivait-il ? Bizarre. Le pont est majesteux avec ses longues jambes en bois. Nous le parcourons croisant vendeurs ambulants, moines, bicyclette, femmes revenant des champs et groupe de Pintades. Une Pintade c'est un ou une touriste voyageant en bus climatise. Une fois sur l'autre berge, nous effectuons la traversee inverse  en bateau. Il fait tres chaud et nous avons faim. Trouver de l'essence pour la mob s'avere complique. Nous retournons a Mandalay a la recherche d'une piscine laissant la visite des cites anciennes pour un autre voyage ! La piscine municipale nous coute 100 kyats. Le bassin est plein a craquer. L'eau est surtout jaunatre. Nous tournons les talons. L'hotel de luxe voisin a lui aussi une piscine. A 7 dollars l'entree, nous faisons de meme. Nous retournons a la Paya Kuthodaw pour la photographier au soleil couchant. Un moine novice revise, carnet rouge a la main. Nous engageons la discussion. Il a fait des etudes pour devenir avocat. Mais il hesite a devenir moine. Il est erudit pour son age. Lui aussi souhaite connaitre les moeurs de notre pays. Ses mots contre le pouvoir en place au Myanmar sont durs mais ne sont que la realite de ce que nous avons ressenti.


Le vol du lendemain nous emmene a Heho, porte d'acces au Lac Inle. L'aeroport de campagne voit se poser le vol Air Bagan W009. Nous partageons un Taxi avec un bresilien et une francaise installes a Bali. Nous partageons nos sentiments sur le pays. Apres une heure de route, 12 dollars de taxi et 6 de droit d'entree au site, nous sommes a Nyaungshwe. Nous finissions le trajet en long boat. Il emprunte des canaux sur lesquels nous croisons de freles barques qui se frayent un passage au milieu des jacinthes. Des maisons sur pilotis se dressent dans ce paysage, eparses. Au bout du canal, nous arrivons sur le lac (22km de long et 11km de large). Malgre le bruit du moteur, le calme est palpable. Des pecheurs lancent leurs nasses en osiers. Ils rament pour se deplacer en se tenant debout a l'arriere de leur barque sur une jambe, l'autre enserrant une pagaie. D'autres habitants recoltent des algues qui serviront d'engrais a leurs cultures de tomates ou de riz. Le lac est le poumon des 17 villages qui le bordent. L'hotel est immense mais vide. Notre petit bungalow sur pilotis a une vue sur tout le lac. Nous marchons sur une route defoncee vers le village de Kaung Daing. Nous sommes au coeur de la campagne profonde. Cinq tables, une pub sexy pour de la biere, trois autochtones regardant dans le vide, un wok geant rempli d'huile au dessus d'un feu et une patronne de 1m 60 avec des cheveux de 1m20, il nous en fallait pas plus pour nous attabler pour le dejeuner. Les nouilles sautees nous ravissent. Apres avoir trouve un bateau pour le lendemain pour parcourir le lac et apprehender ses richesses, nous partons faire une longue marche direction les sources chaudes. Encore un fol espoir de baignade. Apres 1h30 de marche, nous apercevons un complexe qui a du etre moderne le jour de sa construction. Nous nous offrons une grimpette jusqu'a un sanctuaire. De jeunes femmes s'occupent de fleurir les differents autels. La vue est belle. D'un cote le lac, de l'autre des montagnes. Nous rentrons a l'hotel poser nos affaires et faire un petit break. Nous decidons pour le diner de repartir vers le village situe a 20 minutes de marche de l'hotel. La nuit est tombee. Nous demandons a la reception de nous louer des velos. Trop cher et trop complique. Nous sortons de l'hotel et tombons nez a nez avec un local qui nous propose de nous louer des velos. Nous dinons a cote d'une table de jeunes passablement emeches au Royal whisky. Que faire d'autre dans ce village que de boire apres tout. D'autres jeunes sont attables dans une echoppe voisine ou la tele crie a tue tete. Nous rentrons sans encombre. Le loueur a qui nous demandons s'il vend des bananes nous offre un regiment de son jardin. C'est jamais mauvais une banane !

Le lendemain, nous partons en long boat a la decouverte de la vie du lac. Les pecheurs sont aussi fascinants que la veille. Notre guide nous conduit dans differents villages sur pilotis. Ainsi nous decouvrons l'artisanat local : tissage, bijoux, ombrelles. Un autre temps. Nous visitons la paya Phaung Daw Oo, site religieux le plus sacre de l'etat Shan. A cote du temple, des embarcations richement decorees avec deux canards geants en or en guise de proue sont entreposees.  Elles servent aux processions au cours desquelles 4 statues du temple effectuent un voyage annuel sur le lac. Apres le dejeuner, nous nous rendons a Ywama connu pour son marche flottant. Mais nous attendons avec impatience la visite du Nga Hpe Chaung, le monastere des chats sauteurs... La lumiere sur le lac se fait douce. Il est temps de rentrer. Nous rejoignons la famille du loueur de barque dans la maison en bois. Ils nous invitent a prendre le the. Nous parlons un peu. Puis notre soiree se deroule de la meme maniere que le jour precedent.

