Samedi 29 mars 2008

 

Dans l'avion qui nous menait au Myanmar, nous avons commence a la lecture du guide a nous faire une idee plus precise de ce qui nous attendait, meme si nous avions connaissance de la situation politique et de l'appel fait aux touristes a boycotter le pays.

Le pays est gouverne depuis 1962 par une junte militaire qui refuse de ceder le pouvoir a la Ligue Nationale pour la Democratie malgre sa large victoire aux elections organisees en 1990 face a la pression internationale. En 1996, le pouvoir aurait fait appel au travail force pour la construction d'infrastructures en vue de developper le tourisme. La junte gere des hotels gouvernementaux dont la manne financiere lui revient directement. Le pouvoir surveille et controle les medias et les telecommunications, interdisant l'utilisation de certaines messageries mail. Du fait de  cette situation, les compagnies et banques internationales ont delaisse le pays. Le tourisme est reduit a sa plus simple expression.

Les evenements dramatiques qui secouerent le pays en septembre 2007, d'ailleurs largement mediatises en europe, ne font que confirmer les tensions politiques qui regnent dans ce pays. Le pouvoir avait a cette date reprime par la force, dans le feu et le sang, le mouvement de protestation lance par les moines bouddhistes. Un journaliste japonais y avait perdu la vie, abattu en exercant son metier.

Lors de notre sejour, nous avons ressenti comme une privation de liberte qui s'est manifestee par la difficulte voire l'impossibilite de faire ce que l'on voulait quand on voulait. Les situations ci-apres en sont les illustrations les plus flagrantes. De plus tout ce qui paraissait simple dans les pays voisins, meme en Inde, etait en fait si complique. L'enfermement de la population, ses sourires tristes, son impuissance et sa gentillesse maladroite, n'ont fait qu'exacerber ce sentiment. Ce manque de liberte nous a profondement marque. C'etait la premiere fois que nous etions confrontes a cela.

Dans ce pays, le dollar est roi. Tout ce qui est chic et cher se paye en dollars. Le reste se paye en monnaie locale...mais pour se procurer de la monnaie locale, pas question de se pointer avec sa CB devant un distributeur automatique : le pays en compte 0! La encore, il faut des dollars. Pour avoir un taux de change correct, il faut avoir recours au marche noir. Illegal mais pas reprimende. Il "suffit" de marcher dans la rue, de tendre l'oreille, de negocier le taux de change, de suivre un intermediaire, de s'assoir dans une officine sombre ou un homme arrive avec des liasses de billets entourees d'un elastique ( 1 dollar = 1000 kyats), de compter, de verifier l'etat des billets et de tendre les coupures en dollars. Les dollars plies, abimes, ou dont le numero de serie commence par FC ne sont pas acceptes!  Peur de la fausse monnaie!
Nous nous sommes sentis dependants d'un systeme qui nous echappait voire qui nous prenait en otage.

Quelques salles internet proposent un acces. Il faut bien sur arriver lorsqu'il n'y a pas de coupure de courant ou etre avises que l'ordinateur peut s'eteindre a tout moment. La connexion est lente. Elle est surtout impossible vers certaines messageries genre hotmail. Le gouvernement controlant les systemes de communications, il faut passer par des serveurs detournes. Celui qu'utilisait le jeune homme responsable du cafe internet etait denomme "freedom". Le nom est evocateur de la situation. Mais cela ne marche pas systematiquement : hotmail.com n'a jamais pu etre consulte, hotmail.fr deux fois apres des dizaines de manipulations et une heure d'attente avant d'obtenir la connexion.
Sans internet pas d'ouverture sur le monde et impossible d'organiser son voyage sur place.

L'impression d'etre surveille etait presente tout au long de la journee. Tout le monde a l'air de vous avoir croise dans la journee, de savoir ou vous avez dormi, ou vous avez dejeune, ce que vous avez visiste.  Tout le monde, du simple chauffeur de cyclopousse au restaurateur, vous demande ou vous allez, d'ou vous venez, ce que vous faites. Volonte de s'ouvrir et de savoir? Surveillance? Nous ne le saurons jamais. Dans un des hotels, un membre du personnel rentrait dans notre chambre systematiquement des que nous la quittions, les objets changeaient de place. Comme si notre vie etait passee au peigne fin.
Un couple, rencontre au Lac Inle, nous disait que certaines zones etaient interdites aux etrangers et qu'un soir, alors qu'ils souhaitaient dormir dans une pension de village, ils avaient ete conduits poliment mais fermement dans une zone reservee aux touristes.

