L’Inde : united colors

L'Inde : united colors

Notre voyage en Inde commence de façon très bobo puisque l’avion qui doit nous emmener d’Abu Dhabi à Delhi est plein : nous voyageons donc en business! L’arrivée à Delhi est beaucoup plus hard! Nous avons beau êtres prévenus, nous prenons la mesure de tout ce que nous avons pu entendre ou lire sur l’Inde : saleté, pauvreté, densité de la population! La ville ne nous séduit pas.


Après la visite du Red Fort avec son ambiance paisible, de la mosquée où nous devons payer sous prétexte que nous avons un appareil photo, des bazars bruyants et surpeuplés de la vieille ville, nous décidons de sauter dans un train pour Varanasi.
Nous passons donc notre deuxième nuit en Inde dans un train… de luxe!

grand-voyageur Après 13 heures de voyage, nous arrivons à Varani, cité de Shiva, ville sainte au bord du Gange. Nous sommes fascinés par cet endroit qui, malgré une activité débordante est empreint d’une incroyable spiritualité. Nous passons notre temps à nous promener sur les Ghâts, succession de marches à ablution descendant jusqu’au fleuve; la plupart servent la vie quotidienne des habitants et des vaches : bain et lessive, les autres le Sacre : prières et crémations. Nous nous sentons bien dans cette ville : nous nous baladons en cyclo-pousse  et prenons nos quartiers dans un coffee shop végétarien et associatif : le bread of life bakery”. Dans cette ville où l’alcool est prohibé, Romain a de la chance : notre coffee shop en sert à condition que la lumière soit éteinte et que le verre soit entouré de sopalin!
Nous repartons après 3 jours extrêmement apaisants et après une merveilleuse rencontre avec Baboul.

grand-voyageur Nous prenons le train de nuit vers Agra ou nous avons decidé de nous arrêter seulement quelques heures : le temps d’admirer le Taj Mahal. Nous sommes censés arriver à 6h ce qui doit nous permettre de vivre le sunrise sur le Taj. Nos 6 heures de retard (en plus des 12 heures de voyage dans des couchettes pourries) nous obligerons à admirer le palais de marbre blanc sous le soleil de midi! L’endroit n’en demeure pas moins magnifique.

Nous repartons dans la foulée vers Jaipur, cette fois en voiture : 328 kilomètres que nous parcourons en 6 heures à cause de l’état pitoyable des routes et la présence d’animaux divers. Nous arrivons dans la ville rose en début de soirée et totalement lessivés.
Jaipur c’est la vieille ville avec ses bazars et son impressionnante succession d’échoppes : tissus, fleurs, légumes, bracelets, épices, cerfs-volants, pierres précieuses, outils… les couleurs sont incroyables, allant du rose fushia des saris des femmes au bleu limpide des yeux du marchand d’épices;
C’est le Palais des Vents et sa façade rose criblée de fenêtres octogonales ;
c’est le City Palace : palais dont au-delà des cours principales, s’élèvent les 7 étages du Chandra Mahal : la résidence du Maharaja.
Jaipur c’est aussi l’impressionnant Palais fortifié d’Amber, jadis capitale de l’état de Jaipur. Ils sont forts ces Rajputs!
Jaipur c’est enfin 2,63 millions d’habitants et autant de klaxons à la minute, des rues où se côtoient éléphants maquillés, chameaux décorés au henné tirant des carrioles, rickshaws, cyclo pousses, mendiants, chevaux blancs richement harnachés précédant les nombreuses processions célébrant des mariages.

Après la capitale du Rajasthan, nous prenons la direction de Pushkar, haut lieu de pèlerinage au bord d’un lac sacré à la lisière du désert. On trouve à Pushkar l’unique temple dédié à Brahma… la légende raconte que Brahma voulait pratiquer une automortification, plus communément connu sous le nom de TS (tentative de suicide), près du lac. Son épouse Savitri refusant de l’accompagner, il épousa une autre femme. Savitri, contrariée, fit alors le voeu que Brahma ne soit vénéré nul part ailleurs. Le temple de Savitri se trouve lui aussi à Pushkar, au sommet d’une colline que nous avons atteint après près d’une heure d’intense grimpette.

Pushkar est une étape confortable. La ville est plutôt calme et notre hôtel ,le “7th heaven”, jouit d’une très agréable terrasse où nous prenons nos repas, passons du temps sur le net et lisons assis dans de confortables balancelles.

grand-voyageur Après 2 jours dans ce lieu sacré, nous partons vers Jaisalmer, cité dorée trônant au milieu d’un paysage désertique. La traversée du désert du Thar étant longue, nous décidons de faire une halte à Bikaner. De Bikaner, il n’y a vraiment pas grand chose à dire… Seul son fort est impressionnant. Sa visite nous occupera pendant une heure!
Jaisalmer abrite quant à elle une incroyable forteresse qui évoque un château de sable géant perche au sommet d’une colline. Nous sommes très impressionnés par la beauté de cette ville,   ses ruelles étroites et ses nombreux haveli ouvragés.

