Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 09:17

Après un lever à 5 heures du mat, une méga engueulade avec une hôtesse butée de Qantas, 4 heures de vol, une correspondance un peu sport ... (un chien policier nous saute dessus et nous fout une honte gigantesque. Tout le monde croit que nous transportons de la drogue. En fait il vient de trouver 2 pommes venues d'Australie et interdites de séjour en Nouvelle-Zélande) ... nous arrivons finalement à Queenstown. Cette petite ville, située au sud de l'île du sud, est la capitale des Alpes neo-zélandaises. C'est pour ça que nous avons choisi de passer une semaine ici : nous voulons skier!
Nous prenons possession de notre appartement. La vue est à couper le souffle. Notre terrasse donne sur le lac Wakatipu dont la superficie dépasse les 270km2 (le lac pas l'appart, bobo d'accord mais quand même). Sa profondeur de 400m en fait un des lacs les plus profonds de Nouvelle-Zélande et son eau qui vient des montagnes est d'une rare pureté. Autre particularité: ce lac monte et descend. Il varie de 12 centimètres toutes les 5 minutes et on ne sait pas pourquoi. La légende maorie explique ce phénomène par la respiration d'un géant qui gît au fond de l'eau.

Après une mauvaise nuit de sommeil attribuée à la fausse cheminée au gaz et plus largement au chauffage, phénomène qui nous était étranger depuis 4 mois, nous sautons dans nos affaires de ski puis dans la voiture direction Coronet Peak, seul domaine skiable ouvert en ce début de saison. Nous sommes bluffés par l'organisation; en moins d'un quart d'heure nous sommes équipés : skis aux pieds et forfait autour du cou. Il fait beau, il fait chaud, c'est dingue de skier en juin à l'autre bout du monde! Nous enchainons les descentes, excités comme des puces!

Nous avons bien fait d'en profiter : les jours qui suivent la température est trop douce, la neige fond et le domaine ferme. Peu importe : la nature est magnifique et nous profitons de ces jours sans ski pour faire de superbes randonnées autour du lac et dans la montagne. Le paysages sont incroyables, l'air pur et la quiétude absolue.
Et puis il y des jours où même à l'autre bout du monde la flemme vous envahit: c'est alors le moment parfait pour filer au cinéma à 3 heures de l'aprem voir Sex and the City le film. C'est bon de retouver Carrie, Miranda, Charlotte et Samantha, leurs robes et accessoires de luxe, et leurs frasques sexuelles et amoureuses.
Avec ou sans transition, une pause coiffeur "court dégradé à la fois simple et moderne" s'est imposée pour miss B. Parfois, c'est la faim qui vous envahit et alors on s'installe au Vudu, petit café qui sert de l'"organic food" au coin de la cheminée. Le cake à la carotte est une tuerie calorique. Une constante tous les matins à 8 heures : se lever, composer le 03 442 4360, écouter une boîte vocale dire que "Coronet Peak is closed and will remain closed until further notice", essuyer sa larme à l'oeil et se recoucher. Après 6 jours paisibles, mais sans ski, passés à Queenstown, notre prenons l'avion direction Auckland.

Nous nous rendons à l'aéroport et enregistrons nos bagages. Notre avion, prévu à 12h45, est annoncé avec plus d'une heure de retard. L'idée d'attendre à l'aéroport alors que la ville est à quinze minutes de voiture nous séduit moyennement. Nous demandons donc au responsable Qantas si nous pouvons nous offrir cette dernière escapade. Il est affirmatif à condition que nous soyons de retour à 13 heures. Nous prenons donc la route de Queenstown et nous installons autour d'un thé au Vudu Cafe. Nous dévorons des magazines de vieilles voitures, de décoration et l'inévitable Cosmo. A l'heure dite, nous sommes de retour à l'aéroport. Le type de l'enregistrement nous saute dessus en nous disant qu'il est désolé mais que l'avion est finalement parti à l'heure. Il nous explique qu'ils nous ont attendus, que nos noms ont été appelés au micro mais que nous n'étions visiblement pas là. Et pour cause, nous étions paisibles au bord du lac. Nous sentons le moment où les choses vont se compliquer d'autant qu'il n'y a pas d'autre vol pour Auckland opéré par Qantas. Mais comme dans un conte de fée, il nous explique que deux places ont été bookées sur une autre compagnie mais que l'avion n'est pas direct. Il nous donne 60 dollars de voucher pour la cafétéria et nous confie à une hotesse de l'autre compagnie qui nous enregistre en 2 minutes. L'avion est dans 30 minutes. Nous prenons donc un sandwich, un cookie chacun, et un carrot cake ! Seulement nous arrivons péniblement à la moitié du bon cadeau. Le caissier complète alors avec 3 paquets de chewing gum, des sucettes, 4 plaques de chocolat et une poignée d'autres gourmandises. Nous offrons une plaquette de chocolat au charmant monsieur qui nous a permis de décoller le jour J.

Trois heures après, nous sommes à Auckland. Nous prenons un taxi sur les conseils du Lonely. Il nous coûte un bras de plus que prévu ! Nous nous promenons sur Queen Street jusqu'aux quais, dînons devant la TV (l'ascension de l'Everest sur Discovery Channel) et filons au casino de la Sky Tower. Le lendemain, il faut avouer qu'une grasse matinée nous scotche au lit jusqu'à 11 heures. Un petit déjeuner chez Starbucks, un tour chez un libraire pour consulter le Wall Paper Auckland et noter les bonnes adresses et nous déambulons dans la ville. Elle est assez branchée avec ses magasins fashions et luxe, ses petites rues et ses habitants plutot lookés. Nous repassons devant la Sky Tower. Nous hésitons à aller tester le saut à l'élastique le plus haut du monde ...192 mètres et une chute libre de 11 secondes à 75km/h en pleine ville. Nous ne savons pas ce qui nous arrête réellement. La trouille peut-être, comme dirait un certain Monsieur Duce ? Nous déjeunons tardivement une galette jambon-fromage (pas tout à fait like in Derwin), une mousse au chocolat (presque Marie Morin) et une bière chez Pastis, un restaurant français. Nous marchons ensuite vers Ponsonby Road un peu à l'écart du centre ville.  Des ruelles bordées de maison en bois et d'arbres confèrent à ce quartier un certain charme. La soirée est consacrée aux préparatifs. Et dire que dans quelques heures nous serons de nouveau en maillot de bain dans une mer turquoise...c'est indécent. Mais tellement bon !

Par Les bobos voyageurs
Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /Juin /2008 09:26

Nous sommes à Sydney pour notre premier stop en Australie. Nous aimons cette ville qui est un mélange de Londres, avec des petites maisons victoriennes de couleurs, et de New York, avec des églises et des musées au pied des tours de bureaux.

Les 15 jours que nous passons à Sydney nous permettent d'y vivre vraiment. Nous sommes installés dans un duplex sur Danks street dans le quartier de Waterloo, ancien quartier des usines à 10 minutes à pied de Surry Hills et à vingt minutes en bus du centre des affaires et de Circular Quay. Waterloo devient progressivement un quartier très BoBo avec ses galeries d'art, son épicerie italienne snobissime "Fratecelli Fresh" qui occupe un hangar aux poutrelles métalliques, son concept store bio dont les petites tables bordent le trottoir, et son resto super branché: le "Dépôt".
Le matin nous allons chercher notre baguette et notre pain au chocolat à la boulangerie de Bourke Street. Nous en profitons pour saluer Marcel, notre nouveau pote le bouledogue français, infailliblement affalé sur sa chaise de producteur devant la boutique de déco de son maître. Nous passons nos journées à sillonner à pied la ville et ses jardins. Nous découvrons l'opéra dont le découpage architectural est encore plus impressionnant que sur les photos, le musée d'art moderne rigolo mais pas très fourni en oeuvres majeures, le marché aux poissons immense et bondé de japonais qui viennent y déjeuner, Oxford Street et ses boutiques presque fashion, Manly jolie péninsule au nord de Sydney qui offre une vue imprenable sur la baie.
Le dimanche nous nous baladons sur les falaises qui vont de Bondi à Cogee Beach pour ne pas oublier qu'en plus d'être une ville où règne une incroyable douceur de vivre, Sydney est un pur spot de plages de rêve!


Nous nous décidons finalement à lever l'ancre pour nous rendre à Melbourne. Mais cette fois une "épreuve" attend les bobos que nous sommes! Pour une fois, nous avons décidé de ne pas faire au plus simple et au lieu de prendre l'avion, nous louons un "wicked van" ("van chelou" en francais dans le texte) et décidons de suivre la côte (1200km) pour nous rendre à Melbourne. Le truc c'est que location de van+essence=4/5 du budget journalier. Il ne reste plus grand chose pour dodo+bouffe. Nous passons donc notre première nuit dans notre van, "bunnie 2" sur le très joli parking de Huskisson après avoir avalé une pizza au domino's du coin dont la promo a fini de nous convaincre que la junk food restait la meilleure option pour le routard fauché. La nuit tombe à six heures et il n'y a pas grand chose à faire dans le patelin. Nous jouons aux cartes dans le van à la lueur de nos lampes frontales. Le lendemain matin une surprise nous attend : quand nous ouvrons les yeux, nous nous rendons compte que nous sommes sur une magnifique bande de sable blanc jalonnée de bush et de forêt. Le temps est magnifique. Nous décidons de partir à la decouverte des baleines qui commencent leur migration. Nous embarquons à bord d'un bateau et partons pour trois heures de croisière. Le spectacle est incroyable : d'abord la baie de Jervis, ensuite les falaises qui tombent à pic dans une eau bleu marine, puis l'apparition de 2 dauphins et enfin la vision incroyable de trois baleines à bosse qui nagent à côté de notre bateau. Nous sommes heureux et reprenons la route vers notre prochaine étape après avoir avalé deux tranches de chedar coincées dans un pain à hot-dog.

