Stop de deux jours
entre Inde et Myanmar !
Modernité et propreté règnent dans l'aéroport. Le guichet taxis est d'une organisation sans faille. Cela n'empêche pas notre chauffeur de se perdre dans les dédales de ruelles. La communication
est difficile tant son anglais est proche du thaï. Quelques coursiers, affalés devant leur boutique, finissent par nous remettre sur le chemin. L'hôtel est situé au bord du fleuve Chao Phraya. De
là, partent des dizaines de ruelles qui nous mènent à un marché. Pause manucure dans un salon de coiffure d'un autre temps.
Puis de l'embarcadère Tha Wang Lang, nous sautons
dans un bateau bus direction The Oriental (un hôtel mythique à Bangkok). Le bateau est bondé. Sur le côté droit, un emplacement est réservé aux moines. Nous descendons le fleuve au rythme des
arrêts réguliers à des pontons de bois et de fer. Un jeune homme, à l'arrière, guide les manoeuvres à coup de sifflet. Le trafic est intense entre les bateau taxis et les barges regorgeant de
marchandises. Elles sont tractées par de bruyantes petites embarcations. Notre stop est en vue. Nous sommes en quête du fameux massage thaïlandais. Nous déambulons dans les rues lorsque nous
sommes abordés par un vieil homme qui nous inspire confiance. La discussion s'engage sur les curiosités du quartier. Nous lui soumettons alors notre recherche. Sans tarder, il hèle un rickshaw et
lui indique l'adresse d'un centre tout en nous garantissant bienfaits et bonheur. L'établissement est sans charme mais une armée de masseuses est prête à oeuvrer. Cependant le tarif, incluant
certainement les commissions du vieil homme jovial et du chauffeur, nous fait faire demi-tour. Comme le Lonely Planet le dit si bien : "dans cette ville survoltée, si quelqu'un vous
adresse la parole, c'est qu'il en a apràs votre argent". Bien vu !
La mission du jour 2 est d'administrer à Romain sa troisième et dernière injection contre l'hépatite B. La chose semble
aisée : notre hôtel se situe à un bloc d'un hôpital public bordé d'une vingtaine de pharmacies. Le précieux serum est vite acheté. Ne reste plus qu'à trouver le médecin. Nous entrons
dans l'hôpital. Il ressemble à la Gare Montaprnasse un jour de grand départ. Nous poussons porte sur porte et tombons nez à nez avec toutes sortes de curieuses et inquiétantes pathologies. Au
bout d'une demi heure, nous sommes finalement orientés vers le 4ème étage, bureau 404, centre des vaccinations. Il faut d'abord s'enregistrer au bureau 101, 1er étage! Nous faisons craquer
l'infirmière avec notre air perdu et dépassé. Pour nous, elle accélère la procédure : un formulaire et une photo plus tard et nous voici en possession de la carte de membre de l'hôpital.
Nous remontons au bureau 404, maintenant fermé pour la pause déjeuner. A sa réouverture, une infirmière bien compétente et efficace administre le vaccin en deux temps trois mouvement : même pas
mal!
La pluie salue notre sortie.
Nous sautons dans le bateau direction Tha Chang. L'embarcadère donne sur une place. Des parasols abritent une quinzaine de restaurants de rue. Nous avalons un riz sauté et des nouilles sur une
petite table en plastique. Nous attaquons ensuite la visite du Wat Phra Kaew, temple du bouddha d'émeraude et du Grand Palais, ancienne résidence royale. Nous enchainons la visite du Wat Pho,
temple qui possède le plus grand bouddha couché de la Thailande : 46 mètres de long et 15 mètres de haut! Nous jetons des pièces dans une centaine de pots de cuivre, ceci est censé nous
porter bonheur. Nous sautons ensuite dans un rickshaw direction le Mahboonkrong dit MBK (c'est quand même plus simple). Le MBK c'est un centre commercial avec 4 étages de boutiques "
normales" et un étage de petits stands avec du kitsch et surtout du fake. Il est déjà 8 heures. Retour à l'hôtel en rickshaw. Le chauffeur est un pilote qui fait gronder son moteur à chaque feu.
Nous avons l'impession d'être dans un jeu video. Il faut dire que son engin n'est en rien comparable aux pétrolettes de l'Inde. Ici on a affaire à du dragster!
Petit dîner romantique au bord du fleuve. Nuit courte... notre avion est à 6 heures du matin et l'aéroport a une heure de
route de notre hôtel. A quelle heure nous sommes-nous levés ?