Nous consacrons notre première matinée à Jaisalmer à la visite du superbe palais du Maharaja. L’après-midi, nous filons pour un “camel ride” dans le désert du Thar : un désert de pierres et de dunes à une centaine de kilomètres de la frontière pakistanaise. Il est d’ailleurs parsemé d’éoliennes qui fournissent l’électricité pour la surveillance de la frontière indo-pakistanaise. Nous goûtons enfin au silence : c’est la première fois depuis notre arrivée en Inde et ça fait du bien! Après un magnifique coucher de soleil, nous regagnons la ville.
Notre deuxième jour est marqué par une succession de rencontres : un couple d’espagnols vivant a San Francisco, un écossais tenant un incroyable carnet de voyage illustré par de magnifiques aquarelles et surtout un improbable dîner avec Julie et Julien, des amis de longue date, venus en Inde pour célébrer le mariage d’une de leurs amies. Nous avions prévu de repartir le lendemain, mais nous décidons de rester un jour de plus dans cette jolie ville dans laquelle nous nous sentons si bien.

Pour notre dernier jour, nous retrouvons les Jul’s dans leur “artist’s hotel”. Nous prenons notre petit déj sur un toit terrasse au son d’une leçon de castagnettes. Le prof est indien, l’élève suisse allemand. C’est ensuite au tour de Julien de partager quelques accords de guitare avec l’indien et son jumbe. Nous visitons, ensuite, deux des sept temples Jains de Jaisalmer. Nous sommes impressionnés par le travail de sculpture effectué sur la pierre : de la dentelle taillée dans de la roche. Nous terminons notre séjour à Jaisalmer autour d’un chouette dîner en compagnie des Jul’s.
Jaisalmer nous laissera un doux souvenir malgré des nuits entrecoupées de 1000 bruits : une mobylette passe à minuit et 100 chiens aboient, des camions passent à 3 heures et testent leurs klaxons musicaux, un marché aux légumes s’installe au pied de notre hôtel à 5 heures et la ville se réveille.

grand-voyageur Nous quittons donc notre cité d’or pour nous rendre à Jodhpur. La ville ne nous séduit pas d’emblée. Nous nous sentons agressés par un tourbillon de voitures et d’hommes, de pollution et de saleté. Nous nous installons dans un haveli âgé de plus de 500 ans situé dans la vieille ville, notre nuit nous coûtera moins de 15 euros : un record pour des bobos! Nous nous réconcilions avec la ville et la nourriture indienne (avec laquelle nous commençons a avoir sérieusement du mal) en allant dîner dans un joli restaurant au coeur d’un jardin tranquille éclairé de chandelles.

Après une bonne nuit de sommeil, seulement perturbée par les aboiements de chiens combattants et les crachats d’un voyageur visiblement dérangé par la pollution , nous partons à l’assaut du fort de Jodhpur. En nous enfonçant dans la vieille ville et en prenant de la hauteur, nous comprenons pourquoi Jodhpur est surnommée la ville bleue. Le fort, appelé Meherangarh, est un véritable prodige architectural. La citadelle est perchée sur une colline haute de 125 mètres et ses remparts vertigineux impressionnent. À l’intérieur, un orfèvre semble avoir sculpté le palais. De cette citadelle, Rudyard Kipling, a dit qu’elle était l’oeuvre “d’anges et de géants”. À la fin de notre visite, nous nous laissons conter notre avenir par Monsieur Sharma “well known astrologer and palmist”. Nos lignes de vie, de coeur et d’argent ont révélé leurs secrets.

Après un déjeuner tardif dans notre restaurant maintenant fétiche, nous visitons le sardar market (bazars de légumes, d’épices, d’étoffes et de bijoux) qui borde la tour de l’horloge.
Le soir, après dîner, alors que nous traversons la ville en rickshaw, nous sommes confrontés à un spectacle particulier : la rue s’est transformée en dortoir. Des hommes et des femmes dorment sur des couches blanches disposées devant les échoppes maintenant fermées. Tout cela parait tellement “organisé”. Nous avons l’impression que chacun a mis son pyjama! Cette scène s’inscrit pleinement dans ce chaos organisé qui, pour nous, symbolise si bien l’Inde. C’est la première fois, depuis notre arrivée, que nous voyons des hommes et des femmes dormir dans la rue. Pourtant, cela existe dans toutes les villes indiennes. Nous étions-nous, jusque là, interdit de voir cette misère extrême allant bien au-delà de la pauvreté ambiante a laquelle nous sommes maintenant acclimatés?