Nous nous arrêtons ensuite à Batmans Bay où nous décidons, après avoir visité 5 parkings jugés indignes pour y dormir (trop proches du pub et/ou du poste de police et/ou de la nationale), de nous installer au camping. Nous passons donc notre première nuit au camping après avoir dégusté notre merveilleuse pizza chez Domino's (et oui ils sont partout!). La nuit est froide, la salle de douche aussi mais ça fait du bien! Nous reprenons la route bordée par la forêt. Parfois celle-ci rejoint la côte et les paysages sont alors incroyables. Le froid nous empêche de profiter pleinement de la mer. Nous rêvons de nous y baigner ou simplement de nous allonger quelques heures sur une plage.
Nous passons notre dernière nuit sur un horrible terrain de camping à 2 dollars à Bairnsdale après avoir vu un magnifique coucher de soleil sur la plage... et nous être régalés de notre mythique pizza. Pendant la nuit, nous sommes réveillés par un couple qui se hurle dessus... bonne ambiance! Le lendemain nous rejoignons Melbourne après être passé par l'incroyable "Ninety Mile Beach":144 km de sable immaculé, bordés de dunes. Quel dommage que nous soyons en hiver!
Nous arrivons à Melbourne en début de soirée. Nous nous installons en pleine rue. Puis nous craquons. Il fait froid et nous ressemblons à rien avec notre van en pleine rue. Nous trouvons un petit hôtel et savourons un dîner équilibré. Une bonne nuit au chaud nous requinque.


Après avoir rendu notre van dans une banlieue à perpette, nous profitons de Melbourne. Nous nous balladons dans le coeur de la City puis à South Yarra et Carlton, quartiers branchés de la ville, à Saint Kilda qui se trouve au bord de la mer. Nous faisons les magasins, déjeunons dans des restaurants bio rigolos, profitons des musées en particulier de la National Gallery of Victoria qui propose des expos passionnantes et qui renferme une impressionnante collection de Rodin, Picasso, Monet, Pissaro... sans oublier le Casino, longtemps considéré comme le plus grand du monde, où les joueurs se pressent sur trois étages entre machines à sous et tables de jeux. Nous trouvons aussi le temps de passer chez le dentiste pour que Romain se fasse soigner ses trois nouvelles caries! Après dernier un dîner gargantuesco-romantique chez le meilleur libanais de la ville (Alba), nous prenons l'avion pour Adelaide. De cette dernière, nous retiendrons le joli campus universitaire, le vaste food market, la gare reconvertie en casino, les chocolats fourrés au macadamia de chez Haigh's et la belle collection de l'Art Gallery of South Australia.









Trois heures d'avion vers le nord, dont une de sérieuses turbulences, et nous atterrissons à Cairns. Nous retrouvons des températures nettement plus clémentes. Nous nous installons dans un joli appartement. Cairns est la capitale de la plongée sur la grande barrière de corail. La plus grande au monde! Nous embarquons sur un catamaran pour une heure et demie de traversée plus que houleuse. Les comprimés anti-mal de mer suffisent à peine, la mer est très forte. Nous arrivons sur les récifs, enfilons masque, tuba et combinaison et partons à la découverte du monde marin. A cet instant plus rien ne viendra nous troubler : ni la houle encore très importante, ni les autres plongeurs. Le spectacle est incroyable : les coraux multi-formes et multicolores se dressent jusqu'à la surface. Nous sommes entourés de poissons magnifiques : turquoises, jaunes, à pois, rayés, solitaires, en banc; les couleurs des poissons et des coraux se font écho. Pour couronner le tout, deux tortues viennent danser majestueusement sous nos yeux. Aux leurs, nous sommes invisibles. Nous n'avions jamais plongé dans un endroit aussi magique!

Le lendemain nous devons prendre possession de notre camping car. Nous avons négocié un prix défiant toute concurrence. Et pour cause : le modèle qui nous est présenté totalise 363000 km au compteur et presque autant de tâches de gras à l'intérieur! Une vraie poubelle sur roues louée pour 9 jours! Damned! Après un esclandre, une menace de contacter la police et une négo de 2 heures nous obtenons gain de cause. Nous repartons au volant d'un camping car tout neuf. Le loueur n'en revient toujours pas du prix qu'il nous a fait. Nous non plus : c'est moins cher que le Wicked!
Nous mettons le cap au Nord pour la journée. Nous déjeunons à Port Douglas, jolie petite station balnéaire de 3000 habitants. Son église en bois du début du siecle, Sainte Marie de la Mer (like in Cap Ferret) avec bow-window sur la mer est une petite merveille (like in Cap Ferret). Nous prenons la route jusqu'à Daintree où la jungle tropicale est impressionante. La rivière qui serpente dans cette petite ville est full of crocodiles. Des paneaux le rappellent avec insistance. Nous repartons vers Cairns et faisons halte à Port Douglas le temps d'une longue promenade sur la plage. Le coucher de soleil colore le ciel en rose. Des campeurs s'apprêtent à passer la nuit sur la plage au coin du feu. Notre plan de route nous oblige à aller installer notre van sur un parking à Cairns. Un problème se pose : nous n'avons pas le mode d'emploi pour installer les couchettes.

Le lendemain nous prenons la route vers le sud. Nous décidons de passer la journée à Mission Beach, dans le fol espoir de faire un saut en parachute. Nous nous installons au camping. Impossible de sauter aujourd'hui: surbooké. Ce sera donc journée plage. Nous regardons les autres sauter. Le lendemain nous devons repartir. Nous remettons le saut à plus tard.

La route du lendemain est longue pour rejoindre Airlie Beach, porte d'entrée des îles Whitsundays. La Bruce HWY est une route nationale qui traverse tour à tour des plantations de bananiers, des champs de canne à sucre, des parcs nationaux. Notre camping car ronronne à 110 km/h, ce qui n'empêche pas des camions à double remorque de nous doubler. Ils sont souvent "oversize" et guidés par des voitures pilotes voire par la police. Des panneaux indiquent la présence de kangourous. Malgré nos quelques recherches sur des routes secondaires, les seuls que nous verrons gisent au bord de la route endormis éternellement par le pare buffle d'un camion. Nous arrivons tardivement à Airlie Beach qui est une petite ville animée de 3030 habitants nichée au creux d'une sublime baie. Nous hésitons à passer la nuit sur un parking puis nous décidons finalement à rejoindre un camping en périphérie de la ville. Bien nous en a pris, des backpackers rencontrés le lendemain, nous apprennent que les employés municipaux toquent aux vitres dès 6 heures du matin pour les déloger. Le lendemain, le soleil brille. C'est le temps idéal pour une petite sortie en mer. Nous optons pour un tour de jet ski dans la baie. Nous nous éclatons. Nous nous décidons à faire une croisière dans les Whitsundays. Ce sont 74 îles dont les eaux turquoises constituent un parc marin classé au patrimoine mondial. Elles sont vierges de toute habitation, à l'exception de 4 d'entre elles, et sont des parcs nationaux. Un décor de rêve digne d'une carte postale. Nous embarquons donc le lendemain à bord d'une vedette. Après une pause snorkeling au pied de Hook Island, nous rejoignons une autre île. Après 20 minutes de marche dans une nature sauvage, nous arrivons a Hill Inlet, point de vue exceptionnel sur la Whitsunday Island et son joyau, la Whiteheaven Beach. Nous sommes subjugués par la beauté de cette plage. Les eaux transparentes laissent deviner des bancs de sable. Nous arrivons ensuite sur la fameuse Whiteheaven Beach, une plage de sable blanc de 6 km de long, quasiment déserte. Nous partons nous installer un peu à l'écart. Nous sommes seuls et nous délectons de ce moment de pur bonheur sur l'une des plus belles plages du monde. Nous avons rencontrés Karine et Clement, deux français qui font aussi le tour du monde (www.etpourtantelletourne.net). Le partage d'experience est enrichissant.

Il est temps de repartir d'Airlie Beach, au risque de s'y installer!
La route nous conduit à Mackay. Nous y decouvrons un musée d'art moderne étonnant pour la morphologie et l'importance de la ville. Une exposition retient notre attention. Nous dejeunons un peu plus au sud a Sarina beach, une belle plage deserte. Puis nous nous decidons a rejoindre Yeppoon pour y passer la nuit. Il s'agit d'une petite station balneaire sans charme. L'ambiance generale ne nous incite pas a dormir sur le parking que nous avons repere. Une vieille dame elegante nous accueille dans un camping de bord de mer. Notre emplacement est quant a lui plutot bord de route! Nous avons du mal a comprendre que des gens puissent rester 4 semaines scotches dans une caravane. Sans compter qu'il faut partager ses sanitaires soir et matin, le coin cuisson...L'ambiance peut-etre ? Une dame nous invite poliment a boire le cafe. Nous refusons, il est 20 heures et nous n'avons pas encore dine. Le lendemain, nous prenons notre petit dejeuner portes ouvertes devant un supermarche. Les pintades locales nous regardent comme des papiers gras. Nous branchons notre i-pod sur nos baffes. Alela Diane balance ses notes jazzy. Nous partons et devorons les longues lignes droites de la route. Petit detour a midi pour aller dejeuner a Agnes Water, station balneaire en vogue au milieu d'un parc national. Agnes Water c'est un supermarche, une pharmacie, une centaine de maisons et un parc a la gloire de son fondateur. Nous nous installons sur cette belle plage, plus loin, apres un arbre couche. Soudain, un couple vient s'installer de l'autre cote de l'arbre. Un autre couple vient s'installer juste a cote de nous. Mais pourquoi les gens s'installent toujours juste a la descente des escaliers ou a cote de ceux qui recherchent le calme alors qu'il reste encore 5 kilometres sans personne? Nous decidons de fuir. Town of 1770 est juste a 5 km et ressemble a sa voisine. Le soir, apres 700km, nous arrivons a Hervey Bay. Le camping devient notre maison. Nous projetons d'aller passer la journee du lendemain sur Fraser Island. Des notre lever le mauvais temps nous fait changer nos plans. Nous prenons donc la route direction Rainbow Beach, plus au sud, d'ou il est aussi possible de rejoindre Fraser. La pluie battante et le froid nous accompagnent. Nous descendons voir cette plage sur laquelle les 4x4 ont le droit de rouler. Des panneaux leur demandent seulement de respecter le meme code de conduite que sur la route. Nous repartons sans tarder direction Noosa. Changement de decor. La station balneaire epouse les contours de la riviere. Des maisons designs avec pontons prives sont plantees de part et d'autre d'une jolie route. Les magasins de mode et les restaurants branches sont legions. Les Maserati et Range Rover ont remplaces les camping car. Il fait un temps de cochon digne de la Baule au mois d'aout!