Difficile de profiter sereinement de la beaute d'un pays dans ces conditions meme si tout est fait pour seduire le touriste. 

Nous nous sommes sentis  a la fois relativement libres de mouvement et totalement prives de liberte.

La population,elle, est juste privee de liberte.

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Samedi 29 mars 2008

Il est un monastere a la reputation un peu etrange installe sur des pilotis au milieu du Lac Inle. La monastere Kyaung Nga Hpe, autrement appele monastere des chats sauteurs (Jumping cats monastry!). Le nom nous fait poiler. Les moines bouddhistes partagent leur temps entre meditation et dressage des chats. Ils leur ont appris a sauter a travers des petits cerceaux. Tout un programme !

Quand nous penetrons a l'interieur du temple, il y a effectivement un moine priant assis sur une petite estrade. Un peu trop les yeux dans le vague pour etre honnete! Devant lui il y a effectivement un gros chat dormant du sommeil du juste sur un lino fleuri. Nous voulons absolument voir les prouesses de ce chat. Nous pensons qu'il y a des seances regulieres ou qu'il suffit de demander au moine de le faire sauter pour nous. Nous nous approchons de lui et les mains jointes nous lui demandons de bien vouloir faire jumper sa bete de concours. Il nous repond d'un air peu convaincant que les chats du monastere sont gravement malades et, que celui qui reste etendu devant nous n'est pas au mieux de sa forme. Nous avons une mauvaise pensee. Nous nous disons surtout que le moine est faux-cul, qu'il en a marre de faire le clown et que son gros matou est totalement lazy. Lazy Cat! 

Il va bien finir par sauter. Nous tapotons sur le sol devant lui en essayant d'imiter un dresseur. Le chat ne bouge pas. Nous mettons un billet dans la caisse a offrande en prenant bien soin de se faire voir par le moine. Rien! Le moine nous regarde compatissant. Nous lui demandons s'il les a montres a un veterinaire, histoire de bien lui fait comprendre que sa version des faits nous semble farfelue. Rien !

Nous decidons de nous assoir sur le sol et d'attendre. Il va bien finir par se produire quelque chose. Surtout qu'un groupe de japonnais, venu pour la meme chose que nous, vient s'assoir a quelques metres. Se preparant pour le spectacle, ils font passer une corbeille dans laquelle chacun met des billets en guise d'offrandes. A la vue de cet argent nous nous disons que le moine ne va pas pouvoir refuser plus longtemps de debuter son spectacle. Un japonnais rampe a genoux jusqu'au moine pour lui apporter les offrandes. Le moine devient rouge et gene. Est-ce a cause de notre presence et du refus qu'il nous a oppose alors qu'il s'apprete a faire le show pour plus d'argent ?

En fait le moine explique au groupe d'une voix calme que les chats sont gravement malades : douleur d'estomac, peu d'appetit et fatigues. Il parle d'epidemie dans les villages voisins, de causes etranges et de cas mortels. Nous sommes embetes pour lui. Nous nous en voulons un pour nos mauvaises pensees.

Le groupe s'en va.

Nous prenons la photo du chat survivant et la photo de la photo du chat sauteur au temps de sa gloire. Juste pour le plaisir de vous conter cette histoire.

 

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Dimanche 23 mars 2008

Nayla.jpgStop de deux jours entre Inde et Myanmar.

