Chili, bienvenido mi amigo

Chili, bienvenido mi amigo

Cinq heures d’avion de l’île de Pâques sont nécessaires pour rejoindre Santiago du Chili. Nous nous installons sous les toits d’une petite maison au cœur de Provindencia (quartier tranquille de Santiago), la Villa Franca « petit hôtel ». Nous allons dîner chez Liguria, une brasserie dont les murs sont couverts de photos et autres curiosités. On y mange sur des nappes à carreaux, on y boit de la cerveza, on parle fort et on rit au son de la musique latino. Nous sommes conquis par l’atmosphère. Santiago a des faux airs de Buenos Aires.


Le lendemain, nous empruntons le métro direction le musée d’art moderne. Il y a une rétrospective sur Oscar Nieymeyer, l’architecte fondateur de Brasilia. Nous déjeunons au soleil à la terrasse d’un café du Barrio Bellavista, quartier bobo et festif de Santiago. Nous empruntons, ensuite, les rues pavées jusqu’au pied du Cerro san Cristobal puis rejoignons le sommet de la montagne à l’aide d’un funiculaire datant du début du siècle. La silhouette de la Vierge immaculée domine la ville du haut de ses 14 mètres. Nous rentrons à l’hôtel en flânant le long des grandes avenues arborées. Nous retournons dîner dans notre restaurant favori.

grand-voyageur Le lendemain nous laissons nos bagages à l´hôtel et partons légers direction Valparaiso. Nous sautons dans le métro puis dans le bus. L’autoroute traverse les vignes et une pensée pour la Bourgogne nous envahit. Nous arrivons deux heures après à Valparaiso, ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il y règne un charme bohème. Les collines (cerros) qui se dressent face à la mer accueillent des rues pavées qui grimpent et serpentent bordées de maisons de tôles peintes de toutes les couleurs. De vieux ascenceurs se hissent en grinçant vers le haut des collines. Les câbles électriques s’entrechoquent. Des brumes montent de la mer et envahissent peu à peu les rues. Puis le soleil se montre, discret. Nous nous installons dans une pension de famille « La casa latina » dans le très bobo Cerro Concepcion. Monmartre à l’autre bout du monde. Nous allons déjeuner dans un café du Cerro Allegre à l’ambiance littéraire et artistique baigné de la lumière tombante de cette fin de journée. Nous nous perdons ensuite pendant plus de deux heures dans les ruelles étroites, fascinés par ces vieilles maisons et ravis de la douceur de vivre qui règne. Un thé sur une des corniches nous permet de voir les milles lumières de la ville. Le froid nous pousse à rentrer. Nous conversons en mauvais espagnol avec les deux femmes en charge de la pension au coin d’une cheminée. Le dîner sera très romantique. Le lendemain, impatients de prendre en photo tous les recoins de la ville, nous paquetons en vitesse nos quelques affaires et sortons comme un seul homme. Le soleil est de la partie. Un marché de légumes se tient au pied d’une église. Des chats dorment sur le perron des maisons. Nous partons à l’assaut du Cerro Bellavista. D’escaliers en dédales de ruelles nous arrivons à la maison de Pablo Neruda. Elle est perchée. La vue sur la ville est incroyable. Nous avons un vrai coup de cœur. Nous rebroussons chemin, dévorons un sandwich au fromage sur un banc au milieu d’une place et achetons à des vendeurs ambulants un bonnet couleur locale. Il est déjà 15 heures et nous reprenons le bus direction Santiago.