Nous decidons de rejoindre Brisbane avec un jour d'avance. Nous deposons notre camping car a cote d'un hangar dans une banlieue deserte. Nous sommes vernis : nous croisons sur le chemin un chauffeur de taxi edente a qui nous demandons de venir nous chercher dans 10 minutes, le temps de faire le menage de notre maison a roues. Nous arrivons 30 minutes apres au centre ville et nous installons dans un confortable appartement au 14e etage d'une tour. La ville ne nous seduit pas vraiment. Nous deplorons son manque de dynamisme. Peut-etre parce que nous sommes dimanche et que le lundi est ferie pour cause d'anniversaire de la reine. Le mardi est cependant tout aussi inanime alors que nous nous promenons dans Fortitude Valley qui est cense etre le quartier branche de la ville. Seules les boites electriques peintes par des artistes a la demande de la mairie aguisent notre curiosite. Nous devons avoir besoin de changer d'air ! Cela tombe bien, demain nous rejoignons la Nouvelle-Zelande.

Par Les bobos voyageurs
Dimanche 4 mai 2008 7 04 /05 /Mai /2008 09:00
 
Bon très honnêtement, nous n'avions pas prévu d'échouer aussi rapidement sur une île mais nous n'avons pas vraiment eu le choix... Après le Cambodge, nous voulions passer une dizaine de jours au Vietnam : Hanoi, Hoi An, Ho Chi Minh:un bien joli programme. Au moment du check-in pour notre vol direction Hanoi, la gentille hôtesse nous demande de lui presenter nos passeports : ok et nos visas : euh là pas ok... pas grave, on les fera sur place, ok? Benh non pas ok!
Voilà comment au lieu d'aller à Hanoi, nous avons atterris à Phuket. Et de là, nous avons pris un premier bateau pour Koh Phi Phi puis un deuxième pour Koh Lanta. Nous étions persuadés qu'au bout de trois jours nous allions tourner en rond sur notre petite île; au lieu de ça, depuis dix jours, nous profitons pleinement de notre vie de Robinson : mob pour trouver les plus jolies plages, balades en bateau à la découverte des petites îles environnantes, bbq de crevettes sur le port... le tout sous un superbe soleil et sans personne! Le plus gros dilemme de la journée consiste à déterminer quel maillot on va choisir... en même temps, vu qu'on n'a que deux, c'est vite vu!
Koh Lanta, c'est une épreuve que sur TF1.



Au bout du dixième jour à Koh Lanta, nous nous décidons à partir vers Ko Phi Phi. Le ferry entre dans la baie. L'eau est turquoise, transparente au pied des falaises. Le port se résume à une vieille passerelle en bois où les ferrys viennent accoster les uns à côté des autres pour débarquer des touristes qui, pour la plupart, resteront seulement la journée.
Un homme nous accoste et nous conduit dans une cabane en bois dont les murs sont recouverts de photos et de descriptifs d'hôtels. Notre choix fait, un long tail boat nous emmène à l'hôtel. Celui-ci est situé sur un site exceptionnel: eaux transparentes, plage de sable fin, palmiers à gogo et montagne en toile de fond.
Nous prenons rapidement possession de la chambre, mettons un maillot et allons négocier un bateau pour la journée. Nous avons décidé de faire le tour de Ko Phi Phi Ley, une île non habitée qui ressemble à un immense rocher posé au milieu de la mer turquoise. Ses falaises vertigineuses abritent des nids d'hirondelles. Des cordes installées le long de celles-ci permettent aux chasseurs de nids d'y accéder au péril de leur vie pour vendre ensuite ces mets si précieux et si rares.
Nous nous arrêtons dans une crique. Nous enfilons masques et tubas. Plouf et un incroyable monde sous-marin s'offre à nous. Des centaines de poissons de toutes les tailles et de toutes les couleurs très hippies années 60 nous entourent. En tendant la main nous pouvons presque les attraper. Nous sommes en admiration. Nous plongeons plusieurs fois de suite et regagnons l'hôtel vers quatre heures pour une sieste sur la plage.
Le lendemain matin, nous louons un kayak et nous nous adonons une fois encore avec bonheur au snorkling.
Le ferry quitte Ko Phi Phi pour Phuket à 14 heures. La traversée durera deux heures.


Notre hôtel est à Phuket, sur Kata beach. Nous découvrons un restaurant italien et dévorons une pizza cuite au feu de bois funghi e proscuitto. Un de nos principaux manques culinaires est enfin comblé.
Nos journées à Phuket se résument à des allers-retours entre plage, restaurant italien et massage. Avec des petits piments : surf et jet ski dans une mer plus qu'agitée !
Romain sort de la vague debout sur son long board 5 fois en une heure et demie, le reste du temps étant consacré à se faire tataner par l'océan en essayant de franchir les vagues. Sa prof thai est béate d'admiration!

Avant de quitter l'Asie pour l'Australie, nous apprenons que le cyclone Nargis a dévasté le sud de la Birmanie. Nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à ces hommes et ces femmes que nous avons croisé. Nous craignons pour leur santé dans ce pays déjà marqué par la dureté de la vie.



Par Les bobos voyageurs
Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /Avr /2008 08:28

Ce matin, à la descente de l'avion, le chauffeur de taxi est particulièrement bavard. Heureusement, nous arrivons à l'hôtel de la Paix. Il porte bien son nom. Ici tout n'est que luxe, calme et volupté! Nous sommes crevés, nous nous sommes encore levés à 5 heures du matin. Nous passerons notre premiere journée à Siem Reap à profiter de l'hôtel et de sa piscine.
Le lendemain, nous consacrons une grande partie de la journée à la visite des temples d'Angkor. Pour  se faire, nous sommes obligés de prendre un tuk-tuk; ici aussi il est impossible pour des étrangers de louer des mobylettes. Dommage, nous rêvions de cette liberté! Les temples sont incroyables : Angkor Wat d'abord, le plus connu et le plus majestueux puis Angkor Thom, son petit frère... Viennent ensuite des temples moins connus mais tout aussi fascinants; des temples envahis par la jungle. Les arbres semblent prendre racine dans les pierres et les pierres trouver leur équilibre grâce aux racines. Il fait une chaleur accablante. Nous rentrons dans notre havre de paix et profitons de la piscine.
Avant le départ des parents, nous décidons de nous lever à 4h30 am pour profiter d'un mythique lever de soleil sur Angkor. Manque de chance, ce jour là le soleil ne se levera pas! Trop de nuages! Ce lever matinal nous permet quand même de profiter d'une relative fraîcheur pour visiter les temples. Nous rentrons à l'hôtel où un divin petit déjeuner nous attend. La suite de la journée passe doucement entre sieste et piscine.
L'heure du départ des parents approche. Nous sommes très tristes de les quitter.

Ces quelques jours avec vous nous ont apportés beaucoup de douceur et de plaisir.
Merci encore...

 

Par Les bobos voyageurs
Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /Avr /2008 12:07

Après deux heures de voiture de Chiang Rai, nous arrivons à Chiang Khong et nous présentons au bureau de l'immigration thaïlandaise. Nous rencontrons un couple de nantais qui fait le tour du monde avec ses deux petites filles, Salomé et Marilou. Nous sommes impressionnés par leur aventure humaine. Nous engagons la conversation mais ils partent vers le nord du Laos et nos chemins se séparent.

Pour entrer au Laos, il faut traverser le Mékong sur une barque jusqu'a Huay Xai, petit port fluvial sur l'autre berge. Trois guichets du bureau de l'immigration se trouvent à l'étage d'une maison sans charme. Les routards se relayent pour se voir délivrer le fameux sésame, soit un tampon en guise de visa . Il faut y laisser quelques coupures à l'effigie de l'Oncle Sam. Il voyage bien le vieux ! Une fois celui-ci obtenu, il faut présenter son passeport à un militaire en uniforme écrasé de chaleur qui essaye de se faire tout petit sous son parasol rouge délavé. Il est assis au milieu d'une rue en pente, derrière une table de formica. Pas un bonjour, pas même un regard et nous entrons au Laos en avançant d'un pas, nous aussi écrasés par le poids de nos sacs dos.

Nous décidons de rejoindre
Luang Prabang en descendant le Mékong, soit 250 kilomètres. Deux solutions s'offrent à nous. Une plutôt digne d'un choix que pourrait faire un bon père de famille : le slow boat aussi appelé heua saa qui met deux jours (2 fois 8 heures) pour faire le trajet, avec une nuit à Pakbeng. Ce sont de longs bateaux en bois colorés, pas très larges, avec des fenêtres ouvertes et deux cabines, une à l'avant pour le pilote, une  l'arriere pour sa femme. Des chaises en bois ou des fauteuils récupérés dans de vieux autobus accueillent les passagers. L'autre solution plus sport et fortement déconseillée par les guides et les forums de voyage qui évoquent des accidents et des chapelles ardentes : le speed boat ou encore heua wai. Il s'agit d'une barque en bois de 4 mètres à ras de l'eau qui pourrait ressembler à une grosse planche de surf avec des bords, jaune avec des tatouages de dragons, comme pour conjurer le sort ou draguer les esprits. A l'arrière un moteur énorme de voiture Toyota 16 Valve avec une longue tige en fer flanquée d'une hélice. Malgré le danger potentiel nous optons pour cette option. Il faut dire que le trajet se fait en 6 heures seulement !

