Sous le charme du Pérou

Pérou

Puno est une étape pour couper en deux le trajet entre Copacabana en Bolivie et Cuzco au Pérou. A la sortie de la gare terrestre, un vieux chaffeur de taxi nous drague d’un large sourire pour que nous nous attachions ses services. Il est charmant et propose un prix honnête. Nous montons donc dans sa voiture pour rejoindre le centre. La ville est animée et les gens aimables. L’endroit est parfait pour ce que nous avons prévu d’y faire : dîner et dormir.

Le bus pour Cuzco part à 8h30 du matin. Il faut parcourir 398 km, soit environ cinq heures et demi de route. Nous payons la taxe de départ. Nous avons choisi un bus de la compagnie Cruz del Sur qui est censée posséder une flotte luxueuse de bus. Le cérémonial pour monter dans le bus le confirme. Une hotesse vous accueille pour vérifier ticket et passeport. Un cameraman filme, semble t-il pour une publicité locale. Ceci explique peut-être cela ! Toujours est-il que le début du trajet est pénible car il fait chaud côté soleil, que le bus empeste le vomi et que deux jeunes filles refusent l’ouverture du hublot du toit car elles ont un ruhme. L’enfer c’est vraiment les autres ! La route à travers les vallées est belle et nous fait oublier ces petits désagréments. Au fil des kilomètres nous voyons sur le bord de la route des champs et des hommes qui font tourner en rond leurs ânes sur des tas d’épis pour en extraire les graines. Il y a aussi ces femmes qui conduisent des mules croulant sous le poids de leur charge. La première impression est que le pays est encore très traditionnel.

grand-voyageur Nous déchantons vite lorsque nous arrivons à Cuzco. A la gare routière un taxi nous propose la course à 10 soles par personne, puis à 8 pour 2, ce que nous acceptons. Nous avons réservé un hôtel pour la première nuit sur les conseils de voyageurs. Nous sentons l’effet des vacances d’été sur notre organisation de voyage et le fait que le Pérou et, surtout Cuzco, sont une attraction touristique majeure. Cuzco est en effet le point de départ pour le Machu Picchu, soit en train, soit en parcourant en trek le chemin de l’Inca qui se réserve plusieurs mois voire un an en avance!
Nous posons nos affaires à l’hôtel et reprenons un taxi direction la gare Huanchac. Pour 3 soles seulement alors qu’elle située à une centaine de mètres du lieu de notre arrivée. Arnaque aux touristes dirait Julien Courbet ! Bizuttage dirons nous poliment ! Nous devons acheter à la gare des billets auprès de Perurail pour aller au Machu Pichu. Nous avons tenté de le faire quelques jours plus tôt par internet sans succès. Compte tenu de la période et du nombre de groupes de touristes dans les rues de Cuzco nous estimons que les chances de se procurer un billet sont faibles. Surtout que nous souhaitons un départ pour le lendemain voire le jour d’après. La queue à la gare nous confirme que ce n’est pas gagné. Nous interrogeons une francaise qui vient de se procurer des billets sur les disponibilités. Elle nous retorque avec un air rabat-joie : « il faut s’y prendre un minimum à l’avance quand même! »: Nous sommes exaspérés. Au bout de deux heures de queue, un écran appelle le ticket E351. Nous y sommes ! Le vendeur trouve péniblement les dernières places. Nous achetons donc un billet Vistadome (1ère classe) au prix de 142 dollars par personne allez-retour, départ 6h05 du matin et retour à 20h. Les billets Backpackers ne coutent pas tellement moins cher : 96 dollars pour le même trajet. Il faut payer en espèce et en dollars. Nous pestons contre le prix dû au monopole de Perurail mais nous ne sommes pas venus jusqu’ici pour ne pas faire le célèbre Machu Picchu. Nous sommes pourtant à deux clics de créer le site jeboycottelemachupicchu.com !! Le guichetier nous indique où nous procurer le billet d’entrée au site.
Nous prenons un taxi pour rejoindre la Plaza de Armas sur laquelle se dresse la cathédrale et l’église de la campania de Jesus. La place est bordée d’arcades. La ville, jadis coeur du puissant empire Inca, séduit par ses rues pavées et ses splendeurs coloniales et religieuses érigées sur des fondations incas. Des hordes de touristes s’y pressent. Nous interrogeons quelques hôtels et pensions sur leurs disponibilités pour les nuits à venir. Tous affichent complets. En cherchant un restaurant pour dîner nous tombons nez à nez avec Karine et Clément, couple de français que nous avions rencontrés à Airlie Beach en Australie. Nous sommes super heureux de les revoir: ils reviennent de leur trip au Machu Picchu. Nous convenons de dîner ensemble le lendemain. Nous dînons dans un restaurant bio pour 20 euros! Après la Bolivie et le dîner gastronomique à 8 euros, ça fait mal ! La vie est atrocement chère à Cuzco. Nous poursuivons après dîner notre recherche d´hôtel, sans succès. Seuls les hotels miteux proposent encore des chambres…à des prix prohibitifs. Nous sommes assez écoeurrés par cette première journée à Cuzco. Nous avons l’impression que nous ne sommes qu’un porte monnaie sur pattes !