Le taxi nous attend. Il est encore tot. Nous prenons un vol de retour vers Yangon. La navette de l'hotel nous a oublie a son habitude. Tant pis nous sommes rodes maintenant. Il nous reste deux jours et nous nous debrouillons pour trouver des activites pour passer le temps. La balade sur le pont en bois du lac kandawgi au coucher du soleil vient clore notre escapade birmane.

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Samedi 29 mars 2008

 

Dans l'avion qui nous menait au Myanmar, nous avons commence a la lecture du guide a nous faire une idee plus precise de ce qui nous attendait, meme si nous avions connaissance de la situation politique et de l'appel fait aux touristes a boycotter le pays.

Le pays est gouverne depuis 1962 par une junte militaire qui refuse de ceder le pouvoir a la Ligue Nationale pour la Democratie malgre sa large victoire aux elections organisees en 1990 face a la pression internationale. En 1996, le pouvoir aurait fait appel au travail force pour la construction d'infrastructures en vue de developper le tourisme. La junte gere des hotels gouvernementaux dont la manne financiere lui revient directement. Le pouvoir surveille et controle les medias et les telecommunications, interdisant l'utilisation de certaines messageries mail. Du fait de  cette situation, les compagnies et banques internationales ont delaisse le pays. Le tourisme est reduit a sa plus simple expression.

Les evenements dramatiques qui secouerent le pays en septembre 2007, d'ailleurs largement mediatises en europe, ne font que confirmer les tensions politiques qui regnent dans ce pays. Le pouvoir avait a cette date reprime par la force, dans le feu et le sang, le mouvement de protestation lance par les moines bouddhistes. Un journaliste japonais y avait perdu la vie, abattu en exercant son metier.

Lors de notre sejour, nous avons ressenti comme une privation de liberte qui s'est manifestee par la difficulte voire l'impossibilite de faire ce que l'on voulait quand on voulait. Les situations ci-apres en sont les illustrations les plus flagrantes. De plus tout ce qui paraissait simple dans les pays voisins, meme en Inde, etait en fait si complique. L'enfermement de la population, ses sourires tristes, son impuissance et sa gentillesse maladroite, n'ont fait qu'exacerber ce sentiment. Ce manque de liberte nous a profondement marque. C'etait la premiere fois que nous etions confrontes a cela.

Dans ce pays, le dollar est roi. Tout ce qui est chic et cher se paye en dollars. Le reste se paye en monnaie locale...mais pour se procurer de la monnaie locale, pas question de se pointer avec sa CB devant un distributeur automatique : le pays en compte 0! La encore, il faut des dollars. Pour avoir un taux de change correct, il faut avoir recours au marche noir. Illegal mais pas reprimende. Il "suffit" de marcher dans la rue, de tendre l'oreille, de negocier le taux de change, de suivre un intermediaire, de s'assoir dans une officine sombre ou un homme arrive avec des liasses de billets entourees d'un elastique ( 1 dollar = 1000 kyats), de compter, de verifier l'etat des billets et de tendre les coupures en dollars. Les dollars plies, abimes, ou dont le numero de serie commence par FC ne sont pas acceptes!  Peur de la fausse monnaie!
Nous nous sommes sentis dependants d'un systeme qui nous echappait voire qui nous prenait en otage.

Quelques salles internet proposent un acces. Il faut bien sur arriver lorsqu'il n'y a pas de coupure de courant ou etre avises que l'ordinateur peut s'eteindre a tout moment. La connexion est lente. Elle est surtout impossible vers certaines messageries genre hotmail. Le gouvernement controlant les systemes de communications, il faut passer par des serveurs detournes. Celui qu'utilisait le jeune homme responsable du cafe internet etait denomme "freedom". Le nom est evocateur de la situation. Mais cela ne marche pas systematiquement : hotmail.com n'a jamais pu etre consulte, hotmail.fr deux fois apres des dizaines de manipulations et une heure d'attente avant d'obtenir la connexion.
Sans internet pas d'ouverture sur le monde et impossible d'organiser son voyage sur place.