Après
13 heures de voyage, nous arrivons à Varanasi, cité de Shiva, ville sainte au bord du Gange. Nous sommes fascinés par cet endroit qui, malgré une activité débordante est empreint d'une
incroyable spiritualité. Nous passons notre temps à nous promener sur les Ghâts, succession de marches à ablution descendant jusqu'au fleuve; la plupart servent la vie quotidienne des habitants
et des vaches : bain et lessive, les autres le Sacre : prières et crémations. Nous nous sentons bien dans cette ville : nous nous baladons en cyclo-pousse et prenons nos quartiers dans un
coffee shop végétarien et associatif : le bread of life bakery". Dans cette ville où l'alcool est prohibé, Romain a de la chance : notre coffee shop en sert à condition que la lumière soit
éteinte et que le verre soit entouré de sopalin!
Nous
prenons le train de nuit vers Agra ou nous avons decidé de nous arrêter seulement quelques heures : le temps d'admirer le Taj Mahal. Nous sommes censés arriver à 6h ce qui doit nous
permettre de vivre le sunrise sur le Taj. Nos 6 heures de retard (en plus des 12 heures de voyage dans des couchettes pourries) nous obligerons à admirer le palais de marbre blanc sous le soleil
de midi! L'endroit n'en demeure pas moins magnifique.
Après
2 jours dans ce lieu sacré, nous partons vers Jaisalmer, cité dorée trônant au milieu d'un paysage désertique. La traversée du désert du Thar étant longue, nous décidons de faire une halte à
Bikaner. De Bikaner, il n'y a vraiment pas grand chose à dire... Seul son fort est impressionnant. Sa visite nous occupera pendant une heure!
Nous
quittons donc notre cité d'or pour nous rendre à Jodhpur. La ville ne nous séduit pas d'emblée. Nous nous sentons agressés par un tourbillon de voitures et d'hommes, de pollution et de
saleté. Nous nous installons dans un haveli âgé de plus de 500 ans situé dans la vieille ville, notre nuit nous coûtera moins de 15 euros : un record pour des bobos! Nous nous réconcilions avec
la ville et la nourriture indienne (avec laquelle nous commençons a avoir sérieusement du mal) en allant dîner dans un joli restaurant au coeur d'un jardin tranquille éclairé de chandelles.
Nous
décidons de poursuivre notre chemin pour passer la nuit à Udaipur. La route passe par la montagne, des plaines sèches et arides et des étendues vertes au pied de quelques cours d'eau. Des
femmes lavent leur linge au bord d'une rivière. Le paysage, moins désertique que tous ceux que nous avons traversés jusqu’à maintenant, nous enchante.
Départ
vers Bombay, notre dernière étape en Inde. Leila et Greg, des amis des Jul's, nous attendent à Bandra, quartier bobo et bollywood au nord de la ville.
Les Emirats Arabes résonnent dans nos têtes comme pays de l'or noir et des dollars, tours frôlant le ciel, grandes avenues bordées de pelouse et de palmiers verts en
plein désert, Sheikhs au volant de 4X4 blancs rutilants, malls géants, réalisations aussi insolites qu'une piste de ski au soleil. Tout cela est vrai. Mais les Emirats sont avant tout un pays
arabe et musulman. Ce sont alors des femmes dont les voiles ne laissent parfois deviner que leurs yeux, leurs doigts de pieds apprêtés voire leur sac Gucci ou Dior. C'est l'appel des fidèles
à la prière qui se répète 5 fois par jour. Les chants religieux s'échappent du minaret des 5h30 du matin, déchirant la nuit. Cet appel est à la fois inquiétant et mélancolique. À coup sûr
dérangeant pour le sommeil. C'est un week-end qui commence le jeudi soir pour se terminer le samedi soir. Ce sont des petites échoppes désuètes aux pieds de buildings ultra modernes. C'est une
prohibition de l'alcool. Des petits malins ont cependant trouvé une judicieuse parade. À quelques kilomètres du centre d'Abu Dhabi, un petit magasin se blottit sans enseigne et derrière des
vitrines opaques, a l'ombre d'un centre commercial. De l'extérieur, rien ne transparaît : juste un parking et des clients portant des sacs foncés. Ce qui attire l'oeil est un étrange ballet de
voitures de luxe aux vitres teintées. À leur volant, on devine des hommes dont l'oreille est vissée au portable. Après quelques instants, un employé du magasin sort avec un chariot rempli de
marchandises, ouvre le coffre et y enfourne caisses et sacs. Une vitre s'entrouvre de quelques centimètres et des billets en sortent. Le deal est fait. Comme quoi, même les plus fidèles
serviteurs aiment la Bud! Abu Dhabi, et surtout Dubaï, nous ont donné l'impression de villes en perpétuelle construction : des chantiers pharaoniques au milieu du désert. Les Emirats ont été pour
nous la découverte de villes où l'on sent la modernité pousser sur la tradition. Un grand merci à Thierry (papa!!!) pour ces quelques jours si doux et reposants.