Le rickshaw poursuit son chemin et s’enfonce à vive allure dans les ruelles de la vieille ville. Le monde est partout, les échoppes sont ici encore ouvertes a cette heure de la nuit et les klaxons ont encore de la voix. Soudain nous sommes contraints à l’arrêt. Un cortège célébrant un mariage avance à contresens et ajoute un peu plus de désordre à ces rues déjà bondées. Une fanfare de musiciens donne le rythme. Les hommes dansent avec frénésie. Les femmes suivent sous leur sari multicolore. Le marié, assis sur un cheval blanc, croule sous les guirlandes de fleurs oranges. Les enfants encadrent ce dernier en portant à bout de bras des candélabres. Cette scène apporte un brin de gaîté.

Le lendemain, nous prenons la route direction Ranakpur et son temple Jains. Ce monument de marbre blanc impressionne par ses dimensions : 29 salles soutenues par 1444 colonnes, toutes différentes. Nous retrouvons la même subtilité architecturale qu’à Jaisalmer.

grand-voyageur Nous décidons de poursuivre notre chemin pour passer la nuit à Udaipur. La route passe par la montagne, des plaines sèches et arides et des étendues vertes au pied de quelques cours d’eau. Des femmes lavent leur linge au bord d’une rivière. Le paysage, moins désertique que tous ceux que nous avons traversés jusqu’à maintenant, nous enchante.
Udaipur est surnommée la Venise Orientale. Des bâtiments blancs et des ghâts bordent le lac Pichola au milieu duquel flotte le Palais du Lac, construit par un Maharaja et devenu depuis un hôtel luxueux. Le lac est entouré par les Monts Aravalli. Une parfaite carte postale.
Après un dîner à la chandelle sur un toit surplombant le lac, nous retrouvons les Jul’s épuisés par une longue journée de voyage. Nous buvons un verre sur le toit du Wonderview (notre hôtel dont “des travaux d’envergure ont fait des miracles). : Trop chouette de retrouver nos amis!
En vrac, pendant ces quelques jours à Udaipur, nous avons : fait du pédalo sur le lac crado, visité le City Palace et le Jagdish Temple, pris des photos kitchissimes dans le Saheliyon-Ki-Bary Garden, mangé des apple crumble à l’Edelweiss (café renommé), acheté des autocollants de Ganesh, mis notre linge dans une laundry pourrie en ayant fait promettre que la lessive ne se faisait pas dans le lac crado, bravé la montagne en Rickshaw pour admirer le coucher de soleil au pied du Palais de la Mousson, fait de la moto à trois (nous 2+un tailleur) pour aller acheter du tissu et faire copier de jolis pantalons, profité de nos amis, détraqué la configuration du blog, visité une école de dessins miniatures et passé à ses artistes une commande spéciale, acheté du dentifrice aryuvédique (nous attendons de voir si les plantes nous donnent des dents de Schreck), fait de l’Udai Kothi et de son joli toit éclairé par des chandelles notre délicieuse cantine… à la paisible!

grand-voyageur Départ vers Bombay, notre dernière étape en Inde. Leila et Greg, des amis des Jul’s, nous attendent à Bandra, quartier bobo et bollywood au nord de la ville.

À l’aéroport, tout semble étrangement simple : le responsable du guichet touristique nous indique que des taxis sont gares à la sortie et qu’aller a Bandra coûte 200 roupies. En effet, il y a une nuée de taxis de toutes les couleurs… mais lesquels sont officiels? Officiels ou pas, aucun ne bougera pour moins de 500 roupies! Nous sautons finalement dans un rickshaw qui file sur une autoroute bordée de bidonvilles. C’est la première fois que nous en voyons. Petite soirée très épicée entre français…
Nous passons notre dernière journée indienne à Colaba, quartier chic au sud de Bombay. Le chaos est toujours présent. Derrière le plus bel hôtel de la ville, des gens crèvent de faim. Le temps nous maque pour aller à Malabar Hill, cite pour le moins fascinante : les parsis déposent les corps de leurs morts au sommet des Tours de Silence où ils sont dévorés par des vautours.

Nous retrouvons nos expats pour un dernier dîner; merci à tous pour votre gentillesse et a toi Jérôme pour nous avoirs accueillis dans ton 4 étoiles++.
La nuit est courte : départ a 2 heures pour l’aéroport. La ville est à moitié endormie sous une brume (très) matinale. Les chiens dorment encore au milieu de la route. Des hommes font les poubelles à la recherche de matériaux recyclables. Des filles tapinent. La nuit, la ville est inquiétante.

L’aéroport de Bombay se limite à sa plus simple expression. On y retrouve juste le vendeur ambulant de Chai qui sillonne les allées avec son “trolley tune”. Dans la salle d’embarquement, des lits ont remplacé des fauteuils.
L’Inde nous surprendra toujours…

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