L'impression d'etre surveille etait presente tout au long de la journee. Tout le monde a l'air de vous avoir croise dans la journee, de savoir ou vous avez dormi, ou vous avez dejeune, ce que vous avez visiste.  Tout le monde, du simple chauffeur de cyclopousse au restaurateur, vous demande ou vous allez, d'ou vous venez, ce que vous faites. Volonte de s'ouvrir et de savoir? Surveillance? Nous ne le saurons jamais. Dans un des hotels, un membre du personnel rentrait dans notre chambre systematiquement des que nous la quittions, les objets changeaient de place. Comme si notre vie etait passee au peigne fin.
Un couple, rencontre au Lac Inle, nous disait que certaines zones etaient interdites aux etrangers et qu'un soir, alors qu'ils souhaitaient dormir dans une pension de village, ils avaient ete conduits poliment mais fermement dans une zone reservee aux touristes.

Difficile de profiter sereinement de la beaute d'un pays dans ces conditions meme si tout est fait pour seduire le touriste. 

Nous nous sommes sentis  a la fois relativement libres de mouvement et totalement prives de liberte.

La population,elle, est juste privee de liberte.

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Samedi 29 mars 2008

Il est un monastere a la reputation un peu etrange installe sur des pilotis au milieu du Lac Inle. La monastere Kyaung Nga Hpe, autrement appele monastere des chats sauteurs (Jumping cats monastry!). Le nom nous fait poiler. Les moines bouddhistes partagent leur temps entre meditation et dressage des chats. Ils leur ont appris a sauter a travers des petits cerceaux. Tout un programme !

Quand nous penetrons a l'interieur du temple, il y a effectivement un moine priant assis sur une petite estrade. Un peu trop les yeux dans le vague pour etre honnete! Devant lui il y a effectivement un gros chat dormant du sommeil du juste sur un lino fleuri. Nous voulons absolument voir les prouesses de ce chat. Nous pensons qu'il y a des seances regulieres ou qu'il suffit de demander au moine de le faire sauter pour nous. Nous nous approchons de lui et les mains jointes nous lui demandons de bien vouloir faire jumper sa bete de concours. Il nous repond d'un air peu convaincant que les chats du monastere sont gravement malades et, que celui qui reste etendu devant nous n'est pas au mieux de sa forme. Nous avons une mauvaise pensee. Nous nous disons surtout que le moine est faux-cul, qu'il en a marre de faire le clown et que son gros matou est totalement lazy. Lazy Cat! 

Il va bien finir par sauter. Nous tapotons sur le sol devant lui en essayant d'imiter un dresseur. Le chat ne bouge pas. Nous mettons un billet dans la caisse a offrande en prenant bien soin de se faire voir par le moine. Rien! Le moine nous regarde compatissant. Nous lui demandons s'il les a montres a un veterinaire, histoire de bien lui fait comprendre que sa version des faits nous semble farfelue. Rien !

Nous decidons de nous assoir sur le sol et d'attendre. Il va bien finir par se produire quelque chose. Surtout qu'un groupe de japonnais, venu pour la meme chose que nous, vient s'assoir a quelques metres. Se preparant pour le spectacle, ils font passer une corbeille dans laquelle chacun met des billets en guise d'offrandes. A la vue de cet argent nous nous disons que le moine ne va pas pouvoir refuser plus longtemps de debuter son spectacle. Un japonnais rampe a genoux jusqu'au moine pour lui apporter les offrandes. Le moine devient rouge et gene. Est-ce a cause de notre presence et du refus qu'il nous a oppose alors qu'il s'apprete a faire le show pour plus d'argent ?

En fait le moine explique au groupe d'une voix calme que les chats sont gravement malades : douleur d'estomac, peu d'appetit et fatigues. Il parle d'epidemie dans les villages voisins, de causes etranges et de cas mortels. Nous sommes embetes pour lui. Nous nous en voulons un pour nos mauvaises pensees.

Le groupe s'en va.

Nous prenons la photo du chat survivant et la photo de la photo du chat sauteur au temps de sa gloire. Juste pour le plaisir de vous conter cette histoire.

 

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Dimanche 23 mars 2008

Nayla.jpgStop de deux jours entre Inde et Myanmar.