De l'embarcadère nous prenons place sur le speed boat. Nous sommes assis quasiment sur le fond, seule une petite banquette en sky nous sert de siège. Le dossier est une planche de bois. Nous genoux touchent quasiment nos têtes, puisque nous sommes 8 à bord avec tous les bagages entreposés sous une bâche bleue à l'avant. Le pilote distribue de vieux gilets de sauvetage et des casques. Ambiance clandestin sur un fleuve surveillé. Le moteur démarre. Il fait un boucan d'enfer. Et c'est parti ! La frêle embarcation glisse sur l'eau ou plutôt fonce sur l'eau. Le Mékong n'est pas un long fleuve tranquille. Entre les rapides, les tourbillons, les virages négociés entre les rochers à fond les manettes et les rondins de bois à éviter, nous sommes morts de trouille la première heure. Nous pensons à Pironi et Casigarri. Au bout de la deuxieme heure, nous ne pensons plus qu'à nos fesses : elles nous font un mal de chien!

Au bout de deux heures et demi, nous sommes à Pakbeng! Le bateau accoste au ponton d'un restaurant flottant. Nous y passons une demi-heure et grignotons ce qui reste des 4 bananes achetées avant de partir : pas grand chose; elles ont autant souffert du voyage que nous. Au moment de repartir, on nous annonce que nous devons changer de bateau. Pas de problème. Enfin si : il n'y a pas suffisament de casques sur celui-ci. Personne ne se soucie de nous et les étrangers qui ont des casques baissent la tête alors que nous faisons un esclandre. Belle leçon de vie et de courage. Nous finissons le trajet les cheveux au vent et la boule au ventre. Le Mékong coule au milieu des montagnes. Des villages sur pilotis s'accrochent à celles-ci, faisant augurer des crues du fleuve. Des flammes déchirent la forêt d'arbres primaires et majestueux dans un crépitement inquiétant. Une épaisse fumée s'échappe. La terre brûle pour accueillir les futures cultures. Des hommes pêchent ou cultivent leurs champs verts à flanc de berge. Des buffles viennent se baigner à la recherche d'un peu de fraîcheur. La vie s'écoule paisiblement. Nous arrivons finalement à quelques kilomètres de Luang Prabang. Le bateau nous débarque. Des touk-touks nous attendent quelques dizaines de mètres plus haut. Nous gravissons la haute berge; le poids des sacs, la fatigue, le manque de calories et nos muscles ankylosés rendent l'exercice perilleux.

Sur le chemin qui nous mène à la ville, nous nous faisons copieusement arroser par des gamins chafouins. C'est pas le moment de nous chercher. Nous nous énervons dégainant au passage quelques gestes obscènes. Un touriste qui partage notre touk touk et qui a lu son guide, nous explique que nous sommes au début du Songkan (fête de l'eau). Celui-ci dure 3 jours et marque le début du Nouvel An lao. Nous ne sommes pas au bout de nos peines.

Nous arrivons enfin à Luang Prabang. Cette ville de 26 000 habitants, entourée de montagnes, se trouve au confluant de la Nam Khan et du Mékong. Il s'agit d'une ancienne ville coloniale, que l'architecture ne peut trahir, et d'un haut lieu de spiritualité, ancienne capitale royale, avec ses 32 temples. La ville est inscrite au patrimoine Mondial de l'UNESCO. Cet endroit a un charme fou! Calme tout en étant animé, raffiné sans être prétentieux, on y trouve plein de choses qui commencent à nous manquer: de la bonne baguette, de délicieux restaurants français, des journaux et des livres français!  Après un dîner rapide dans un joli café, nous rentrons nous coucher.

Le premier jour, nous partons à la découverte de la ville. Nous pensions louer une mob mais depuis peu c'est mission impossible. Il est maintenant interdit aux étrangers d'en louer. Raison officielle : trop d'accidents. Nous penchons pour une autre explication : Lobbying des touk-touks ! Quoiqu'il en soit c'est à pied que nous arpentons le marché et les ruelles. Nous grimpons en fin de journée sur la colline pour voir le That Chomsi, un temple. De l'autre côté, nous visitons une grotte sanctuaire avec une statue de Buddha et nous tombons ensuite nez à nez avec une empreinte de ce dernier...plus grosse que celle du Yeti ! Mais les bobos au Laos n'ont pas peur. Sur le bord du Nam Khan des enfants jouent dans l'eau à se laisser emporter par le courant. D'autres usent de la même technique avec des filets de pêche. Une partie de foot s'improvise sur la berge. Nous traversons le petit pont en bambou pour se mêler à leurs jeux. Nous faisons un concours de ricochet avec un jeune garçon qui porte la tristesse sur son visage. Meilleur choix des galets ou meilleur entrainement, il nous bat à plate couture. En haut d'un escalier creusé dans la terre par le passage des habitants, nous accédons à un village. Les enfants nous envoient de l'eau avec leur pistolet tandis qu'un singe domestique répète ses figures de gymnastique. Un moine nous accueille dans son temple. Nous parlons un peu. Il est déjà l'heure du massage quotidien.

Le lendemain, après avoir changé d'hôtel pour la deuxième fois en deux jours, nous optons pour l'option vélo. La chaleur est étouffante dès 10 heures du matin. Nous descendons à l'embarcadère des ferrys dans l'espoir de trouver une bonne âme pour nous faire traverser le fleuve. Un homme oisif accepte. Il charge nos deux vélos sur sa longue pirogue plate. Nous donne un siège en bois qu'il a dû confectionner lui-même. L'eau manque de rentrer mais la traversée ne durera pas longtemps. Il nous débarque au milieu d'un champs. Un raidillon en terre nous emmène, vélo sur le dos, à un autre escalier. Après moultes efforts nous sommes au coeur d'un village qui semble s'être arrêté au moyen-âge. Nous empruntons une route de terre sineuse prenant soin d'éviter les chiens, les poules, les canards et les enfants. Ces derniers nous assaillent en criant "Sabaidiiiiiiiiiiiiiiii" (bonjour). Ayant oublié notre réserve de bics, nous craquons et leur distribuons des chewing-gums.
Nous empruntons des chemins escarpés pour accéder à deux temples perdus dans une végétation luxuriante, digne d'une jungle! La chaleur est à peine supportable. Heureusement, deux enfants nous emmènent vers une grotte de 55 mètres de prfondeur : enfin un peu de fraîcheur! Nous descendons des marches abruptes à la lueur de nos torches. Nos petits guides nous indiques tous les trésors de l'endroit: bouddhas en bois, en pierre, sans tête, sans bras, vieux, moins vieux et impressionnants stalactites. Nous retournons ensuite vers "l'embarcadère": notre batelier ne nous a pas attendu...un pêcheur affairé à réparer son filet, nous propose de nous raccompagner sur l'autre rive. It is massage time!

Notre troisième jour commence très tôt : nous sommes dans la rue à 6h10 pour donner l'aumône aux moines, comme le fait tous les jours une grande partie de la population. La brume matinale est très épaisse. A notre demande, la pension a préparé un panier de riz gluant. Nous disposons une natte sur le sol. En signe de respect, nous nous déchaussons, nous nouons une écharpe traditionnelle à la manière d'un maire et nous nous agenouillons. L'ambiance est surréaliste. Après quelques minutes, nous voyons arriver les premiers moines. Ils avancent par groupe de dix environ. Ils nous regardent à peine, soulèvent le couvercle de leur boîte à offrandes, déjà bien remplie, qu'ils portent en bandoulière. Nous leur distribuons du riz encore chaud... le bout de nos doigts s'en souviendront. Il ne faut pas ralentir le rythme, nous préparons donc des boulettes à l'avance entre le passage de deux groupes. Ainsi en une demi-heure nous voyons défiler plus de 200 moines. Le rituel est incroyable. Une fois la distribution terminée, tout le monde se lève et vaque à ses occupations le plus naturellement du monde. Nous nous installons à la terrasse d'un café à peine ouvert. Après avoir pris notre petit-déjeuner, nous changeons d'hôtel pour la troisième fois en trois jours. Nous sautons ensuite dans un tuk-tuk camion direction les chutes d'eau de Kuang Si. La route serpente à travers les rizières. Au bout d'une heure nous arrivons. Nous avons hâte de tester les piscines naturelles. Tellement hâte que nous empruntons l'accès goudronné, laissant sur notre droite un sentier de randonnée. Nous arrivons au pied des chutes. Il y a un concours de beaute sur l'aire de pic-nic. Sur la droite, un petit pont en bois traverse les chutes puis un sentier monte vers ce que nous espérons être les fameuses piscines naturelles. Au bout de dix minutes de bonne grimpette, le sentier s'arrête net. Nous rebroussons chemin. Il doit s'agir du chemin qui part vers la gauche. Nous l'empruntons. C'est reparti pour 20 minutes dans la forêt. Il fait très très chaud, la pente est très très raide, nous perdons des litres d'eau.
Encore raté. Nous sommes au dessus des chutes dans un trou d'eau croupie qui est un vivier à moustiques. Nous redescendons et demandons à un guide local. Il fallait prendre le petit chemin de terre. Les piscines sont devant nous dorénavant. L'eau est cristalline. Nous devons cependant nous contenter de les regarder car nous avons fixé une heure de retour avec notre chauffeur de tuk-tuk. Il est presque 15 heures quand nous nous attablons devant un poulet au curry. La fin d'après-midi sera consacrée à la détente.