grand-voyageur Le matin suivant, nous nous levons de bonne heure et, à 8h30, nous essayons skis et chaussures dans un centre commercial du centre de Santiago. Nous grimpons en habit de ski dans un minibus. Deux heures de route nous séparent de Portillo, la station favorite des chiliens branchés et base d’entrainement, pendant l’hiver austral, pour les équipes de ski du continent européen. Après l’autoroute, la route grimpe en lacets serrés. Les poids lourds peinent à monter. Nous sommes sur un point de passage avec l’Argentine. Des croix rappellent le lourd tribu payé par les utilisateurs de cette route de montagne. Nous arrivons sous un grand soleil à Portillo, à 2500 mètres d’altitude, au bord du lac de Laguna del Inca dans lequel les montagnes se réfléchissent. La station de Portillo c’est un grand hôtel jaune qui ressemble à une meringue, une dizaine de cabanes chalets, un hangar à ratrak, 4 télésièges Poma, des téléskis et quelques pistes. Nous prenons notre forfait et dévalons les pistes. Nous sommes aux anges. Nous déjeunons au soleil dans un petit restaurant d’altitude. Puis nous reprenons de plus belle nos descentes effrénées. Nous avions été un peu frustrés par le manque de ski en Nouvelle Zélande! A 17 heures nous reprenons la route et à 20 heures nous sommes dans le métro de Santiago. C’est l´heure de pointe. Un américain qui loge dans notre hôtel nous accompagne. Il est habillé sport :  chaussures de surf aux pieds, surf à la main, bonnet et lunette de soleil sur la tête. Détonnant de prendre le métro en affaire de ski au milieu des employés qui rentrent du travail. Personne n’y prête vraiment attention. Le décalage est pourtant évident et drôle.

grand-voyageur Le lendemain, nous prenons notre temps puis prenons l’avion pour le nord du Chili. Il nous faut deux heures pour rejoindre Calama, ville minière. Cette fois-ci nous sommes au milieu du désert. La nuit tombe. La navette pour San Pedro de Atacama se faisant désirer, nous partageons un taxi avec un couple de Brésiliens. C’est parti pour 106 kilomètres de route quasiment vierge de circulation. Le ciel est blindé d’étoiles. San Pedro de Atacama est un village à 2400 mètres d’altitude perdu dans la pré-cordillère des Andes. En 2002, il comptait 1950 âmes. L’afflux de touristes a provoqué une multiplication des hôtels et restaurants. Il compte aujourd´hui 4500 habitants. Des rues en terres courent le long de maisons en adobe. La vieille église blanche San Pedro, de style colonial, se dresse sur une charmante placette. Les nuits sont froides et nous ne sommes pas peu fiers d’avoir trouvé un hôtel sans réel charme mais avec un chauffage au gaz de 19 heures à 23 heures…un must ! Cela ne nous empêche pas de rajouter 3 couvertures pour la fin de la nuit.
Le matin suivant, nous organisons notre périple vers la Bolivie puis partons monter à cheval avec Claudio, le guide de Rancho Cactus, dans l’oasis.

grand-voyageur Le jour suivant, nous sommes à 9 heures sur nos chevaux pour une expédition de 5 heures dans les canyons, les dunes et la vallée de la mort. Tito et Lassana nos montures ne sont pas ravies de quitter le box. Claudio ressemble à Florent Pagny. Il se cache sous un large chapeau mais son sourire trahit sa gentillesse. Il nous explique qu’il est guitariste. Nous nous enfonçons dans des canyons, nos chevaux glissent sur les eaux gelées des guets. Puis nous mettons pied à terre pour emprunter un raidillon pierreux. Nous nous retrouvons sur la corniche. De là nous avons une vue sur toute la chaîne de montagne, le désert et le volcan Licancabur (5916 mètres d’altitude). Nous nous remettons en selle pour parcourir la corniche. Nous remettons pied à terre pour redescendre à pic une majestueuse dune de sable qui plonge vers le canyon. Le soleil tape dans la vallée de la mort et nous rentrons tranquillement.

Le lendemain, nous sommes à 8 heures devant l’agence de voyage direction la frontière chilienne puis bolivienne. Le minibus escalade péniblement la montagne. Des carcasses de camions et des croix rappellent ici encore la dureté du métier de camionneur dans ces pays de montagne. Nous avons eu beau en voir dans tous les pays que nous avons traversés, nous ne parvenons pas à rester insensibles à ces croix qui sont autant de vies brisées. Nous sommes vite à plus de 4000 mètres. Nous sentons la pression de l’altitude sur nos corps. Il va falloir s’habituer car nous allons passer les deux prochains jours entre 3500 et 5000 mètres au cœur des Andes. Le froid est de la partie malgré un grand soleil. Nous arrivons à une maisonnette qui fait office de poste frontière avec la Bolivie.

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Vers la fameuse Ile de Pâques