Modernite et proprete regnent dans l'aeroport. Le guichet taxis est d'une organisation sans faille. Cela n'empeche pas notre chauffeur de se perdre dans les dedales de ruelles. La communication est difficile tant son anglais est proche du thai. Quelques coursiers, affales devant leur boutique, finissent par nous remettre sur le chemin. L'hotel est situe au bord du fleuve Chao Phraya. De la, partent des dizaines de ruelles qui nous menent a un marche. Pause manucure dans un salon de coiffure d'un autre temps. Puis de l'embarcadere Tha Wang Lang, nous sautons dans un bateau bus direction Tha Oriental. Le bateau est bonde. Sur le cote droit, un emplacement est reserve aux moines. Nous descendons le fleuve au rythme des arrets reguliers a des pontons de bois et de fer. Un jeune homme, a l'arriere, guide les manoeuvres a coup de sifflet. Le trafic est intense entre les bateau taxis et les barges regorgeant de marchandise tractees par de bruyantes petites embarcations. Notre stop est en vue. Nous sommes en quete du fameux massage thailandais. Nous deambulons dans les rues lorsque nous sommes abordes par un vieil homme qui nous inspire confiance. La discussion s'engage sur les curiosites du quartier. Nous lui soumettons alors notre recherche. Sans tarder, il hele un rickshaw et lui indique l'adresse d'un centre tout en nous garantissant bienfaits et bonheur. L'etablissement est sans charme mais une armee de masseuses est prete a oeuvrer. Cependant le tarif, incluant certainement les commissions du vieil homme jovial et du chauffeur, nous fait faire demi-tour. Comme le lonely le dit si bien : "dans cette ville survoltee, si quelqu'un vous adresse la parole, c'est qu'il en a apres votre argent".
La mission du jour 2 est d'administrer a Romain sa 3eme et derniere injection contre l'hepatite B. La chose semble aisee : notre hotel se situe a un bloc d'un hopital public borde d'une vingtaine de pharmacies. Le precieux serum est vite achete. Ne reste plus qu'a trouver le medecin. Nous entrons dans l'hopital. Il ressemble a la Gare Montaprnasse un jour de grand depart. Nous poussons porte sur porte et tombons nez a nez avec toutes sortes de curieuses et inquietantes pathologies. Au bout d'une demi heure, nous sommes finalement orientes vers le 4eme etage, bureau 404, centre des vaccinations. Il faut d'abord s'enregistrer au bureau 101, 1er etage! Nous faisons craquer l'infirmiere avec notre air perdu et depasse. Pour nous, elle accelere la procedure : un formulaire et une photo plus tard et nous voici en possession de la carte de membre de l'hopital. Nous remontons au bureau 404, maintenant ferme pour la pause dejeuner. A sa reouverture, une infirmiere bien rodee administre le vaccin en deux temps trois mouvement : meme pas mal! La pluie salue notre sortie. 
Nous sautons dans le bateau direction Tha Chang. L'embarcadere donne sur une place. Des parasols abritent une quinzaine de restaurants de rue. Nous avalons un riz saute et des nouilles sur une petite table en plastique. Nous attaquons ensuite la visite du Wat Phra Kaew, temple du bouddha d'emeraude et du Grand Palais, ancienne residence royale. Nous enchainons la visite du Wat Pho, temple qui possede le plus grand bouddha couche de la Thailande : 46 metres de long et 15 metres de haut! Nous jetons des pieces dans une centaine de pots de cuivre, ceci est cense nous porter bonheur. Nous sautons ensuite dans un rickshaw direction le Mahboonkrong dit MBK (c'est quand meme plus simple). Le MBK c'est un centre commercial avec une 4 etages de boutiques " normales" et un etage de petits stands avec du kitsch et surtout du fake. Il est deja 8 heures. Retour a l'hotel en rickshaw. Le chauffeur est un pilote qui fait gronder son moteur a chaque feu. Nous avons l'impession d'etre dans un jeu video. Il faut dire que son engin n'est en rien comparable aux petrolettes de l'Inde. Ici on a affaire a du dragster! 
Petit diner romantique au bord du fleuve. Nuit courte... notre avion est a 6 heures du mat et l'aeroport a une heure de notre hotel.

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Samedi 22 mars 2008

nayla.jpgNotre voyage en Inde commence de facon tres bobo puisque l'avion qui doit nous emmener d'Abu Dhabi a Delhi est plein : nous voyageons donc en business!

L'arrivée a Delhi est beaucoup plus hard! Nous avons beau etre prévenus, nous prenons la mesure de tout ce que nous avons pu entendre ou lire sur l'Inde : saleté, pauvreté, densité de la population! La ville ne nous séduit pas.
Apres la visite du Red Fort avec son ambiance paisible, de la mosquée ou nous devons payer sous pretexte que nous avons un appareil photo, des bazars bruyants et surpeuplés de la vieille ville, nous décidons de sauter dans un train pour Varanasi.
Nous passons donc notre deuxieme nuit en Inde dans un train...de luxe!