Le lendemain matin, nous changeons à nouveau d'hôtel. Nous sautons dans un tuk-tuk direction l'aéroport. Il s'agit d'un grand jour puisque les parents de Nayla arrivent de Bombay via Bangkok. Les fêtes de la nouvelle année continuant de battre leur plein, nous nous sommes équipés de deux parapluies afin d'éviter les bombes à eau, seaux d'eau et autres pistolets à eau. Les autochtones sont très joueurs que ce soit entre eux ou avec les touristes. Nous prenons possession de nos chambres et allons déjeuner. Malgré la fatigue des parents bobos, nous prenons un bateau pour retourner sur l'île d'en face. Après un massage, nous dînons dans un restaurant français "l'éléphant". Le moelleux au chocolat fait mouche.

Le lendemain, nous reprenons le même batelier que la veille. Il parle bien français. Des restes du lycée nous explique t'il. Il est souriant et nous sommes conquis. Nous remontons le Mékong à contre courant à bord de son bateau. Le temps s'écoule lentement, le soleil commence à se faire présent. Il nous faudra deux heures pour arriver aux grottes de Pak Ou. Un escalier monte le long de la falaise jusqu'a une première grotte. Celle-ci contient une collection de 4000 statues de bouddha de toutes les tailles. Un chemin avec des centaines de marches monte vers une deuxième grotte, Des enfants, sales et en guenilles, vendent des moineaux dans de petites cages en bambou. La coutume veut qu'une fois arrivés en haut du chemin, nous fassions un voeux. Pour qu'il se réalise, il faut ouvrir la cage et laisser le petit oiseau s'envoler. Nous distribuons des bics aux enfants. C'est l'émeute. Cinq, puis dix puis vingt bambins pleins d'impatience tendent leurs mains pour attraper un bic. Les plus grands portent les plus petits. Il n'y en aura pas assez pour tout le monde. La montée est rendue pénible par la chaleur. une femme loue des torches à l'entrée de la seconde grotte. Il fait frais et sombre. Une statue de bouddha trône au fond. Nous redescendons. La vue sur le Mékong est magnifique. Nous reprenons le bateau et nous arrêtons dans un village traditionnel. Des hommes distillent l'alcool de riz dans des alambiques. Leurs étals recèlent de bouteilles d'alcool où serpents et autres scorpions sont prisonniers. Le vendeur nous vante les mérites aphrodisiaques de la potion en utilisant des gestes compréhensibles par un mineur mais peu urbains voire classés X. En nous enfonçant dans le village, nous découvrons un joli temple avec, dans la cour, une petite maison rose bonbon. Le bateau nous attend sur la berge. Il ne nous faudra, dans ce sens, qu'une heure pour rejoindre Luang Prabang. Après le déjeuner et un massage, il est déjà l'heure de rejoindre l'aéroport.

Nous partons le soir même pour
Vientiane, la capitale du Laos. Les turbulences secouent notre ATR 42 à hélices. Un taxi anglais nous attend à notre arrivée. Un homme élégant en descend et s'occupe de nos bagages. L'hôtel a un charme très colonial.
Le jour se lève. Nous découvrons la ville à pied. Elle ne nous émeut pas. Notre progression est difficile, la température avoisinnant les 36 degrés dès dix heures du matin. Nous partons trouver un peu de fraicheur dans un mall. Nous nous faisons copieusement arroser par la population qui fête le nouvel an. L'après-midi se déroulera au bord de la piscine. Le soir, tous les restaurants sont fermés pour cause de nouvelle année. Quelle drôle d'idée une nouvelle année qui ne tombe pas un 31 décembre et surtout par cette chaleur. Nous atterissons en fin de compte dans une bakery scandinave et nous nous régalons d'immenses pizzas. Nous finissons la soirée par une partie de bowling. La salle est digne de celle du Jardin d'Acclimatation et les locaux sont de redoutables joueurs.

Le réveil est difficile. Le vol pour
Pakse est à six heures du matin. A notre arrivée un mini bus nous conduit à un embarcadère, situé à une heure de l'aéroport. Des embarcations en bois déchargent sur une plage de sable brun leurs flots de piétons et de mobylettes. Nous embarquons pour vingt minutes de navigation sur une grande planche de bois entre deux coques; des chaises en osier nous permettent de nous asseoir. L'hôtel en bois fait face à une immense plage. Des buffles descendent de la plage pour s'ébrouer dans l'eau. Un motoculteur nous attend et emprunte un chemin de nattes pour gagner la réception. Bienvenue à l'éco-lodge la "Folie N". Nous prenons un petit déjeuner. Puis nous nous saisissons de quatre VTT que nous embarquons sur le navire de fortune. Nous gagnons la bourgade de Champassak sur l'autre rive. Une route goudronnée de 8 km doit nous mener au Wat Phou, temple de la période Khmer (comme les temples d'Angkor) perdu dans la montagne. Les habitants fêtent dignement la nouvelle année. Ils se réunissent au son de mauvaises sonos, boivent de la bière, dansent et jettent de l'eau. Au bout de quelques coups de pédales, nous sommes trempés. La route est bordée de maisons, de temples et de champs. Des femmes récoltent le riz. Leurs tenues colorées se détachent des champs verts. Au bout d'une heure de vélo, toujours pas de temple en vue. Il est finalement beaucoup plus loin que prévu, ce qui nous oblige à emprunter au gardien sa mobylette pour aller chercher la maman de Nayla qui a calé à 500 mètres de là, lasse de nos promesses.

Le temple se repartit sur trois niveaux. Au niveau inférieur des colonnes accueillent le visiteur. Au niveau intermédiaire, deux palais en ruine nous permettent d'apprécier toute la finesse de l'architecture khmère. Des marches en pierre conduisent au niveau supérieur entre forêt et falaise. Un temple abrite une statue de bouddha devant laquelle des pèlerins se recueillent et déposent des bâtonnets d'encens. Le retour se fera en tuk-tuk, les vélos sur la galerie. L'après-midi sera consacrée à la sieste et à des ploufs dans la piscine.

Le lendemain matin après le motoculteur et la barque, nous montons dans un minibus direction Don Khong et les 4000 îles. Nous suivons toujours le cours du Mékong, ce fleuve traverse cinq pays. Au bout de deux heures de route, nous mettons pied à terre sur une plage de terre ou sont accostés une vingtaine de bateaux en bois. L'endroit est touristique à en juger le nombre de cars et d'échoppes en bois. Nous embarquons et empruntons un canal. Au bout d'une demi-heure nous arrivons à Don Det qui fait face à Don Khon. Une rue en terre traverse un village sans âme. Des restes du passé colonial français de l'île sont encore visibles : des maisons en ruines, un pont et une ligne de chemin de fer. Cette dernière était utilisée pour transporter les marchandises en provenance du Cambodge qui étaient déchargées en amont des chutes afin de les recharger ensuite sur d'autres navires. Elles pouvaient ainsi poursuivre leur trajet sur le Mékong vers la Chine. En allant découvrir les fameuses chutes, l'idée germe de ne passer qu'une journée à visiter les îles. Un avion semble partir le lendemain matin de Pakse. Nous écourtons un peu la visite et remontons dans la barque. Une multitude de canaux serpentent entre les îles. Des enfants relèvent avec agilité leurs lignes de pêche en attrapant la bouteille en plastique flottant à la surface. Il faudra plus de trois heures à contre courant et en suivant le chenal matérialisé par des bornes de béton rouges et blanches pour arriver à Don Khong. Puis deux autres heures de bus pour rejoindre Pakse. Sur la route des buffles profitent de mares de boue pour se rafraîchir. On dirait des jacuzi nature et découverte. L'hôtel est glauque et le dîner fade. A cinq heures du matin, un tuk tuk nous attend direction l'aéroport. Nous parvenons à changer nos billets et à embarquer direction Siem Reap au Cambodge.

Par Les bobos voyageurs
Dimanche 6 avril 2008 7 06 /04 /Avr /2008 16:08

Après plus d'une semaine passée à Chiang Mai, nous décidons de fuir la pollution et la chaleur. Nous partons vers Pai, petit village de 3000 habitants, situé à 4 heures de bus au nord ouest de Chiang Mai. Nous y restons 2 jours et nous baladons en mob à travers les montagnes et les rizières. Le village est une retraite hippie. L'ambiance est très zen.

Nous regagnons ensuite Chiang Mai, nous y passons une journée avant de partir vers Chiang Rai. Chiang Rai se situe à 4 heures de bus de Chiang Mai... ou à 40 minutes d'avion. Bon bobos que nous sommes, nous penchons vers la solution aérienne : une promo aura raison de nos derniers scrupules. Nous embarquons donc au premier rang d'un minuscule coucou de 10 places. Apres avoir consulté pendant trois heures sa feuille de route, le pilote fait décoller son engin. Puis au beau milieu de la montée nous entendons un horrible.... biiiiip..... et là, tous les écrans de contrôle s'éteignent. Le pilote et le co-pilote sont étrangement peace, nous pas du tout!
C'est promis, si nous en réchappons, nous deviendrons de vrais routards et prendrons le bus comme tout le monde! Nous atterrissons finalement après avoir survolé de magnifiques paysages.

Chiang Rai présente peu d'intérêt mais c'est une halte nécessaire pour se rendre au Laos. Nous y passons une journée et décidons de partir plus tôt que prévu vers notre prochaine destination.

 

Par Les bobos voyageurs
Samedi 5 avril 2008 6 05 /04 /Avr /2008 07:21
Nay-006.jpg Après Yangon et une pause de quelques heures à Bangkok, nous rejoignons Chiang-Mai. Cette ville située au nord de la Thaïlande est le paradis des voyageurs. A tous les coins de rue et pour quelques bahts, nous trouvons des centres de massages, des scoots (il y en a même un Hello Kitty tout rose) à louer, des laveries, des échoppes de nouilles trop bonnes, des écoles de cuisines, des cours de yoga et des guest houses accueillantes. Tout cela nous donne envie de poser nos sacs quelques jours...