Modernite et proprete regnent dans l'aeroport. Le guichet taxis est d'une organisation sans faille. Cela n'empeche pas notre chauffeur de se perdre dans les dedales de ruelles. La communication est difficile tant son anglais est proche du thai. Quelques coursiers, affales devant leur boutique, finissent par nous remettre sur le chemin. L'hotel est situe au bord du fleuve Chao Phraya. De la, partent des dizaines de ruelles qui nous menent a un marche. Pause manucure dans un salon de coiffure d'un autre temps. Puis de l'embarcadere Tha Wang Lang, nous sautons dans un bateau bus direction Tha Oriental. Le bateau est bonde. Sur le cote droit, un emplacement est reserve aux moines. Nous descendons le fleuve au rythme des arrets reguliers a des pontons de bois et de fer. Un jeune homme, a l'arriere, guide les manoeuvres a coup de sifflet. Le trafic est intense entre les bateau taxis et les barges regorgeant de marchandise tractees par de bruyantes petites embarcations. Notre stop est en vue. Nous sommes en quete du fameux massage thailandais. Nous deambulons dans les rues lorsque nous sommes abordes par un vieil homme qui nous inspire confiance. La discussion s'engage sur les curiosites du quartier. Nous lui soumettons alors notre recherche. Sans tarder, il hele un rickshaw et lui indique l'adresse d'un centre tout en nous garantissant bienfaits et bonheur. L'etablissement est sans charme mais une armee de masseuses est prete a oeuvrer. Cependant le tarif, incluant certainement les commissions du vieil homme jovial et du chauffeur, nous fait faire demi-tour. Comme le lonely le dit si bien : "dans cette ville survoltee, si quelqu'un vous adresse la parole, c'est qu'il en a apres votre argent".
La mission du jour 2 est d'administrer a Romain sa 3eme et derniere injection contre l'hepatite B. La chose semble aisee : notre hotel se situe a un bloc d'un hopital public borde d'une vingtaine de pharmacies. Le precieux serum est vite achete. Ne reste plus qu'a trouver le medecin. Nous entrons dans l'hopital. Il ressemble a la Gare Montaprnasse un jour de grand depart. Nous poussons porte sur porte et tombons nez a nez avec toutes sortes de curieuses et inquietantes pathologies. Au bout d'une demi heure, nous sommes finalement orientes vers le 4eme etage, bureau 404, centre des vaccinations. Il faut d'abord s'enregistrer au bureau 101, 1er etage! Nous faisons craquer l'infirmiere avec notre air perdu et depasse. Pour nous, elle accelere la procedure : un formulaire et une photo plus tard et nous voici en possession de la carte de membre de l'hopital. Nous remontons au bureau 404, maintenant ferme pour la pause dejeuner. A sa reouverture, une infirmiere bien rodee administre le vaccin en deux temps trois mouvement : meme pas mal! La pluie salue notre sortie. 
Nous sautons dans le bateau direction Tha Chang. L'embarcadere donne sur une place. Des parasols abritent une quinzaine de restaurants de rue. Nous avalons un riz saute et des nouilles sur une petite table en plastique. Nous attaquons ensuite la visite du Wat Phra Kaew, temple du bouddha d'emeraude et du Grand Palais, ancienne residence royale. Nous enchainons la visite du Wat Pho, temple qui possede le plus grand bouddha couche de la Thailande : 46 metres de long et 15 metres de haut! Nous jetons des pieces dans une centaine de pots de cuivre, ceci est cense nous porter bonheur. Nous sautons ensuite dans un rickshaw direction le Mahboonkrong dit MBK (c'est quand meme plus simple). Le MBK c'est un centre commercial avec une 4 etages de boutiques " normales" et un etage de petits stands avec du kitsch et surtout du fake. Il est deja 8 heures. Retour a l'hotel en rickshaw. Le chauffeur est un pilote qui fait gronder son moteur a chaque feu. Nous avons l'impession d'etre dans un jeu video. Il faut dire que son engin n'est en rien comparable aux petrolettes de l'Inde. Ici on a affaire a du dragster! 
Petit diner romantique au bord du fleuve. Nuit courte... notre avion est a 6 heures du mat et l'aeroport a une heure de notre hotel.

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Samedi 22 mars 2008

nayla.jpgNotre voyage en Inde commence de facon tres bobo puisque l'avion qui doit nous emmener d'Abu Dhabi a Delhi est plein : nous voyageons donc en business!

L'arrivée a Delhi est beaucoup plus hard! Nous avons beau etre prévenus, nous prenons la mesure de tout ce que nous avons pu entendre ou lire sur l'Inde : saleté, pauvreté, densité de la population! La ville ne nous séduit pas.
Apres la visite du Red Fort avec son ambiance paisible, de la mosquée ou nous devons payer sous pretexte que nous avons un appareil photo, des bazars bruyants et surpeuplés de la vieille ville, nous décidons de sauter dans un train pour Varanasi.
Nous passons donc notre deuxieme nuit en Inde dans un train...de luxe!