Le lendemain, nous insistons pour la troisième fois auprès de notre hôtel pour savoir s’ils ont une chambre. Nous ne nous leurrons pas car leur réponse a été trois fois négative. Comme par enchantement ils ont finalement de la place pour les deux nuits suivantes. Un peu de douceur dans un monde de brutes. Nous reprenons des forces et decidons donc, sur les conseils de nos amis, d’aller visiter le site de Pisac. L’envie nous habite à nouveau. Il nous faut avant tout aller chercher le ticket d’entrée au Machu Picchu. Nous nous rendons à l’Instituto Nacional de Cultura pour acheter ledit ticket. Nous déboursons 122 soles, soit près de 30 euros par personne! Notre énervement revient sans crier garde. D’autant qu’il faut se procurer un autre billet, le Boleto Touristico ( le bien nommé !) pour se rendre sur le site de Pisac. Nous nous rendons donc dans les locaux de la Municipalité. Le prix nous fait tomber à la renverse : 130 soles (plus de 30 euros) pour plusieurs sites ou 70 soles pour un site. Nous renonçons à y aller. Cuzco est décidément la ville du roi argent ! Nous nous promenons alors gratuitement dans les jolies ruelles de la ville. Des enfants et des femmes descendus des villages voisins proposent aux touristes de poser avec un lama ou un agneau pour quelques soles. Nous poussons la porte de l’église San Blas. Il faut s’acquitter de 15 soles pour la visiter. Maudite ville où tout est payant. Nous sommes écrasés de fatigue et rejoignons notre hôtel pour une courte sieste. Nous rejoignons Karine et Clement pour le dîner. Il est chaleureux et agréable. La cuisine très bio du café Granja Heidi est excellente: nous reprenons un peu d’énergie.
grand-voyageur Le réveil est cruel. Nous sautons dans un taxi à 5h30. C’est notre journée Machu Picchu: le train est d’une jolie couleur bleue. Il prend son élan en effectuant quatre zig-zags pour grimper la montagne et sortir de la vallée. Le trajet est magnifique, surtout après la gare d’Ollaytambo. La voie est accrochée à flanc de montagne sur la rive d’un torrent. Il s’enfonce dans la vallée dominée par des montagnes gigantesques.
Après quatre heures de train, nous arrivons au terminus à Aguas Caliente. La ville n’est qu’une succession de restaurants et d’échoppes d’artisanat. Nous achetons un ticket de bus à 14 dollars AR. Nous sommes supris par l’organisation sans faille. C’est finalement un peu Disneyland. En l’occurence, cela a du bon. Des bus partent toutes les cinq minutes. La route en lacets grimpe et laisse entrevoir au fur et a mesure un panorama incroyable sur les montagnes abruptes.
Après un contrôle, nous pénétrons sur le site. Des centaines de touristes, encadrés par leur guide portant au bout d’un bâton un drapeau jaune fluo, se précipitent vers l’intérieur des ruines. Nous préférons voir le site de plus loin. Nous grimpons donc sur des terrasses et empruntons un premier chemin à pic qui ne nous n’offre qu’une vue partielle. Une petite pause à l’ombre permet de remettre de la crème solaire et de l’anti-moustique, des charmantes petites bêtes zélées faisant des ravages en laissant de gros boutons douloureux! Nous optons ensuite pour le chemin qui mène vers l’Inka Bridge. La vue sur le site est incroyable. Nous en avons le souffle coupé et faisons abstraction de ces points colorés qui se pressent à travers les ruines et qui sont autant de touristes. Nous rejoignons ensuite le chemin de la porte du soleil, Intipunku, qui n’est autre que la fin du chemin de l’Inka. Notre montée durera une heure sous un grand soleil. Ce chemin permet d’avoir une vue sur les lacets de la route et sur l’ensemble du site. Nous sommes conquis et oublions tous les désagréments dus au prix. Il est bon de prendre de l’altitude !!! Nous nous posons mille questions sur cette civilisation et la façon dont le site a été construit. Nous sommes en admiration. Nous ne regrettons pas d’avoir vu ce site d’une telle intensité et beauté. La descente est plus douce. Nous tentons une incursion dans les ruines, vite avortée. Il y a trop de monde et moins d’intérêt. Nous rebroussons chemin.
Notre train du retour est à 15h25. Durant le trajet, et alors que tout le wagon s’assoupit tranquillement, une danse traditionnelle d’un homme masqué avec un agneau en peluche dans les bras vient pourrir l’ambiance. Puis, sur une musique forte, les membres de l’équipage font un défilé de mode avec des habits en Alpaga. Le train arrive à Cuzco a 20h30, avec une heure de retard. Nous dînons et nous endormons sans tarder. Le lendemain, nous prenons la ruelle qui mène à l’église San Blas, puis nous installons à une table du café Granja Heidi pour savourer le meilleur petit déjeuner depuis des mois. Tout est bio et bon …yaourts, crèpes au chocolat, pain, miel. Karine et Clément nous rejoignent. Nous passons encore un excellent moment en leur compagnie.

grand-voyageur Dans l’après-midi nous prenons un vol pour Lima. Nous nous installons à Miraflores, banlieue de Lima, au coeur de San Antonio. Nous passons un agréable dîner chez Tanta, restaurant branché. A la table d’à côté, il y a 4 drôles de filles rencontrées dans un bus entre Copacabana et Puno et dont nous avions déjà entendu parler à San Pedro de Atacama au Chili. Le monde est vraiment petit.
Le lendemain, nous parcourons les rues de Miraflores. Nous nous arrêtons au Centro de la Imagen pour regarder une exposition photos très interessante. Il s’agit de photos de cinémas prises dans les annees 60 et de photos prises à l’heure actuelle aux mêmes endroits. On se rend compte que la majeure partie des cinémas a disparu. Quelques-uns sont devenus des églises, d’autres des sex-shop ! Après un déjeuner chez un italien super bon, nous faisons une pause beauté des mains. Nous filons ensuite vers le centre commercial installé en bord de falaise. Au détour d’un escalier, nous décidons de faire une partie de bowling au Cosmic Bowling. Des planètes fluos sont dessinées sur les murs. Il règne une relative obscurité, les boules sont fosforescentes. Un grand moment de sport. Puis nous retournons dîner chez Tanta.

Un avion nous téléporte le lendemain en six heures à Mexico.

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