Nous avons déjà nos petites habitudes. Notre journée débute par un petit déj healthy au bar du Juicy 4 U, petit café bio coloré tout en bois. Le patron, en fonction de l'état de santé du client, détermine la composition de son cocktail de fruits. Il sert aussi du jus de wheatgrass, plus connu chez Cojean sous le nom de jus d'herbe! C'est notre café bobo de Chiang Mai.

Une fois notre petit dejeuner avalé, nous nous rendons à notre cours de Yoga chez Namo. Le prof russe est trop bo. Il a une voix suave. Rom l'appelle popeye parce que :
1- La semaine dernière, nous nous sommes poilés devant Les Bronzés et Les Bronzés font du ski qui passaient en boucle sur TV5.
2- Rom est persuadé que le prof, à l'instar de Thierry Lhermite, se tape tout Chiang Mai. Il faut dire qu'un nombre incroyable de nanas défilent dans ce joli centre de yoga et que nous en avons déjà vu une ce matin, lui proposer un petit dîner...
Oui Elo, Rom est un peu jaloux ;-)
Moins depuis que je sais que le prof a une copine made in USA.
Quoiqu'il en soit, nous adorons son cours.

Après une bonne douche, nous déjeunons un plat de nouilles dans la rue. La chaleur à cette heure-ci est limite tenable et nous conduit souvent à la micro sieste.
L'après-midi est consacré à la découverte de la ville, qui compte également une multitude de temples et de marches. La journée se termine entre les mains expertes des masseuses thaï.
Par Les bobos voyageurs
Vendredi 4 avril 2008 5 04 /04 /Avr /2008 06:55

nay.jpg Nous arrivons à Yangon, capitale du Myanmar. La navette de l'hôtel nous a oublié, nous prenons un taxi : une toyota hors d'âge et limite hors d'usage. Ils sont tous comme ça, de toute manière! Le chauffeur, souriant, nous indique les points d'intérêt de la ville. Nous arrivons dans notre bel hôtel, au bord du Lac Kandawgyi. Notre chambre donne sur une longue passerelle en bois qui enjambe le lac. Après une courte pause dans une salle internet pour lancer le téléchargement de nos photos sur le blog, nous déjeunons dans un resto thaï désert. Nous retournons ensuite à notre internet pour nous rendre compte que le téléchargement a été interrompu : la gentillesse des birmans frôle l'ingérence. Le jeune responsable a pris l'initiative de réduire la taille des photos. Résultat : aucune photo n'a été téléchargée car une fois la taille réduite, une coupure d'électricité nous stoppe dans notre élan. C'est courant les coupures d'électricité ;-) Fatigués, nous filons à l'hôtel pour une après-midi dans les bras de Morphée. Nous dînons dans un resto chinois qui a dressé quelques tables en plastique sur le trottoir d'une avenue passante.

Le petit déj nous reconcilie avec la vie... provisoirement! A vouloir faire des économies, nous déclinons l'offre du taxi hélé par le concierge de l'hôtel et qui refuse de négocier le prix de la course. Nous avons repéré des taxis en face de l'hôtel : nous en sommes certains, le prix sera meilleur! En fait pas du tout, non seulement le chauffeur ne visualise pas notre destination mais en plus le prix est le même. C'est le moment que choisit un pigeon pour nous chier dessus (c'est le jour que Nayla a choisi pour mettre son pantalon blanc made in India : intuition féminine quand tu nous tiens!). Retour a la case hotel. Nous nous faisons une promesse : arrêter de nous compliquer la vie pour 0.5$.

Nous partons vers le centre ville pour déposer du tissu à un tailleur qui doit confectionner de jolis chemisiers à partir d'un modèle très parisien. Il occupe le premier étage d'un petit bâtiment. Les femmes cousent assises en tailleur ;-) au milieu de chutes de tissus et de vieilles Singer noires. Des souvenirs de famille nous reviennent. Nous déjeunons des mauvaises brochettes dans un pseudo restaurant coréen.


Nous consacrons l'après midi à la visite du monument emblématique de la ville : la Paya Shwedagon. Cette pagode en forme de cloche est surmontée d'un stupa doré qui culmine à 98 mètres. C'est un peu leur Tour Eiffel à eux en beaucoup plus vieille puisque les archéologues estiment qu'elle remonte à la période Mon, entre le VIè et le Xè siècle. De nombreux édifices entourent ce monument. Ce sanctuaire bouddhique est très fréquenté par les moines, les nonnes et les pèlerins. La lumière et le silence invitent à la méditation. Un ballet de balais nettoyant l'esplanade offre un joli spectacle.
Une terrible envie de pizza nous conduit dans un joli jardin au bord du Lac Inya.

La matinée de notre troisième jour est tranquille. Pour le déjeuner, nous nous arrêtons dans un noodle shop bof bof. Nous rejoignons ensuite le quartier du tailleur et déambulons dans les ruelles du scott market avant de visiter la Paya Sule. Il est cocasse de voir une pagode vieille de 2000 ans cernée de batiments administratifs et de commerces qui fait aussi office de rond-point. C'est un peu leur Arc de Triomphe à eux. Nos flâneries nous mènent au bord du fleuve. Des hommes jouent à se faire des passes avec un ballon en osier; leur danse pleine d'adresse nous fascine. Des bateau bus attendent d'être pleins pour reconduire les travailleurs chez eux. Une nouvelle envie de pizza. A l'hôtel, un billet doux a été glissé sous notre porte : demain, notre avion est encore plus tôt que ce que nous pensions : décollage à 6h30.


Nous arrivons à Bagan, zone archéologique de 42 km2. Il s'agit d'une plaine arride dans laquelle furent érigés plus de 4000 temples entre le XIe et le XIIIe siècle. Plus de 3000 sont encore debout aujourd'hui. Cet endroit magique se visite surtout en carriole à cheval ou à vélo.
La carriole numéro 178 nous emmène sur des chemins de terre à la découverte des principaux temples. Nous sommes seuls. Nous visitons ces merveilles architecturales, parfois guidés par le maître des clés.  L'un d'eux, un jeune homme simplement vêtu d'un sarong, est fier de nous conduire à travers un dédalle de couloirs et d'escaliers sombres jusqu'à la terrasse principale. Il nous faut nous plier.  Le spectacle de la haut est à couper le souffle. Le jeune homme, pour nous impressionner, grimpe pieds nus au sommet du temple. Dans une autre pagode, nous prenons le temps d'admirer les peintures murales représentant Buddha. Des enfants, voulant nous vendre quelques souvenirs "pas chers" nous suivent et commentent les statues de Buddha. Une petite fille nous dit qu'elle va nous montrer la statue du petit Buddha qui dort. Au détour d'un couloir et alors qu'elle aperçoit un autochtone endormi, elle s'écrie malicieuse : "petit buddha qui dort"! La statue est autrement plus belle. Nous remontons en carriole direction le fleuve Ayeyarwady. Nous embarquons sur un "long boat" pour nous imprégner de la vie du fleuve et approcher ces villages de pêcheurs disséminés sur quelques bancs de sable. La misère est palpable. Des enfants cachés derrière des filets de pêche nous crient des "hello", comme inconscients de la vie qui se joue ici.  Des barges passent à un rythme peu soutenu. Deux hommes postés à l'avant sondent à l'aide de tiges de bambous peintes en rouge et blanc la profondeur du fleuve. Quelques petites navettes en bois dans lesquelles s'entassent moines et vélos font la liaison entre les deux berges. Le temps paraît s'etre arrêté à Bagan. Une chose est sûre. Si le pays venait à changer de régime dans les années à venir sous la pression internationale, il s'ouvrirait alors au tourisme. C'est peut-être les dernières années pour découvrir le Myanmar dans ces conditions de solitude.

Le lendemain nous avons prévu d'aller au Mont Popa à une cinquantaine de kilomètres de Bagan. Nous nous sommes entendus avec un homme posté avec sa petite voiture pick up bleue devant le porche de l'hôtel pour un départ à 9 heures. Quand nous sortons de l'hôtel c'est comme si tout les habitants du village que nous avions croisés la veille s'étaient donnés rendez-vous pour nous saluer et nous proposer leurs services. Nous sommes en famille. L'homme à la voiture est venu avec son neveu, un "good driver". Ce n'est pas en lui que nous n'avons pas confiance mais en sa voiture Playmobile. Une Mazda, modèle inconnu. Les deux hommes prennent place sur des sièges en bois à l'avant de la voiture tandis que nous nous faisons face à l'arrière dans des conditions similaires. Nos jambes se touchent. Le voyage promet d'être épique. La voiture pétarade et file à 40km/h. Nous pensons que son moteur ne tiendra jamais, surtout lorsque nous finissons par aborder en première des lacets de montagne. A moins que ce ne soient les roues vu l'état des routes. Petite frayeur en haut d'une côte. Ce n'est finalement qu'un changement de bidon d'essence dans lequel le conducteur replonge sans tarder un tuyau transparent. Des jeunes passant dans un taxi collectif plus rapide nous jettent de l'eau, pour rire.

Au bout de deux heures, nous arrivons incrédules au mont Popa qui domine la plaine de Myingyan du haut de ses 737 mètres. Au sommet se niche une pagode. Nous grimpons marche par marche entre les vendeurs ambulants. Des singes s'amusent sur les marches. Parfois à faire peur aux touristes et pèlerins en tentant de leur chipper une casquette ou une bouteille d'eau. Le temple n'est finalement pas ce que nous pouvons appeler une prouesse architecturale. La vue est certes belle. Pour quelques dollars et moyenant un don, une plaque avec le nom et la ville du donateur peut être apposée devant un autel. Nous trouvons l'idée drôle. Nous recroisons le groupe de jeunes qui nous avaient lancé de l'eau. Ils nous demandent de prendre des photos avec eux. Nous les sermonons un peu et refusons. Deux allemands se joignent à l'explication et nous échangeons quelques informations sur le voyage. Nous nous quittons presque amis.

