Etats-Unis : The End

Etats-Unis

Nous attérissons enfin à Las Vegas, paradis du jeu et du mariage express avec Marilyn et Elvis Presley pour témoins. La chaleur est étouffante dans le désert en ce début de soirée. Nous prenons une navette qui déssert tous les hôtels. Nous descendons à The Hotel by Mandalay Bay. La chambre est au 61 ème étage. Ce qui surprend d’emblée ce sont les lumières de la ville.

C’est d’un bling! Nous prenons une douche rapidement. Nous sommes pressés d’arriver à l’hôtel Mirage. Nous avons en effet réservé le spectacle Love du Cirque du Soleil. Nous sommes un peu en avance et en profitons pour flirter avec le vice. Les tables de black jack se perdent au milieu des rangées de machines à sous qui envahissent cette immense salle de jeu. Le spectacle sur fond de musique des Beatles est grandiose. Il est tard quand nous rejoignons l’hôtel. Cela fait plus de 24 heures que nous sommes levés. Il est temps de débrancher nos Duracell.

Le lendemain matin nous partons à la conquête de Vegas. il fait tellement chaud dehors que la méthode consiste à passer d’hôtel en casinos climatisés. Au bout de quelques heures nous ne savons plus quelle heure il est, ni s’il fait jour ou nuit. Les hôtels sont incroyables. Il y a la reproduction de la ville et des canaux de Venise au Venitian, l’Arc de Triomphe et la Tour Eiffel au Paris, l’Empire State Building et la statue de la liberté au New York.
Nous passons nos journées à déambuler dans les hôtels entre tables de jeux, restaurant et boutiques de luxe. Le soir venu nous jouons au casino. Au black jack. Notre casino préféré est celui du Venitian. Les croupiers demandent à chaque fois à miss B sa carte d’identité, persuadés qu’elle a moins de 21 ans. Cela est flatteur mais pénible à force. Pendant qu’elle s’évertue à leur prouver son âge, je constate que ce casino paye à ses serveuses en jupes trop courtes des prothèses mammaires géantes afin de rendre le service plus attractif. Cela est réussi si l’on fait un sondage auprès d’un panel exclusivement masculin. La chance n’est pas avec nous. Nous ne parviendrons pas à financer par le jeu notre tour du monde.

Nous dînons un soir au Mix qui est le restaurant de Ducasse…avec des tarifs plutôt light pour ce type de restaurant et pour les US. Il est situé en haut de la tour de notre hôtel. Vue assurée. Le cadre est blanc, simple, moderne et très élégant. Nous nous partageons un foie gras, poursuivons par deux homards et finissons par un clafoutis au cerise et un soufflé au fruit de la passion. Le tout est divin. Quel plaisir de retrouver la finesse de la gastronomie française et quelle surprise de la retrouver au milieu du désert dans l’ouest américain! Vegas vit jour et nuit et nous en profitons donc pour jouer une dernière fois. Vegas, on adore ou on déteste. Nous adorons !!!

grand-voyageur Après trois jours passés à Vegas, nous volons vers San Francisco (SF). Le changement est radical tant au niveau du climat que de l’ambiance. Celle qui flotte à san Francisco est très européenne, calme et moins déjantée.

Nous arpentons la ville à pied. Les rues montent et descendent le long des 43 collines. Les tramways glissent bruyamment le long des rues escarpées. Chinatown nous projette dans un autre monde. Nous poursuivons par le quartier de North Beach qui est le Little Italy de SF. Le temps est au soleil, l’air est léger. Nous faisons une pause manucure. Puis nous déjeunons une excellente pizza à l’Osteria del Forno. Nous marchons jusqu’à Lombard Street : cette rue n’est qu’une succession de virages serrés bordées de jolies maisons victoriennes colorées. Tout comme les hortensias qui y fleurissent à leurs pieds. Nous descendons vers le Fisherman’s Wharf. De là la vue sur Alcatraz est imprenable. De 1933 à 1963, ce gros rocher a été la prison la plus célèbre des Etats-Unis. Par contre, le Golden Gate est enrubané dans une brume tenace. Nous empruntons ensuite la promenade pour regagner notre hôtel. Au hasard d’une rue nous croisons un homme avec une pancarte jaune fluo sur laquelle est inscrite « Jesus Loves You ». Nous finissons cette folle journée par une virée shopping chez Urban Outfitters et un dîner hamburger dans un véritable diner. Le juke box est de la partie. Le lendemain, nous prenons un petit déjeuner dans une boulangerie française avant de partir visiter le San Francisco Museum of Modern Art (SFMOMA).

L’attraction du moment est une exposition de la peintre mexicaine Frieda Kahlo. Nous apprécions son travail et découvrons une artiste atypique, résolument moderne et choquante : drogues et moeurs variés lui confèrent une réputation sulfureuse. Nous décidons de rejoindre à pieds un petit quartier à la mode: Hayes Valley. Sur le chemin nous croisons des militants de Barack Obama arguant les passants de rejoindre leur combat en cette période d’élection américaine, voire de faire des dons en achetant des t-shirts, des autocollants ou des badges à l’éfigie de leur candidat. Quelques blocs plus loin, la population de SF  change drastiquement. Des homeless, des jeunes perdus ou drogués, des femmes noires font la manche assis sur des cartons, miséreux. Les passants se font plus populaires et pauvres. Leur regard est pesant voire menaçant. Puis quelques rues plus loin, une ambiance de village se dégage à nouveau. Les cafés branchés attirent une clientèle jeune. Nous déjeunons. Il est déjà l’heure de repartir, de passer à l’hôtel chercher nos sacs à dos et de sauter dans le métro direction l’aéroport.