Apres 13 heures de voyage, nous arrivons a Varanasi, cité de Shiva, ville sainte au bord du Gange. Nous sommes fascinés par cet endroit qui, malgré une activité débordante est emprunte d'une incroyable spiritualité. Nous passons notre temps a nous promener sur les Ghats, succession de marches a ablution descendant jusqu'au fleuve; la plupart servent la vie quotidienne des habitants et des vaches : bain et lessive, les autres le Sacre : prieres et crémations. Nous nous sentons bien dans cette ville : nous nous balladons en cyclo pousse  et prenons nos quartiers dans un coffee shop végétarien et associatif : 'bread of life bakery". Dans cette ville ou l'alcool est prohibé, Romain a de la chance : notre coffee shop en sert a condition que la lumiere soit eteinte et que le verre soit entouré de sopalin!
Nous repartons apres 3 jours extremement appaisants et apres une merveilleuse rencontre avec Baboul.

Nous prenons le train de nuit vers Agra ou nous avons decide de nous arreter seulement quelques heures : le temps d'admirer le Taj Mahal. Nous sommes censes arriver a 6h ce qui doit nous permettre de vivre le sunrise sur le Taj. Nos 6 heures de retard (en plus des 12 heures de voyage dans des couchettes pourries) nous obligeront a admirer le palais de marbre blanc sous le soleil de midi! L'endroit n'en demeure pas moins magnifique.

Nous repartons dans la foulée vers Jaipur, cette fois en voiture : 328 kilometres que nous parcourons en 6 heures a cause de l'état pitoyable des routes et la présence d'animaux divers. Nous arrivons dans la ville rose en début de soirée et totalement lessivés.
Jaipur c'est la vieille ville avec ses bazars et son impressionnante succession d'échopes : tissus, fleurs, legumes, bracelets, epices, cerf-volants, pierres precieuses, outils... les couleurs sont incroables, allant du rose fushia des saris des femmes au bleu limpide des yeux du marchand d'épices;
c'est le Palais des Vents et sa facade rose criblée de fenetres octogonales ;
c'est le City Palace : palais dont au dela des cours principales, s'élevent les 7 étages du Chandra Mahal : la résidence du Maharaja.
Jaipur c'est aussi l'impressionant Palais fortifié d'Amber, jadis capitale de l'état de Jaipur. Ils sont forts ces Rajputs!
Jaipur c'est enfin 2,63 millions d'habitants et autant de klaxons a la minute, des rues ou se cottoient éléphants maquillés, chameaux décorés au henné tirant des carrioles, rickshaws, cyclo pousses, mendiants, chevaux blancs richement arnachés précédant les nombreuses processions célébrant des mariages.

Apres la capitale du Rajasthan, nous prenons le direction de Pushkar, haut lieu de pélerinage au bord d'un lac sacré a la lisiere du désert. On trouve a Pushkar l'unique temple dedié a Brahma... la légende raconte que Brahma voulait pratiquer une automortification, plus communément connu sous le nom de TS (tentative de suicide), pres du lac. Son épouse Savitri refusant de l'accompagner, il épousa une autre femme. Savitri, contrariée, fit alors le voeu que Brahma ne soit vénéré nul part ailleurs.
 
Le temple de Savitri se trouve lui aussi a Pushkar, au sommet d'une colline que nous avons atteint apres pres d'une heure d'intense grimpette. 
Pushkar est une étape confortable. La ville est plutot calme et notre hotel ,le "7th heaven", jouit d'une tres agréable terrasse ou nous prenons nos repas, passons du temps sur le net et lisons assis dans de confortables balancelles.