Notre chauffeur nous attend. Au bout de quelques kilomètres, il nous fait le coup de la panne. La vraie. Boite "séquentielle" boîte à sardines à 6 rapports cassée. Il soulève le tapis plastique sous ses pieds. Deux tiges disjointes, cela ne semble pas de bonne augure. Sans manifester la moindre émotion, il ouvre le capot et reste évasif. Parcourt une dizaine de mètres sur la route en se frottant la tête, tente de chercher de l'aide. Revient. Nous ne parvenons pas à nous comprendre. Il arrête une voiture et griffonne un mot sur un vieux papier journal qu'il tend au chauffeur. Nous attendons sous un soleil de plomb. Nous décidons finalement de laisser l'homme à sa mécanique et arrêtons les rares voitures qui passent. Soudain, une Jeep verte surgit avec les deux allemands. Nos cris les arrêtent. Ils acceptent de nous reconduire à Bagan. Sauvés. Nous laissons tomber comme une vieille chaussette notre chauffeur et celui d'un mini van qui était venu nous dépanner. La jeep fend l'air. Un temps nous avions renoncés au confort bobo, ça nous apprendra! L'après-midi est plus sereine et c'est à vélo que nous repartons sur les chemins de terre découvrir d'autres temples. La lumière est belle, nous sommes encore seuls. Nous escaladons un temple pour admirer le coucher de soleil sur la plaine. Le vol du lendemain est à 7 heures.


Nous nous posons au Mandalay International Airport. Ils sont tous "internationaux" ces aéroports de campagne même si aucun avion étranger ne s'est jamais posé et que les seules liaisons possibles sont Yangon-Bagan-Heho-Mandalay. En boucle matin et soir.
Le réceptionniste de l'hôtel de Yangon qui y était né et y avait fait ses études de francais, nous avait prévenus : "Hot Mandalay, Hot". Pas au sens du lapin Playboy. A Mandalay il fait chaud, très chaud, trop chaud. Notre première journée est consacrée à la visite du Palais Royal, enfin plutôt de sa pâle reproduction puisque le palais d'origine a été détruit lors de la guerre en 1945. Cet édifice se trouve à l'intérieur de murailles de 8 mètres de haut bordées de douves. Un sentiment de tristesse s'empare de nous à la vue de ce lieu dorénavant sans âme. Nous comprenons vite que marcher est pénible, que trouver un cyclopousse ou un taxi relève de l'exploit après une certaine heure et que le personnel de l'hôtel, après nous avoir posé 30 questions sur nos intentions, en trouve moyennant commission. Pour être libres, une mobylette s'impose. Nous en demandons une à l'hôtel mais tout est si compliqué que nous décidons de la trouver nous-même. Nous avons une piste dans la rue du Nylon Ice Cream bar. 

Le lendemain matin nous hélons un cyclopousse. Un vieux monsieur charmant nous fait monter dos à dos sur son engin. Nous avons peine à le laisser pédaler sous cette chaleur. Lui est content. Il semble cultivé et en connaît un rayon sur les pays étrangers alors qu'il nous avoue ne jamais être sorti du Myanmar. Quelques birmans parviennent illégalement en Thaïlande. Guère plus loin. La mobylette louée, nous nous laissons avaler dans le flot de la circulation direction le monastère de Kyaunng Shwe in Bin. Il est installé au bord d'une petite rivière traversée par un vieux pont en bois. Nous sommes dans le quartier des moines. Nous surprenons deux d'entre eux en train de lire un journal de foot. Un autre indique son chemin à une vendeuse de balais. En passant devant le monastère Kyaung Mae Soe Yein Nu, plus en retrait de la rivière, un jeune moine nous interpelle de loin. Il semble désireux de communiquer avec nous. Nous passons la grille d'entrée, enlevons nos chaussures et le rejoignons. Des vieux batiments donnent sur une cour. Nous sommes dans une école. Il nous invite à nous assoir sur des planches de bois surélevées, sous un abri. Une dizaine de moines se rapprochent. Leur premiere question porte sur la différence entre nos deux pays. Puis les questions s'enchainent. Nos échanges durent deux heures. Le moment est unique, mais nous devons les quitter. Nous revenons vers le palais et nous lançons à l'assaut des 230 mètres de la colline de Mandalay. La mobylette peine, obligeant Miss B. alias "Diabolo" à descendre et Romain alias "Satanas" à tourner à bloc la poignée de gaz. Le sanctuaire ne retient notre attention que quelques dizaine de minutes. Au pied de la colline, nous faisons une halte à la Paya Kuthodaw entourée de 729 stèles de marbres installées chacune dans un petit stupa. Elles sont la gravure des 15 livres du Tripitaka. On estime qu'à raison de 8 heures par jour, il faudrait 450 jours à une personne pour en lire la totalité. Ces dômes blancs dans la lumière donnent un sentimement de quiétude. Nous croisons de jeunes nônes de six voire sept ans au détour d'un chemin, toute de rose vêtues. Elles transportent les ordures ménagères dans un panier d'osier. Nous rentrons à l'hôtel. Le personnel à l'entrée nous prend manifestement pour des fous, avec une pointe d'admiration.

Le lendemain nous décidons d'aller à 12km de Mandalay, à Amarapura. Le pricipal centre d'intérêt de cette bourgade est le pont U-Bein, passerelle en teck de 1,2km construite dans les années 1830. La route est encombrée et les indications rares. Un homme en scooter, à qui nous demandons notre chemin, nous indique de le suivre. Il semble aller au même endroit que nous. Dans Amarapura, face à une station de train que nous souhaitons photographier, nous lui faisons un signe de la main pour le remercier. Il est distant de 50 mètres. Il continue à faire des signes. Je gare la mobylette pendant que Nayla se prépare à photographier la scène. Des hommes chargent des sacs de charbon. L'homme fait demi-tour et file vers Nayla. Il est bien habillé, petite chemise bleue qui pourrait faire penser à un fonctionnaire. Il se plante devant elle et lui dit calmement : "U-Bein bridge, this way". Nous pensons aussitôt que ces ouvriers effectuent un travail forcé qu'il est interdit de photographier. Et puis les questions nous assaillent : qui est-il? nous suivait-il ? Bizarre. Le pont est majesteux avec ses longues jambes en bois. Nous le parcourons croisant vendeurs ambulants, moines, bicyclette, femmes revenant des champs et groupe de "Pintades". Une "Pintade" c'est un ou une touriste voyageant en bus climatisé, souvent en short Quecha, peu respectueux des traditions locales et qui parle fort pour bien montrer qu'il voyage bien ! Une fois sur l'autre berge, nous effectuons la traversée inverse en bateau. Il fait très chaud et nous avons faim. Trouver de l'essence pour la mob s'avère compliqué. Nous retournons à Mandalay à la recherche d'une piscine laissant la visite des cités anciennes pour un autre voyage ! La piscine municipale nous coûte 100 kyats. Le bassin est plein à craquer. L'eau est surtout jaunâtre. Nous tournons les talons. L'hôtel de luxe voisin a lui aussi une piscine. A 7 dollars l'entrée, nous faisons de même. Nous retournons à la Paya Kuthodaw pour la photographier au soleil couchant. Un moine novice revise, carnet rouge à la main. Nous engageons la discussion. Il a fait des études pour devenir avocat. Mais il hésite à devenir moine. Il est érudit pour son âge. Lui aussi souhaite connaître les moeurs de notre pays. Ses mots contre le pouvoir en place au Myanmar sont durs mais ne sont que la réalité de ce que nous avons ressenti.


Le vol du lendemain nous emmène à Heho, porte d'accès au Lac Inle. L'aéroport de campagne voit se poser le vol Air Bagan W009. Nous partageons un Taxi avec un brésilien et une française installés à Bali. Nous partageons nos sentiments sur le pays. Après une heure de route, 12 dollars de taxi et 6 de droit d'entrée au site, nous sommes à Nyaungshwe. Nous finissions le trajet en long boat. Il emprunte des canaux sur lesquels nous croisons de frêles barques qui se frayent un passage au milieu des jacinthes. Des maisons sur pilotis se dressent dans ce paysage, éparses. Au bout du canal, nous arrivons sur le lac (22km de long et 11km de large). Malgré le bruit du moteur, le calme est palpable. Des pêcheurs lancent leurs nasses en osiers. Ils rament pour se déplacer en se tenant debout à l'arrière de leur barque sur une jambe, l'autre enserrant une pagaie. D'autres habitants récoltent des algues qui serviront d'engrais à leurs cultures de tomates ou de riz. Le lac est le poumon des 17 villages qui le bordent. L'hôtel est immense mais vide. Notre petit bungalow sur pilotis a une vue sur tout le lac. Nous marchons sur une route défoncée vers le village de Kaung Daing. Nous sommes au coeur de la campagne profonde. Cinq tables, une pub sexy pour de la bière, trois autochtones regardant dans le vide, un wok géant rempli d'huile au dessus d'un feu et une patronne de 1m 60 avec des cheveux de 1m20, il nous en fallait pas plus pour nous attabler pour le déjeuner. Les nouilles sautées nous ravissent. Après avoir trouvé un bateau pour le lendemain pour parcourir le lac et appréhender ses richesses, nous partons faire une longue marche direction les sources chaudes. Encore un fol espoir de baignade. Après 1h30 de marche, nous apercevons un complexe qui a dû être moderne le jour de sa construction. Nous nous offrons une grimpette jusqu'à un sanctuaire. De jeunes femmes s'occupent de fleurir les différents autels. La vue est belle. D'un côté le lac, de l'autre des montagnes. Nous rentrons à l'hôtel poser nos affaires et faire un petit break. Nous décidons pour le dîner de repartir vers le village situe à 20 minutes de marche de l'hôtel. La nuit est tombée. Nous demandons à la reception de nous louer des vélos. Trop cher et trop compliqué. Nous sortons de l'hôtel et tombons nez à nez avec un local qui nous propose de nous louer des vélos. Nous dînons à côté d'une table de jeunes passablement éméchés au Royal whisky. Que faire d'autre dans ce village que de boire après tout. D'autres jeunes sont attablés dans une échoppe voisine ou la télé crie à tue tête. Nous rentrons sans encombre. Le loueur à qui nous demandons s'il vend des bananes nous offre un régiment de son jardin. C'est jamais mauvais une banane !