Apres 13 heures de voyage, nous arrivons a Varanasi, cité de Shiva, ville sainte au bord du Gange. Nous sommes fascinés par cet endroit qui, malgré une activité débordante est emprunte d'une incroyable spiritualité. Nous passons notre temps a nous promener sur les Ghats, succession de marches a ablution descendant jusqu'au fleuve; la plupart servent la vie quotidienne des habitants et des vaches : bain et lessive, les autres le Sacre : prieres et crémations. Nous nous sentons bien dans cette ville : nous nous balladons en cyclo pousse  et prenons nos quartiers dans un coffee shop végétarien et associatif : 'bread of life bakery". Dans cette ville ou l'alcool est prohibé, Romain a de la chance : notre coffee shop en sert a condition que la lumiere soit eteinte et que le verre soit entouré de sopalin!
Nous repartons apres 3 jours extremement appaisants et apres une merveilleuse rencontre avec Baboul.

Nous prenons le train de nuit vers Agra ou nous avons decide de nous arreter seulement quelques heures : le temps d'admirer le Taj Mahal. Nous sommes censes arriver a 6h ce qui doit nous permettre de vivre le sunrise sur le Taj. Nos 6 heures de retard (en plus des 12 heures de voyage dans des couchettes pourries) nous obligeront a admirer le palais de marbre blanc sous le soleil de midi! L'endroit n'en demeure pas moins magnifique.

Nous repartons dans la foulée vers Jaipur, cette fois en voiture : 328 kilometres que nous parcourons en 6 heures a cause de l'état pitoyable des routes et la présence d'animaux divers. Nous arrivons dans la ville rose en début de soirée et totalement lessivés.
Jaipur c'est la vieille ville avec ses bazars et son impressionnante succession d'échopes : tissus, fleurs, legumes, bracelets, epices, cerf-volants, pierres precieuses, outils... les couleurs sont incroables, allant du rose fushia des saris des femmes au bleu limpide des yeux du marchand d'épices;
c'est le Palais des Vents et sa facade rose criblée de fenetres octogonales ;
c'est le City Palace : palais dont au dela des cours principales, s'élevent les 7 étages du Chandra Mahal : la résidence du Maharaja.
Jaipur c'est aussi l'impressionant Palais fortifié d'Amber, jadis capitale de l'état de Jaipur. Ils sont forts ces Rajputs!
Jaipur c'est enfin 2,63 millions d'habitants et autant de klaxons a la minute, des rues ou se cottoient éléphants maquillés, chameaux décorés au henné tirant des carrioles, rickshaws, cyclo pousses, mendiants, chevaux blancs richement arnachés précédant les nombreuses processions célébrant des mariages.

Apres la capitale du Rajasthan, nous prenons le direction de Pushkar, haut lieu de pélerinage au bord d'un lac sacré a la lisiere du désert. On trouve a Pushkar l'unique temple dedié a Brahma... la légende raconte que Brahma voulait pratiquer une automortification, plus communément connu sous le nom de TS (tentative de suicide), pres du lac. Son épouse Savitri refusant de l'accompagner, il épousa une autre femme. Savitri, contrariée, fit alors le voeu que Brahma ne soit vénéré nul part ailleurs.
 
Le temple de Savitri se trouve lui aussi a Pushkar, au sommet d'une colline que nous avons atteint apres pres d'une heure d'intense grimpette. 
Pushkar est une étape confortable. La ville est plutot calme et notre hotel ,le "7th heaven", jouit d'une tres agréable terrasse ou nous prenons nos repas, passons du temps sur le net et lisons assis dans de confortables balancelles.