Apres 2 jours dans ce lieu sacré, nous partons vers Jaisalmer, cité dorée tronant au milieu d'un paysage désertique. La traversée du désert du Thar étant longue, nous décidons de faire une halte a Bikaner. De Bikaner, il n'y a vraiment pas grand chose a dire... Seul son fort est impressionnant. Sa visite nous occupera pendant une heure!
Jaisalmer abrite quant a elle une incroyable forteresse qui evoque un chateau de sable géant perche au sommet d'une colline. Nous sommes tres impressionnés par la beauté de cette ville,  ses ruelles étroites et ses nombreux haveli ouvragés.
Nous consacrons notre premiere matinée a Jaisalmer a la visite du superbe palais du Maharaja. L'apres-midi, nous filons pour un "camel ride" dans le desert du Thar : un désert de pierres et de dunes a une centaine de kilometres de la frontiere pakistanaise. Il est d'ailleurs parsemé d'eoliennes qui fournissent l'électricité pour la surveillance de la frontiere indo-pakistanaise. Nous goutons enfin au silence : c'est la premiere fois depuis notre arrivée en Inde et ca fait du bien! Apres un magnifique coucher de soleil, nous regagnons la ville.
Notre deuxieme jour est marqué par une succession de rencontres : un couple d'espagnols vivant a San Francisco, un écossais tenant un incroyable carnet de voyage illustré par de magnifiques aquarelles et surtout un improbable diner avec Julie et Julien, des amis de longue date, venus en Inde pour célebrer le mariage d'une de leurs amies. Nous avions prévus de repartir le lendemain mais nous décidons de rester un jour de plus dans cette jolie ville dans laquelle nous nous sentons si bien.
Pour notre dernier jour, nous retrouvons les Jul's dans leur "artist's hotel". Nous prenons notre petit dej sur un toit terrasse au son d'une lecon de castagnettes. Le prof est indien, l'éleve suisse allemand. C'est ensuite au tour de Julien de partager quelques accords de guitare avec l'indien et son jumbe. Nous visitons, ensuite, deux des sept temples Jains de Jaisalmer. Nous sommes impressionnés par le travail de sculpture effectué sur la pierre : de la dentelle taillée dans de la roche. Nous terminons notre séjour a Jaisalmer autour d'un chouette diner en compagnie des Jul's.
Jaisalmer nous laissera un doux souvenir malgré des nuits entrecoupées de 1000 bruits : une mobilette passe a minuit et 100 chiens aboient, des camions passent a 3 heures et testent leurs klaxons musicaux, un marché aux legumes s'installe au pied de notre hotel a 5 heures et la ville se reveille.

Nous quittons donc notre cité d'or pour nous rendre a Jodhpur. Le ville ne nous séduit pas d'emblée. Nous nous sentons agressés par un tourbillon de voitures et d'hommes, de polution et de saleté. Nous nous installons dans un haveli agé de plus de 500 ans situé dans la vieille ville, notre nuit nous coutera moins de 15 euros : un record pour des bobos! Nous nous réconcilions avec la ville et la nouriture indienne (avec laquelle nous commencons a avoir sérieusement du mal) en allant diner dans un joli restaurant au coeur d'un jardin tranquille eclairé de chandelles.
Apres une bonne nuit de sommeil, seulement perturbée par les aboiements de chiens combattants et les crachats d'un voyageurs visiblement dérangé par la polution , nous partons a l'assaut du fort de Jodhpur. En nous enfoncant dans la vielle ville et en prenant de la hauteur, nous comprenons pourquoi Jodhpur est surnommée la ville bleue. Le fort, appelé Meherangarh, est un véritable prodige architectural. La citadelle est perchée sur une colline haute de 125 metres et ses remparts vertigineux impressionnent. A l'intérieur, un orfevre semble avoir sculpté le palais. De cette citadelle, Rudyard Kipling, a dit qu'elle était l'oeuvre "d'anges et de géants". A la fin de notre visite, nous nous laissons conter notre avenir par Monsieur Sharma "well known astrologer and palmist". Nos lignes de vie, de coeur et d'argent ont révélé leurs secrets.
Apres un déjeuner tardif dans notre restaurant maintenant fétiche, nous visitons le sardar market (bazars de legumes, d'epices, d'etoffes et de bijoux) qui borde la tour de l'horloge.
Le soir, apres diner, alors que nous traversons la ville en rickshaw, nous sommes confrontés a un spectacle particulier : la rue s'est transformée en dortoir. Des hommes et des femmes dorment sur des couches blanches disposées devant les echoppes maintenant fermées. Tout cela parait tellement "organisé". Nous avons l'impression que chacun a mis son pyjama! Cette scene s'inscrit pleinement dans ce chaos organisé qui, pour nous, symbolise si bien l'Inde. C'est la premiere fois, depuis notre arrivée, que nous voyons des hommes et des femmes dormir dans la rue. Pourtant, cela existe dans toutes les villes indiennes. Nous étions-nous, jusque la, interdit de voir cette misere extreme allant bien au-dela de la pauvreté ambiante a laquelle nous sommes maintenant acclimatés?
Le rickshaw poursuit son chemin et s'enfonce a vive allure dans les ruelles de la vielle ville. Le monde est partout, les échoppes sont ici encore ouvertes a cette heure de la nuit et les klaxons ont encore de la voix. Soudain nous sommes contraints a l'arret. Un cortege célébrant un mariage avance a contresens et ajoute un peu plus de désordre a ces rues déja bondées. Une fanfare de musiciens donne le rythme. Les hommes dansent avec frénésie. Les femmes suivent sous leur sari multicolore. Le marié, assis sur un cheval blanc, croule sous les guirlandes de fleurs oranges. Les enfants encadrent ce dernier en portant a bout de bras des candélabres. Cette scene apporte un brin de gaité.