Le lendemain, nous partons en long boat à la decouverte de la vie du lac. Les pêcheurs sont aussi fascinants que la veille. Notre guide nous conduit dans différents villages sur pilotis. Ainsi nous découvrons l'artisanat local : tissage, bijoux, ombrelles. Un autre temps. Nous visitons la paya Phaung Daw Oo, site religieux le plus sacré de l'état Shan. A côté du temple, des embarcations richement décorées avec deux canards géants en or en guise de proue sont entreposées. Elles servent aux processions au cours desquelles 4 statues du temple effectuent un voyage annuel sur le lac. Apres le déjeuner, nous nous rendons à Ywama connu pour son marché flottant. Mais nous attendons avec impatience la visite du Nga Hpe Chaung, le monastère des chats sauteurs... (Cf article sur le monastère). La lumière sur le lac se fait douce. Il est temps de rentrer. Nous rejoignons la famille du loueur de barque dans la maison en bois. Ils nous invitent à prendre le thé. Nous parlons un peu. Puis notre soirée se déroule de la même manière que le jour précédent.

Le taxi nous attend. Il est encore tôt. Nous prenons un vol de retour vers Yangon. La navette de l'hôtel nous a oublié, comme à son habitude. Tant pis nous sommes rôdés maintenant. Il nous reste deux jours et nous nous débrouillons pour trouver des activités pour tuer le temps. La balade sur le pont en bois du lac kandawgi au coucher du soleil vient clore notre escapade birmane.

Par Les bobos voyageurs
Samedi 29 mars 2008 6 29 /03 /Mars /2008 06:19

 

Dans l'avion qui nous menait au Myanmar, nous avons commencé, à la lecture du guide, a nous faire une idée plus précise de ce qui nous attendait, même si nous avions connaissance de la situation politique et de l'appel fait aux touristes à boycotter le pays.

Le pays est gouverné depuis 1962 par une junte militaire qui refuse de céder le pouvoir à la Ligue Nationale pour la Démocratie malgré sa large victoire aux élections organisées en 1990 face à la pression internationale. En 1996, le pouvoir aurait fait appel au travail forcé pour la construction d'infrastructures en vue de développer le tourisme. La junte gère des hôtels gouvernementaux dont la manne financière lui revient directement. Le pouvoir surveille et contrôle les médias et les télécommunications, interdisant l'utilisation de certaines messageries mail. Du fait de  cette situation, les compagnies et banques internationales ont délaissé le pays. Le tourisme est réduit à sa plus simple expression.

Les évènements dramatiques qui secouèrent le pays en septembre 2007, d'ailleurs largement médiatisés en europe, ne font que confirmer les tensions politiques qui règnent dans ce pays. Le pouvoir avait, à cette date reprimé par la force, dans le feu et le sang, le mouvement de protestation lancé par les moines bouddhistes. Un journaliste japonais y avait perdu la vie, abattu en exercant son métier.

Lors de notre séjour, nous avons ressenti comme une privation de liberté qui s'est manifestée par la difficulté voire l'impossibilité de faire ce que l'on voulait quand on voulait. Les situations ci-après en sont les illustrations les plus flagrantes. De plus tout ce qui paraissait simple dans les pays voisins, même en Inde, était en fait si compliqué. L'enfermement de la population, ses sourires tristes, son impuissance et sa gentillesse maladroite, n'ont fait qu'exacerber ce sentiment. Ce manque de liberté nous a profondément marqué. C'était la première fois que nous étions confrontes à une telle situation.

Dans ce pays, le dollar est roi. Tout ce qui est chic et cher se paye en dollars. Le reste se paye en monnaie locale...mais pour se procurer de la monnaie locale, pas question de se pointer avec sa CB devant un distributeur automatique : le pays en compte 0! Là encore, il faut des dollars. Pour avoir un taux de change correct, il faut avoir recours au marche noir. Illegal mais pas réprimendé. Il "suffit" de marcher dans la rue, de tendre l'oreille, de négocier le taux de change, de suivre un intermédiaire, de s'assoir dans une officine sombre ou un homme arrive avec des liasses de billets entourées d'un élastique ( 1 dollar = 1000 kyats), de compter, de vérifier l'état des billets et de tendre les coupures en dollars. Les dollars pliés, abimés, ou dont le numéro de série commence par FC ne sont pas acceptés!  Peur de la fausse monnaie!
Nous nous sommes sentis dépendants d'un système qui nous échappait voire qui nous prenait en otage.

Quelques salles internet proposent un accès. Il faut bien sur arriver lorsqu'il n'y a pas de coupure de courant ou être avisés que l'ordinateur peut s'éteindre à tout moment. La connexion est lente. Elle est surtout impossible vers certaines messageries genre hotmail. Le gouvernement contrôlant les systèmes de communications, il faut passer par des serveurs détournés. Celui qu'utilisait le jeune homme responsable du café internet était dénommé "freedom". Le nom est évocateur de la situation.

Mais cela ne marche pas systématiquement : hotmail.com n'a jamais pu être consulté, hotmail.fr deux fois après des dizaines de manipulations et une heure d'attente avant d'obtenir la connexion.
Sans internet pas d'ouverture sur le monde et, humblement impossible d'organiser son voyage sur place.

L'impression d'être surveillé était présente tout au long de la journée. Tout le monde a l'air de vous avoir croisé dans la journée, de savoir ou vous avez dormi, ou vous avez déjeuné, ce que vous avez visisté. Tout le monde, du simple chauffeur de cyclopousse au restaurateur, vous demande ou vous allez, d'où vous venez, ce que vous faites. Volonté de s'ouvrir et de savoir? Surveillance? Nous ne le saurons jamais. Dans un des hôtels, un membre du personnel rentrait dans notre chambre systématiquement dès que nous la quittions, les objets changeaient de place. Comme si notre vie était passée au peigne fin.
Un couple, rencontré au Lac Inle, nous disait que certaines zones étaient interdites aux étrangers et qu'un soir, alors qu'ils souhaitaient dormir dans une pension de village, ils avaient été conduits poliment mais fermement dans une zone réservée aux touristes.

Difficile de profiter sereinement de la beaute d'un pays dans ces conditions même si tout est fait pour séduire le touriste. 

Nous nous sommes sentis à la fois relativement libres de mouvement et totalement privés de liberté.

La population,elle, est juste privée de liberté.

Par Les bobos voyageurs
Samedi 29 mars 2008 6 29 /03 /Mars /2008 05:31

Il est un monastère à la réputation un peu étrange installé sur des pilotis au milieu du Lac Inle. La monastère Kyaung Nga Hpe, autrement appelé monastère des chats sauteurs (Jumping cats monastry!). Le nom nous fait poiler. Les moines bouddhistes partagent leur temps entre méditation et dressage des chats. Ils leur ont appris à sauter à travers des petits cerceaux. Tout un programme !

Quand nous pénétrons à l'intérieur du temple, il y a effectivement un moine priant assis sur une petite estrade. Un peu trop les yeux dans le vague pour être totalement honnête! Devant lui il y a effectivement un gros chat dormant du sommeil du juste sur un lino fleuri. Nous voulons absolument voir les prouesses de ce chat. Nous pensons qu'il y a des séances régulières ou qu'il suffit de demander au moine de le faire sauter pour nous.

Nous nous approchons de lui et les mains jointes nous lui demandons de bien vouloir faire jumper sa bête de concours.

Il nous répond d'un air peu convaincant que les chats du monastère sont gravement malades et, que celui qui reste étendu devant nous n'est pas au mieux de sa forme. Nous avons une mauvaise pensée. Nous nous disons surtout que le moine est faux-cul, qu'il en a marre de faire le clown et que son gros matou est totalement lazy. Lazy Cat! 

Il va bien finir par sauter. Nous tapotons sur le sol devant lui en essayant d'imiter un dresseur. Le chat ne bouge pas. Nous mettons un billet dans la caisse à offrande en prenant bien soin de se faire voir par le moine. Rien! Le moine nous regarde compatissant. Nous lui demandons s'il les a montrés à un vétérinaire, histoire de bien lui fait comprendre que sa version des faits nous semble farfelue. Rien !

Nous décidons de nous assoir sur le sol et d'attendre. Il va bien finir par se produire quelque chose. Surtout qu'un groupe de japonnais, venu pour la même chose que nous, vient s'assoir à quelques mètres. Se préparant pour le spectacle, ils font passer une corbeille dans laquelle chacun met des billets en guise d'offrandes. A la vue de cet argent nous nous disons que le moine ne va pas pouvoir refuser plus longtemps de débuter son spectacle. Un japonnais rampe à genoux jusqu'au moine pour lui apporter les offrandes. Le moine devient rouge et gêné. Est-ce à cause de notre présence et du refus qu'il nous a opposé alors qu'il s'apprête à faire le show pour plus d'argent ?

En fait le moine explique au groupe d'une voix calme que les chats sont gravement malades : douleur d'estomac, peu d'appétit et fatigués. Il parle d'épidemie dans les villages voisins, de causes étranges et de cas mortels. Nous sommes embétés pour lui. Nous nous en voulons un pour nos mauvaises pensées.

Le groupe s'en va, dépité.

Nous prenons la photo du chat survivant et la photo de la photo du chat sauteur au temps de sa gloire.

Juste pour le plaisir de vous conter cette histoire.

 

Par Les bobos voyageurs
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus