Le "shoefiti", attention dealers !
Il n'est pas rare, qu'au hasard
d'une rue, en levant la tête, vous aperceviez des chaussures ou plus précisément des baskets reliées par leurs lacets et suspendues à des fils électriques ou à des câbles de
téléphone.
Elles se balancent au gré du
vent et des éléments.
Nous avions déjà eu l'occasion
de faire cette drôle de rencontre dans plusieurs grandes mégalopoles et notamment à Rio de Janeiro ou à Buenos Aires.
A chaque fois nous nous étions
dits que des jeunes ivres de joie après des examens réussis ou ivres d'alcool avaient chahuté l'un des leurs. Ils avaient dû lui enlever ses baskets et les avaient balancés sur le fil. Une sorte
de jeu de potache. Nous n'avions alors guère cherché à en savoir plus.
En passant dans le quartier de
Surry Hills à Sydney, nous avons fait la même constatation.
Il nous est apparu que ces
faits analogues dans plusieurs pays du monde avaient nécessairement une signification ou étaient un code.
Il s'agit en fait de légendes urbaines.
Le phénomène viendrait des Etats-Unis où il est très répandu. Il s'appelle le "shoe
tossing","shoefiti" ou encore "shoe flinging".
Les thèses les plus folles ont circulé. Tous les blogs aux USA en parlent. Le site
www.Shoefiti.com recense cette folie mondiale dont sont victimes nos petites Stan smith d'Adidas et autres Revenge de Reebok !!!
Il y a même un article long comme le bras et documenté sur Wikipédia.
Deux pistes se distinguent
cependant.
Celle concernant des jeunes qui font cela pour s'amuser, fêter des examens, voire pour
s'enthousiasmer vigoureusement de ne plus être puceaux ! Un peu comme si on lançait en l'air sa toge d'étudiant modèle et qu'elle ne redescendait jamais.
L'autre piste semble plus sérieuse et plus grave. Elle concernerait des gangs qui
marqueraient leur territoire voire de dealers qui signaleraient à leurs consommateurs la présence de trafic de drogue. Certains évoquent même la thèse d'une sorte de mémorial à la mémoire d'un caïd
mort à cet endroit.
L'universitaire David W. Bowles est affirmatif, sur son blog www.urnabsemiotic.com, quant au
fait que ces baskets suspendues ne seraient que l'expression de la présence de dealer dans le voisinage et donc de drogue à acheter. Curieuse façon de se signaler. Sauf erreur, les policiers ont
aussi des yeux !
Cette légende urbaine tend à devenir un jeu, the thing to do.
Il devient hype de se mettre à lancer des chaussures en l'air. Un petit malin l'a même fait à
Paris, du côté de la rue Brochant dans le 17è en voie de "boboisation aïgue".
Il s'agit alors d'une nouvelle forme d'expression urbaine. De l'art
?
La tendance est aussi de pourrir un arbre en le couvrant de chaussures de
tennis.
Le "shoe Tree" est né !