Le lendemain, nous prenons la route direction Ranakpur et son temple Jains. Ce monument de marbre blanc impressionne par ses dimensions : 29 salles soutenues par 1444 colonnes, toutes différentes. Nous retrouvons la meme subtilité architecturale qu'a Jaisalmer.

Nous décidons de poursuivre notre chemin pour passer la nuit a Udaipur. La route passe par la montagne, des plaines seches et arrides et des étendues vertes au pied de quelques cours d'eau. Des femmes lavent leur linge au bord d'une riviere. Le paysage, moins désertique que tous ceux que nous avons traversés jusqu'a maintenant, nous enchante.
Udaipur est surnommée la Venise Orientale. Des batiments blancs et des ghats bordent le lac Pichola au milieu duquel flotte le Palais du Lac, construit par un Maharaja et devenu depuis un hotel luxueux. Le lac est entouré par les Monts Aravalli. Une parfaite carte postale.
Aprés un diner a la chandelle sur un toit surplombant le lac, nous retrouvons les Jul's épuisés par une longue journée de voyage. Nous buvons un verre sur le toit du Wonderview (notre hotel dont "des travaux d'envergure ont fait des miracles). : trop chouette de retrouver nos amis!
En vrac, pendant ces quelques jours a Udaipur, nous avons : fait du pédalo sur le lac crado, visité le City Palace et le Jagdish Temple, pris des photos kitchissimes dans le Saheliyon-Ki-Bary Garden, mangé des apple crumble a l'Edelweiss (café renommé), acheté des autocollants de Ganesh, mis notre linge dans une laundry pourrie en ayant fait promettre que la lessive ne se faisait pas dans le lac crado, brave la montagne en Rickshaw pour admirer le coucher de soleil au pied du Palais de la Mousson, fait de la moto a trois (nous 2+un tailleur) pour aller acheter du tissu et faire copier de jolis pantalons, profité de nos amis, detraqué la configuration du blog, visité une école de dessins miniatures et passé a ses artistes une commande spéciale, acheté du dentifrice aryuvédique (nous attendons de voir si les plantes nous donnent des dents de Schreck), fait de l'Udai Kothi et de son joli toit eclaire par des chandelles notre delicieuse cantine... a la paisible!

Depart vers Bombay, notre derniere etape en Inde. Leila et Greg, des amis des Jul's, nous attendent a Bandra, quartier bobo et bollywood au nord de la ville.
A l'aeroport, tout semble etrangement simple : le responsable du guichet touristique nous indique que des taxis sont gares a la sortie et qu'aller a Bandra coute 200 roupies. En effet, il y a une nuee de taxis de toutes les couleurs... mais lesquels sont officiels? Officiels ou pas, aucun ne bougera pour moins de 500 roupies! Nous sautons finalement dans un rickshaw qui file sur une autoroute bordee de bidonvilles. C'est la premiere fois que nous en voyons. Petite soiree tres epicee entre francais...
Nous passons notre derniere journee indienne a Colaba, quartier chic au sud de Bombay. Le chaos est toujours present. Derriere le plus bel hotel de la ville, des gens crevent de faim. Le temps nous maque pour aller a Malabar Hill, cite pour le moins fascinante : les parsis deposent les corps de leurs morts au sommet des Tours de Silence ou ils sont devores par des vautours.
Nous retrouvons nos expats pour un dernier diner; merci a tous pour votre gentillesse et a toi Jerome pour nous avoir accueillis dans ton 4 etoiles++.
La nuit est courte : depart a 2 heures pour l'aeroport. La ville est a moitie endormie sous une brume (tres) matinale. Les chiens dorment encore au milieu de la route. Des hommes font les poubelles a la recherche de materiaux recyclables. Des filles tapinent. La nuit, la ville est inquietante.
L'aeroport de Bomaby se limite a sa plus simple expression. On y retrouve juste le vendeur ambulant de Chai qui sillonne les allees avec son "trolley tune". Dans la salle d'embarquement, des lits ont remplaces des fauteuils.
L'Inde nous surprendra toujours...

 

par Les bobos voyageurs
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Mardi 19 février 2008

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Cher Guillaume,

Tu nous a confie une mission. Il y a quelques annees, tu as fait un voyage en Inde au cours duquel tu as rencontre Baboul, un indien de Varanasi. Tu as ete intrigue par les droles d'exercices qu'il faisait tous les matins, dans un temple a ciel ouvert qui surplombait un Ghat. Baboul est devenu ton ami, ainsi tu as pu le photographier en toute liberte en lui faisant la promesse de lui faire parvenir un jour son portrait.
C'est cette mission que tu nous donc a confiee : retrouver Baboul sur Rana Ghat et lui remettre son cadeau.