grand-voyageur Le soir même nous sommes à Los Angeles (LA). Nous commençons à sentir que notre retour à Paris est proche. Chaque jour que nous passons aux US en période de grande vacances d’été est bien au dessus de notre budget journalier du tour du monde. Le seul moyen de le respecter est de rentrer plus tôt. Nous décidons donc de nous offrir quelques jours confort. Il est difficile de faire autrement sauf à se retrouver dans un motel pourri à la périphérie de LA. Nous descendons à la Maison 140 en plein coeur de Beverly Hills. Guillaume et Emilie qui passent leur vacances à LA viennent nous chercher en voiture pour aller dîner dans un restaurant italien très glamour tendance. Nous finissons la soirée au bar du Farmer’s Daughter. Le lendemain nous décidons de louer une voiture afin d’aller en banlieue dans un mall géant. L’agence Budget loue surtout des voitures de luxe : Bentley, Mercedes et Porsche. Nous réservons leur modèle de base. Nous prenons bizarrement livraison d’une berline Lexus haut de gamme. Nous apprendrons plus tard que nous avons eu le bonheur d’être surclassés!

Le lendemain nous avons rendez-vous pour déjeuner avec Laure et son mari Geoffroy chez Ivy, le restaurant des stars à LA. Nous décidons d’y aller à pied. Nous traversons le quartier de Beverly Hills avec ses avenues bordées de palmiers, les boutiques de luxes sur Rodeo drive et les énormes villas devant lesquelles sont garées des voitures de prestige. tout est nickel. Un hélicoptère de la police veille des airs à la tranquilité des habitants. Il fait chaud et marcher à LA est une folie tant les distances sont énormes. Nous arrivons chez Ivy. Des paparazzis sont postés devant. Mais pas de star en vue. Nous passons un déjeuner très plaisant autour de plats de pâtes. Nous passsons voir la tendance chez Kitson, le Colette made in LA. Nous raccompagnons Laure et son mari à leur voiture qu’ils ont laissée au voiturier. Une foule de paparazzis se bouscule violemment et quelques heurts éclatent avec des gardes du corps. Kate Olsen, une starlette de soap, monte dans sa voiture qui démarre en trombe. Nous décidons de rejoindre Guillaume et Emilie dans le quartier de la Brea. Nous marchons et arrivons enfin à la boutique où il nous avait donné rendez-vous. Nous les avons manqué. Par contre nous tombons nez à nez avec la stralette Lindsay Lohan, son amie Samantha Ronson et leur chien. Nous sautons dans un cab et rejoignons notre hôtel.

Le lendemain, nous louons une voiture pour aller visiter le MOCA conçu par Arata Isozaki et qui abrite les rois de l’art contemporains depuis les années 40,et surtout Andy Warhol. Nous petit déjeunons chez Clémentine, un petit café bio niché en périphérie de Beverly Hills. Nous nous apercevons à quel point une voiture est nécessaire à LA. Nous mettons plus de 45 minutes sans embouteillage pour rejoindre le MOCA. Malheureusement c’est son jour de fermeture. Nous allons donc jeter un oeil au Walt Disney Concert Hall. Ce batiment en acier ressemble comme deux gouttes d’eau au musée Guggenheim de Bilbao. Et pour cause puisque son architecte est  le même : Frank Gehry. Nous décidons d’aller nous promener à Santa Monica.  La plage est belle en cette fin de journée. Un life guard surveille les derniers surfeurs. Des amoureux paressent sous une couverture. Nous faisons une séance photos pleine d’amour et d’humour. La nuit tombe doucement. Une fête foraine bat son plein à côté de la jetée. Un homme  peine à se lever. Il s’appuie sur le mur des toilettes publics,  comme sa guitare. Il est écrit « Thank you » sur son sac. L’image est poignante et rappelle avec acuité que nos socités sont bien à deux vitesses. Nous flanons encore sur cette promenade et surprenons deux vieux avec des écouteurs sur les oreilles. Ils arrivent quand même à se parler et à se comprendre. Des jeunes passent en vélo ou en jogging. Nous dinons chez Anisette, une brasserie modeuse.

grand-voyageur Le lendemain, nous volons vers Miami, notre dernière étape. Nous descendons dans un hôtel dans le quartier Art-Déco. Nous dînons tardivement au News Café. Ce café n’a rien de spécial à part que Gianni Versace y a pris son café avant d’être assassiné devant sa villa. Le temps est mossade puisque la région est secouée depuis plusieurs jours par le cyclone Fay. Nous nous promenons sur la plage et dans le quartier Art Déco. Nous déjeunons chez Fratelli la bufala, tenue par des pizzaioli emigranti qui importent trois fois par semaine leur mozarella directement d’Italie. Nous reprenons notre promenade puis dînons chez Miss Yip dont le propriétaire est venu s’installer à Miami après être passé par les cuisines du Mercer à NY. Nous avions passé une soirée chramante au Mercer en avril 2007. Il en est de même ce soir malgré une pluie battante. Le mauvais temps nous oblige à renoncer à aller dans les Keys. Le lendemain nous louons une voiture et passons la journée dans l’immense mall de Sawgrass. Le soir nous dînons chez des amis face à la mer. Notre dernier jour commence avec un pain au chocolat chez Paul. Le Miami Herald du 23 août 2008 titre « Fay won’t go away ». Nous aimerions faire comme lui.

Nous transitons via Londres. Il pleut.
Nous arrivons à Paris. Il pleut aussi.
Un des bagages est resté à Miami.
Notre tour du monde est vraiment fini.
Merci de nous avoir suivi.