Apres 2 jours dans ce lieu sacré, nous partons vers Jaisalmer, cité dorée tronant au milieu d'un paysage désertique. La traversée du désert du Thar étant longue, nous décidons de faire une halte a Bikaner. De Bikaner, il n'y a vraiment pas grand chose a dire... Seul son fort est impressionnant. Sa visite nous occupera pendant une heure!
Jaisalmer abrite quant a elle une incroyable forteresse qui evoque un chateau de sable géant perche au sommet d'une colline. Nous sommes tres impressionnés par la beauté de cette ville,  ses ruelles étroites et ses nombreux haveli ouvragés.
Nous consacrons notre premiere matinée a Jaisalmer a la visite du superbe palais du Maharaja. L'apres-midi, nous filons pour un "camel ride" dans le desert du Thar : un désert de pierres et de dunes a une centaine de kilometres de la frontiere pakistanaise. Il est d'ailleurs parsemé d'eoliennes qui fournissent l'électricité pour la surveillance de la frontiere indo-pakistanaise. Nous goutons enfin au silence : c'est la premiere fois depuis notre arrivée en Inde et ca fait du bien! Apres un magnifique coucher de soleil, nous regagnons la ville.
Notre deuxieme jour est marqué par une succession de rencontres : un couple d'espagnols vivant a San Francisco, un écossais tenant un incroyable carnet de voyage illustré par de magnifiques aquarelles et surtout un improbable diner avec Julie et Julien, des amis de longue date, venus en Inde pour célebrer le mariage d'une de leurs amies. Nous avions prévus de repartir le lendemain mais nous décidons de rester un jour de plus dans cette jolie ville dans laquelle nous nous sentons si bien.
Pour notre dernier jour, nous retrouvons les Jul's dans leur "artist's hotel". Nous prenons notre petit dej sur un toit terrasse au son d'une lecon de castagnettes. Le prof est indien, l'éleve suisse allemand. C'est ensuite au tour de Julien de partager quelques accords de guitare avec l'indien et son jumbe. Nous visitons, ensuite, deux des sept temples Jains de Jaisalmer. Nous sommes impressionnés par le travail de sculpture effectué sur la pierre : de la dentelle taillée dans de la roche. Nous terminons notre séjour a Jaisalmer autour d'un chouette diner en compagnie des Jul's.
Jaisalmer nous laissera un doux souvenir malgré des nuits entrecoupées de 1000 bruits : une mobilette passe a minuit et 100 chiens aboient, des camions passent a 3 heures et testent leurs klaxons musicaux, un marché aux legumes s'installe au pied de notre hotel a 5 heures et la ville se reveille.

Nous quittons donc notre cité d'or pour nous rendre a Jodhpur. Le ville ne nous séduit pas d'emblée. Nous nous sentons agressés par un tourbillon de voitures et d'hommes, de polution et de saleté. Nous nous installons dans un haveli agé de plus de 500 ans situé dans la vieille ville, notre nuit nous coutera moins de 15 euros : un record pour des bobos! Nous nous réconcilions avec la ville et la nouriture indienne (avec laquelle nous commencons a avoir sérieusement du mal) en allant diner dans un joli restaurant au coeur d'un jardin tranquille eclairé de chandelles.
Apres une bonne nuit de sommeil, seulement perturbée par les aboiements de chiens combattants et les crachats d'un voyageurs visiblement dérangé par la polution , nous partons a l'assaut du fort de Jodhpur. En nous enfoncant dans la vielle ville et en prenant de la hauteur, nous comprenons pourquoi Jodhpur est surnommée la ville bleue. Le fort, appelé Meherangarh, est un véritable prodige architectural. La citadelle est perchée sur une colline haute de 125 metres et ses remparts vertigineux impressionnent. A l'intérieur, un orfevre semble avoir sculpté le palais. De cette citadelle, Rudyard Kipling, a dit qu'elle était l'oeuvre "d'anges et de géants". A la fin de notre visite, nous nous laissons conter notre avenir par Monsieur Sharma "well known astrologer and palmist". Nos lignes de vie, de coeur et d'argent ont révélé leurs secrets.
Apres un déjeuner tardif dans notre restaurant maintenant fétiche, nous visitons le sardar market (bazars de legumes, d'epices, d'etoffes et de bijoux) qui borde la tour de l'horloge.
Le soir, apres diner, alors que nous traversons la ville en rickshaw, nous sommes confrontés a un spectacle particulier : la rue s'est transformée en dortoir. Des hommes et des femmes dorment sur des couches blanches disposées devant les echoppes maintenant fermées. Tout cela parait tellement "organisé". Nous avons l'impression que chacun a mis son pyjama! Cette scene s'inscrit pleinement dans ce chaos organisé qui, pour nous, symbolise si bien l'Inde. C'est la premiere fois, depuis notre arrivée, que nous voyons des hommes et des femmes dormir dans la rue. Pourtant, cela existe dans toutes les villes indiennes. Nous étions-nous, jusque la, interdit de voir cette misere extreme allant bien au-dela de la pauvreté ambiante a laquelle nous sommes maintenant acclimatés?
Le rickshaw poursuit son chemin et s'enfonce a vive allure dans les ruelles de la vielle ville. Le monde est partout, les échoppes sont ici encore ouvertes a cette heure de la nuit et les klaxons ont encore de la voix. Soudain nous sommes contraints a l'arret. Un cortege célébrant un mariage avance a contresens et ajoute un peu plus de désordre a ces rues déja bondées. Une fanfare de musiciens donne le rythme. Les hommes dansent avec frénésie. Les femmes suivent sous leur sari multicolore. Le marié, assis sur un cheval blanc, croule sous les guirlandes de fleurs oranges. Les enfants encadrent ce dernier en portant a bout de bras des candélabres. Cette scene apporte un brin de gaité.