En arrivant a Varanasi, nous glissons le portrait de Baboul dans notre sac et partons flaner sur les rives du Gange. Nous faisons l'objet d'innombrables sollicitations : cartes postales ou location de bateau. Nous les declinons toutes sauf une : une homme nous propose de nous initier au yoga. Nayla saute sur l'occasion, l'homme, l'air sage, nous inspire confiance. Nous le suivons a travers un dedale de ruelles et arrivons sur le toit de sa maison. Il nous propose de venir le rejoindre le lendemain matin pour notre premier cours. Nous declinons l'offre car nous devons retrouver Baboul, ce que nous lui indiquons. Il sourit a la vue de la photo, il connait Baboul, c'est un ami d'enfance avec lequel il joue souvent aux echecs. Il nous conduit a l'endroit ou nous pouvons trouver Baboul...Panday Ghat et non Rana Ghat... Baboul n'est pas la mais le vieux sage interpelle un groupe de jeunes qui nous indiquent qu'il sera la le lendemain matin.

Nous revenons le lendemain mais trop tard. Baboul nous a pourtant attendu, intrigue par la visite de 2 francais. Un des jeunes nous conduit a la maison de Baboul ou nous rencontrons sa femme mais Baboul est absent. Nous demandons au jeune de prevenir Baboul que nous serons de nouveau au Ghat le lendemain a 10h30.

Ce matin, nous sautons dans un cyclo pousse qui nous conduit au Ghat. Baboul n'est pas la, nous sommes impatients. Quelques minutes plus tard, le jeune  nous indique par un signe que Baboul arrive. En effet, nous le voyons arriver torse nu, souriant et visiblement lui aussi impatient.
Nous lui parlons de toi, de tes photos, il se souvient parfaitement. Nous lui tendons la photo, il la regarde, emu, il nous invite au temple pour boire un chai et discuter... le moment est magique.

Ses compagnons d'entrainement arrivent. Il leur montre la photo... ils sont admiratifs!

Baboul descent se baigner dans le Gange et commence ses exercices, nous le regardons avec une vive emotion. Cette rencontre est d'une grande intensite.
Nous devons malheureusement partir, nous le quittons a regret. L'au revoir est extremement emouvant pour nous 3.

Merci Guillaume de nous avoir permis au travers de cette photo de vivre ces  instants si forts a Varanasi...

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Mardi 19 février 2008

Les Emirats Arabes resonnent dans nos tetes comme pays de l'or noir et des dollars, tours frolant le ciel, grandes avenues bordees de pelouse et de palmiers verts en plein desert, Sheikhs au volant de 4X4 blancs rutilants, malls geants, realisations aussi insolites qu'une piste de ski au soleil. Tout cela est vrai.
Mais les Emirats sont avant tout un pays arabe et musulman.
Ce sont alors des femmes dont les voiles ne laissent parfois deviner que leurs yeux, leurs doigts de pieds appretes voire leur sac Gucci ou Dior. 
C'est l'appel des fideles a la priere qui se repete 5 fois par jour. Les chants religieux s'echappent du minaret des 5h30 du matin, dechirant la nuit. Cet appel est a la fois inquietant et melancolique. A coup sur derangeant pour le sommeil.
C'est un week-end qui commence le jeudi soir pour se terminer le samedi soir.
Ce sont des petites echoppes desuetes aux pieds de buildings ultra modernes.
C'est une prohibition de l'alcool. Des petits malins ont cependant trouver une judicieuse parade. A quelques kilometres du centre d'Abu Dhabi, un petit magasin se blottit sans enseigne et derriere des vitrines opaques, a l'ombre d'un centre commercial. De l'exterieur, rien ne transparait : juste un parking et des clients portant des sacs fonces. Ce qui attire l'oeil est un etrange ballet de voitures de luxe aux vitres teintees. A leur volant, on devine des hommes dont l'oreille est vissee au portable. A pres quelques instants, un employe du magasin sort avec un chariot rempli de marchandise, ouvre le coffre et y enfourne caisses et sacs. Une vitre s'entrouvre de quelques centimetres et des billets en sortent. Le deal est fait. Comme quoi, meme les plus fideles serviteurs aiment la Bud!
Abu Dhabi, et surtout Dubai, nous ont donne l'impression de villes en perpetuelle construction : des chantiers pharaoniques au milieu du desert.
Les Emirats ont ete pour nous la decouverte de villes ou l'on sent la modernite pousser sur la tradition.
Un grand merci a Thierry (papa!!!) pour ces quelques jours si doux et reposants.

 

par Les bobos voyageurs
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