Le lendemain, nous prenons la route direction Ranakpur et son temple Jains. Ce monument de marbre blanc impressionne par ses dimensions : 29 salles soutenues par 1444 colonnes, toutes différentes. Nous retrouvons la meme subtilité architecturale qu'a Jaisalmer.

Nous décidons de poursuivre notre chemin pour passer la nuit a Udaipur. La route passe par la montagne, des plaines seches et arrides et des étendues vertes au pied de quelques cours d'eau. Des femmes lavent leur linge au bord d'une riviere. Le paysage, moins désertique que tous ceux que nous avons traversés jusqu'a maintenant, nous enchante.
Udaipur est surnommée la Venise Orientale. Des batiments blancs et des ghats bordent le lac Pichola au milieu duquel flotte le Palais du Lac, construit par un Maharaja et devenu depuis un hotel luxueux. Le lac est entouré par les Monts Aravalli. Une parfaite carte postale.
Aprés un diner a la chandelle sur un toit surplombant le lac, nous retrouvons les Jul's épuisés par une longue journée de voyage. Nous buvons un verre sur le toit du Wonderview (notre hotel dont "des travaux d'envergure ont fait des miracles). : trop chouette de retrouver nos amis!
En vrac, pendant ces quelques jours a Udaipur, nous avons : fait du pédalo sur le lac crado, visité le City Palace et le Jagdish Temple, pris des photos kitchissimes dans le Saheliyon-Ki-Bary Garden, mangé des apple crumble a l'Edelweiss (café renommé), acheté des autocollants de Ganesh, mis notre linge dans une laundry pourrie en ayant fait promettre que la lessive ne se faisait pas dans le lac crado, brave la montagne en Rickshaw pour admirer le coucher de soleil au pied du Palais de la Mousson, fait de la moto a trois (nous 2+un tailleur) pour aller acheter du tissu et faire copier de jolis pantalons, profité de nos amis, detraqué la configuration du blog, visité une école de dessins miniatures et passé a ses artistes une commande spéciale, acheté du dentifrice aryuvédique (nous attendons de voir si les plantes nous donnent des dents de Schreck), fait de l'Udai Kothi et de son joli toit eclaire par des chandelles notre delicieuse cantine... a la paisible!

Depart vers Bombay, notre derniere etape en Inde. Leila et Greg, des amis des Jul's, nous attendent a Bandra, quartier bobo et bollywood au nord de la ville.
A l'aeroport, tout semble etrangement simple : le responsable du guichet touristique nous indique que des taxis sont gares a la sortie et qu'aller a Bandra coute 200 roupies. En effet, il y a une nuee de taxis de toutes les couleurs... mais lesquels sont officiels? Officiels ou pas, aucun ne bougera pour moins de 500 roupies! Nous sautons finalement dans un rickshaw qui file sur une autoroute bordee de bidonvilles. C'est la premiere fois que nous en voyons. Petite soiree tres epicee entre francais...
Nous passons notre derniere journee indienne a Colaba, quartier chic au sud de Bombay. Le chaos est toujours present. Derriere le plus bel hotel de la ville, des gens crevent de faim. Le temps nous maque pour aller a Malabar Hill, cite pour le moins fascinante : les parsis deposent les corps de leurs morts au sommet des Tours de Silence ou ils sont devores par des vautours.
Nous retrouvons nos expats pour un dernier diner; merci a tous pour votre gentillesse et a toi Jerome pour nous avoir accueillis dans ton 4 etoiles++.
La nuit est courte : depart a 2 heures pour l'aeroport. La ville est a moitie endormie sous une brume (tres) matinale. Les chiens dorment encore au milieu de la route. Des hommes font les poubelles a la recherche de materiaux recyclables. Des filles tapinent. La nuit, la ville est inquietante.
L'aeroport de Bomaby se limite a sa plus simple expression. On y retrouve juste le vendeur ambulant de Chai qui sillonne les allees avec son "trolley tune". Dans la salle d'embarquement, des lits ont remplaces des fauteuils.
L'Inde nous surprendra toujours...

 

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